Philippe BRASSEUR

 

Philippe BRASSEUR

Né un certain 17 août entre sable et montagne.
Enfant très turbulent aimant la vie à en mourir, il recherche la compagnie intelligente autour d'une bonne table, d'un bon vin et de la bonne musique, que demander de plus à la terre ?
Rien que d'aimer, rire, rien que d'aimer, comprendre sans rien compliquer..
Il écrit des poèmes depuis l'âge de 16 ans sur les conseils d'une amie, gardant son coeur d'ado révolté, il écrit ses phrases sur la vie, sur l'amour, sur ce qui l'entoure et le blesse. Dans des mots simples, il essaie de montrer un regard tendre sur les moments passés, présents ou futurs.

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 (nouveau)


AI-JE !

Ai-je rêvé ou étais-je réveillé ?
Le froid entrait dans ma peau
La glace s’accrochait aux toits
La neige gelée bien dure, craquée
La nuit était profonde, noire glacée.

Étais-je réveillé ou ai-je rêvé ?
Ton sourire en mon âme, brillait solaire
Un champ de blé mûr s’ouvrait
Entre chacun de mes pas rassurés
Tes cheveux bruns dansaient au vent.

Ai-je rêvé ou étais-je réveillé ?
Une grosse lune blanche percée le ciel
Pas une étoile là-bas ne brillait
Juste l’astre entrant en froid dans la maison
Même le feu ne réchauffait pas mon âme.

Étais-je réveillé ou ai-je rêvé ?
De cette femme au vélo bleu de joie
De son sourire, de cette pomme partagée
Pomme de poésie elle croque, je croque
Tic-tac d’un temps à naître dans sa chaleur.

Stylo en panne d’encre de vie, sans esprit
Centrales nucléaires déversant leurs fiels
Sur nos parents, nos enfants, notre monde
La peur n’est même plus maître de cet univers
Nous ? Esclaves et dépendant de nos créations !

Je l’ai rêvé, je l’aime et je voudrais l’aimer
J’ai rêvé d’un soleil levant, de gens debout
Criardes mouettes hurlant le changement
J’ai rêvé de ton sourire, de ta main dans la mienne
De nos rêves enfin aboutis dans nos vies.

Il faut croire en un autre demain,
Il faut se donner le moyen de le construire
Il faut aller de l’avant et le vivre !
Peut importe les difficultés, la vie avance
Alors, autant être son capitaine et la chevaucher.

Philippe Brasseur
24-03-2015

 

 

LES AIGUILLES

Les aiguilles cherchent l'ombre de midi
La danseuse aux cuisses de cellulite fait peur !
Elle entame un tango mélo avec le sourire
Et sur la scène les danseurs se perdent dans le noir.

Les aiguilles cherchent l'ombre d'après-midi
Auguste entre sur un piano comme lui, blanc !
Mais on lui a volé les touches alors il pleure
Larmes de lune qui arrivaient sur terre se brisent !

Les aiguilles cherchent l'ombre du soir
Dans le parterre de fleurs joue un saxo ivre
Il brille sous les étoiles naissantes
Faisant ainsi danser les enfants des rues.

Les aiguilles cherchent l'ombre du minuit
La danseuse reprend son tour de piste
Ses jambes habillées d'un noir soyeux de lys
Contraste du jour, de la nuit, des envies, des rêves.

Les aiguilles cherchent l'ombre de six heures
La ville s'éveille, le bruit monte aux fenêtres
Métro, boulot, bouffe, boulot, course, fuite en avant,
La page se tourne doucement, l'encre sèche au soleil.

Il n'y a plus d'aiguilles à la vieille horloge de grand-maman,
Le temps est passé ainsi sable fuyant entre les doigts
Montagne de rien, faisant un tout, le mot fin s'inscrit
Sur la piste du cirque, sur le sable, sur la neige, sur la glace.

Philippe Brasseur
02-03-2015





UNE NUIT GRANBY

C'est une nuit
De blues guitare
froide de whisky
La glace elle...
N'est pas dans le verre
L'alcool réchauffe les veines
Mais pas la tête !
C'est une nuit froide
Les gens rentrent
La face au sol
Gelé comme des pierres
Ils marchent vites
Et t'évitent dans la rue
C'est une nuit qui gel
Les lampadaires accrochés
À leur unique lumière
Les voitures fument
Leur pote en échappement
Le whisky brûle l'âme
Mais le coeur reste froid
Insensible à l'autre
Qui écoute ce blues
Ce blues qui gèle
Les lèvres et les voix
Personne ne te parle
Dans ton rétroviseur
Et Granby reste un Zoo
Gelé comme un lac
Sans chaleur humaine
Même le Mc Do à l'air
D'être figé dans le décors
Alors tu roules au blues
Blues de whisky
Wouais ! Pur malt !
La route te semble
Sombre comme les gens
Seul la lumière
Des maisons te rappelle
Qu'ici quelque part
Il y a dans le gel
Une vie bien réglé
Comme une femme
Finalement oui
C'est une nuit
De blues guitare
Le froid pleure
Ses glaçons de toits
La glace elle...
N'est pas dans le verre
L'alcool réchauffe le cul
Et te donne envie
Wouais juste envie
De te tirer de là
Vers lesoleil
Les filles à la peau d'ambre
Que tu retrouves là
Dans ton verre
Tout au fond !
Alors tu recommande
Une autre bouteille
Histoire d'avoir
Seulement deux choses
Les filles brunes
Et le soleil qui te brûle
Le fond de la gorge
Comme un fer rougit
C'est une putain de nuit
De blues puant l'Amérique
Celle qui te sort par les tripes

Wouais ue bien étrange nuit....
Allez la gang, j'essaye de marcher
jusqu'à la porte... Mais !
Le Dorman est gelé
Une vrai balle noire
C'est une nuit
Un point dans la gueule
J'oublie le whisky
La glace elle...
Est sur ma face
Dans l'air obscure d'une urgence
D'hôpital de nuit
Dans le silence d'un dortoir
C'est une nuit qui gel
Où enfin je m'endors
Vers le soleil
Et les filles à la peau d'ambre

PORT LOINTAIN

Port lointain usé des mers,
Balancement d’mains d’hier ;
Ton regard respire la terre,
Tes songes sont déserts.

Port lointain de tes yeux,
Usé de relents cahoteux ;
Tu respires la fleur de feu…
Partant vers tes cheveux.

Le vent du large joue,
A faire rougir tes joues ;
Tu tricotes la maille du temps,
De tes mains ; abstraitement…

Ta peau blanche respire,
La douceur des vampires ;
Ceux qui sucent ton âme,
Perdu dans un hammam.

Des femmes noires voilées,
Tu gardes ce rire léger,
Qui fait sourire les palmiers,
Du cœur d’un oasis oublié.

À l’ombre des dattiers,
Tu caresses le sable cuivré,
Tu te berces dans le puits,
Que tes pieds fuient !

Assise sur le banc blanc,
Tu te couvres de ruban,
Multicolore comme tes mots,
Te suivant nues agneaux.

Port lointain usé des mers,
Jette l’encre de tes galères,
Je t’offre d’autres univers,
Loin de ton blanc hiver !

Le soleil de l’amour,
En toi pour tous tes jours,
Dans le djebel de tes pas,
Brillera comme là-bas !

Au milieu des youyous,
J’veux rendre ton coeur fou,
On ne verra que nous,
Dans la foule sous le houx !

LE POÈTE IVRE

 

 

Wouais ! ! Merci lecteur (trice)

Vous savez je pensais plus jamais écrire...
Plus jamais être capable d'écrire, cela me rongeait comme un acide...
Ca me pourrissait la vie quelque chose de rare...
Puis voilà que chemin faisant ça revient doucement...
Alors je dois vous dire merci à vous qui me lisez, à vous qui m'encouragez
de vos mots...
Je vous offre ce poème, encore merci à vous, continuez votre route et soyez
ma lumière...

 

MONTE LES ESCALIERS

Il faut monter les escaliers
La vie c’est pas du papier mâché
Alors tu dois t'accrocher
Attention à l’amour ça distrait.


La distance, c’est ta chance
Alors monte, monte les escaliers
Laisse l’ombre dans la balance
Aux puissants fais un pied de nez !


Puis monte les escaliers et ris…
Le rire c’est ta puissance
C’est ce que tu offres aux amis
Pis ça éloigne le silence, la souffrance !


Tu sais, tu ne seras pas toujours petit
En haut des marches tu regarderas
Ce qui t’a hanté, ce qui t’a meurtri
Enfin tu comprendras tes pas !


Chut ! Monte, allez MONT E !
N’aie pas peur, tu es toi
Tu n’as pas à avoir honte
Même si l’on te montre du doigt….


Tu sais peu ont osé,
Monter ces putains de marche
Certain en ont mêmes crevé,
Mais toi je sais que tu vas y arriver….


Ne compte pas, ne te retourne pas
Gravis l’escalier de ta vie,
Même si… laisse faire ne t’arrête pas !
Le marbre que tu auras sera fleuri …


Monte, sois grand, sois l’exemple,
Les autres te suivront, mouton…
Peut-être même ils t’offriront un temple
Que tu démoliras dans un tourbillon !


Alors en haut des marches tu riras,
Tout en haut de ces putains de marche…
Respire, tu vis libre, ouvre tes bras,
À tous ceux qui essaient et vers toi marche…


Pour être comme toi libre
De savourer enfin leur temps
De pleurer, de rire ou de vivre
D’être avec la vie amant….

Octobre 2008
 

La nuit me glace de ces ombres, l’automne balaye l’été, 
Ce combat est inégal mais qu’importe !
Au loin Prévert lit dans son jardin juste sous la petite tonnelle,
Là où Mozart enfant déjà composé.
Aux naissances des azalées et des roses baccarat sur le tapis vert du jardin !
Dire qu’ensemble ils composent à nouveau,
De la symphonie dans un prés vert de mots, hasard, posés sur un piano blanc…
L’automne bat l’été, 
L’été tue le printemps,
Toi tu passes enfant aux airs monastiques vêtu de ta chasuble noire…
Tes cheveux sont comme les blés fous, dansant au vent qui…. 
Glacent les ombres de la nuit de ses caresses.
Les roses se fanent au jardin de mon âme, 
Mais mon coeur lui est toujours fleur verte et mauve, tournée, ouverte vers vous
La vie se lasse, mais pas moi !
L’automne me glace de son ombre et vous ma reine, 
Vous me glacez de votre main si froide et pourtant si chaude…
Le contraste est en vous, 
Duel semblable à l’été et l’automne, à l’été au printemps… 
Combat inégal dans lequel l’amour comme une barque est ballottée par le tourment de l’océan de nos vies…
Maintenant ?
J’écoute les étoiles de la nuit me chanter des chansons oubliées… 
Des chansons que seul vous et moi connaissons ! 
Des étés de porcelaine, des automnes de faïences… 
J’ai oublié où était Mayence, mais qu’importe…. 
Demain si nous voulons, nous serrons les rois des mots dits !
Alors doucement la lune tend sa toile, la lune provoque en duel le soleil… 
Comme tous les matins, elle va perdre et briller tard dans notre ciel.
Briller de ses feux pâles et sans âge… 
Montrer à cet automne qu’elle l’aime, 
Qu’elle l’aime comme une lune rousse d’automne…. 
Comme Prévert a aimé Mozart dans son jardin sous la tonnelle de l’envie de vivre….

Octobre rouge2003




Amélie à HongKong

Dessins colorés, roi des enfants,
Le monde pousse avec leurs dents,
Le coeur bat sous les flanelles,
Qui danseront lumière et dentelle !

Les poissons bourgeonnent,
Entre pluie et gris automne,
Et le vieux singe s’écroule
Sur la balançoire qui roucoule !

Les fleurs explosent en son coeur,
La glace du train poursuit l’heure,
Les os craquent dans le destin,
Et Rodrigue s’allonge en pleurs.

Plongeant les papillons de ses mains 
dans la chaleur d’un sac de grain,
L’eau éclabousse, mouille et mousse,
Peignant d’étranges couleurs par secousses.

La coccinelle caresse,
La marguerite et ses tresses,
Plantée entre le mur et toi,
Le vent te ramène sa voix.

Les pierres envahissent la rue.
Le platane est toujours nu,
La voix ricoche en toi,
Et l’abbesse t’aveugle de sa soie.

Le nain suit son cercueil,
Espace où poussent les écueils.
Le nain pousse ta maison,
Sourire qui devient île, avion.

La fille au verre d’eau,
Au centre d’un téléphone rigolo,
Sonne, sonne, ses sanglots,
La voix se perd diable d’angelot !

Le photomaton blanc déconne,
Photos cachées, drôle de trogne,
Le rideau du souvenir s’est déchiré,
Et les billes à terre ont roulé, roulé.

L’eau aveugle passe sous le pont,
Et pierrot suce son melon,
Les escaliers s’envolent dans l’or,
Soupir, baiser dans l’aurore…


Le rouge épouse le dragon,
La Seine offre ses dons,
Le pont sans lui est cheval fou,
Médaillon ornant son cou.

Bénédictine à l’angélus perdue,
Son voile vole et s’étire dans la rue,
Le bruit monte aux voilures des êtres,
Les yeux se noient dans les fenêtres !


Renaissance dans l’ignorance,
L’absence est souffrance ?
C’est l’amour qui fait silence,
Aimer ! Enfin quelle délivrance !



Hong-Kong

Chine séculaire et pécuniaire,
Tu entres en mon sang pollué,
Tu t’élèves au béton embrumé,
Tortue blanche aux cieux d’hier.

Serpents d’or et de bronze,
Sillonnant la galaxie des feux rouges,
Tu hurles t’étires et bouges,
Grands chiens au nombre de onze !

Comète grise et rouge, taxis,
Aux marchés parfumés de fleurs,
Entre mangue et oiseaux tu vis !

Sœurs vertes et jumelles,
Grattant l’azur grondeur,
Doigts étoilés qui s’emmêlent !




La nuit 

La nuit, une porte,
Le silence tourne la clef.
Clef ouvrant le rêve,
Sur une main fleurie.
Fleur de mots odorante,
Le lys libertaire et insoumis !



Louie

Ile perdue entre jade et émeraude,
Ces grands yeux noirs ont quitté le bateau,
La conduisant entre forêt et oiseaux,
Au large des terres où la mer rode !

Dans sa main un <au revoir>,
Silence qui chu sur le sol,
Montant entre soleil et tournesol,
Sur ses lèvres un souffle, espoir !

Ile perdue entre souvenir,
Désir et enfantin sourire,
Ile où aimer rime avec courir !

Destin d’un port de pêcheur,
Montre passant sans heures,
Aiguille d’un poisson sans valeur !



Entre

Entre avion et train ma valise s’est perdue,
Passion, lilas du matin mon coeur est nu,
Mes pleures fleurissent en mon jardin, 
Tristesse que je laboure de mes mains.

Le taxi rouge et gris m’emporte,
Loin de tes yeux, de ta porte,
Les grilles ont forgé le silence,
La terre a tourné vers la France !

Dans les vents du souvenir,
Le flot noir est sur ma valise
Voguant vers HongKong l’autre Venise !

Mon âme garde un sourire,
Aucun nom de restaurant,
Juste des amis sincères et francs !



Être en… Paix !

Être ou ne pas être la guerre était,
Assassinant la poésie de son épée !
Voile, pavot du rêve rouge et vert,
Mon coeur saigne, pleure vinaigre amer !

Comment dire le bambou là planté,
Comment vous peindre l’arbre et sa forêt,
Comment aimer, aimer le printemps,
De vos yeux nuit et jour passant !

Dans ma vie tu es entrée,
La porte tu ne l’as pas refermée,
Le lotus s’est épanoui !

Dans ma vie tu es passée souriante,
Mes larmes sont perles chantantes.
Le lys a épousé la nuit !



Le cerf-volant de Macao

À la Vierge noire de satin,
S’auréolant de lys, cheveux câlins.
Son teint fard de lune et sourire,
Obscur et argent brille de souvenir !

Ailes noires de Macao,
Cerf-volant montant si haut !

Les cygnes de ses cils effleurent,
L’étang noir de ses yeux rieurs !
Signe affolant l’onde de ma peau,
Sourire ? J’admire ne trouvant mes mots…

Ailes noires de Macao,
Mon cerveau lent monte haut !

Muse des grands monastères Himalayens,
Volute montant parfumant la toile de lin,
Amandes sombres pinçant mon coeur,
Au soleil des vierges noires sans pudeur.

Image de mon cerveau lent,
Fleur inoubliable d’encens !



Variation sur une chaise de Renoir

La chaise verte

Vert, vertige de la chaise,
Chaise Dieu, Dieu de lumière,
Bougie de la connaissance et de l’aise,
J’ai corné les pages du livre d’hier !


La chaise oubliée

Chaise oubliée, lumière marionnette,
Le bois est larme de cire dans l’iris verte,
Les livres du passé sont refermés,
À jamais tu les as scellés d’un baiser !


Chaise de coin

Dans le coin vert la lumière,
Elle saupoudre sa poussière, 
Voile de vélin ouvrant votre sourire d’enfant,
Renaissance de fantastique Bateau insouciant !


Chaise de vers

Chaise paillée de vert,
Vers luminescent, verre !
Vers des écrits de cire, drame !
Mon regard fond en larme,
Quand je lis les vers,
Vertueux de Prévert !



Chaise brûlante

Une bougie, une chaise, deux livres.
Deux livres c’est le poids de ma pensé ivre !
Pensée flamme dans le jade de l’oubli,
Quand sur la chaise ton regard s’est assis !


La rue !

Le temps défigure la terre ;
Les mots pleurent, les étoiles lèchent le béton ;
La belle fée lumière cache la crasse ;
Les murs murmurent et s’effritent ;
Les jonques ont laissé place aux cargos
Qui défigurent la mer Chine verte de jade !



Bush rit !

Or noir, désespoir sans foi,
Dieu perdu entre ciel et émoi,
Dictateur Bush rit, rit !
Néron fier de son incendie,
Noyant dans sa folle rivière
Saddam d’hier !

Bush rit
Saddam pleure,
L’Amérique crie !
Des enfants meurent.

Néron de père en fils, la connerie,
Bush rit, rit !
Barbare fou et sans remord
Tuant femmes et enfants encore !
Détruisant, rasant,
Bush rit pédant !

Saddam perdu,
Bush toi de là
L’Irak est nu,
Les bottes sont là !

Bush et Saddam unis,
Empoisonnant la vie,
Couple guignolesque et pervers,
Détruisant notre terre,
Coinçant la belle ONU,
Dans une pièce sans issues !



MEI-CHUN

Baguettes de jade noires,
Ornant de leur soie ton visage,
Où tes yeux sont paysage,
Cachant le béton rasoir !

Sourire, voile de pudeur,
Embrasant les heures.

Ta voix d’enfant chante,
Images de Londres et Paris,
Rivière de la timidité tu ris,
Cachant ta voix miaûlante.

Sourire masquant le printemps,
Perle céleste hors du temps !

Céleste perle tes mains
Qui savent faire et défaire,
La vie et ses roses mystères
Où tu voles opale au matin !

Philippe BRASSEUR à Mei-Chun




Élaine

Dans la nuit, blés de ses cheveux,
La lune s’est perdue en ses yeux,
Les parfums dansant se sont oubliés,
Caressant sa peau d’or rose teintée.

Amande couloir au miroir noir,
Jasmin et chat jouant au boudoir,
Ses cils sont l’azur des rêves d’opale,
Qu’elle caresse de ses mains de cristal !

Émeraudes des mers de Chine s’égouttant,
Le long de ces doigts tissant le temps,
Le temps de ses sourires d’ivoire éclatants,
Offrant son rire à mille firmaments !




ASTRE ET MIRAGE

Aux astres de votre visage,
L’un, souriant et brillant,
L’autre caché mais éclatant !

Aux étoiles de votre mirage,
La vie avec vous s’est trompée,
Elle vous a marquée et blessée !

Aux étoiles de lys sages,
Votre visage resplendit pâle,
Il reste en moi or et opale !

L’amitié est un nuage sans âge,
Phénix d’or volant en vos yeux,
Caressant de ces plumes vos cieux !



NATACHA

Ses cheveux blonds se mêlent au cordage,
Le vent arrive prince sans cheval ni âge.
La barque vire et chavire sous l’orage !
Ses cheveux blonds se fondent en mirage.

Landes aux embruns que l’on mange,
L’eau se reflète dans ses yeux d’ange,
Et la mer en elle, avec elle se mélange,
Au sel piquant de ce blanc qui dérange !

Ses cheveux blonds caresse les nuage,
Son rire grisant s’unis avec le paysage,
Puis le silence des ports sans passage,
Puis le silence d’un téléphone trop sage !



FIN

Puis, la fin d’un temps
La fin d’un printemps,
Le poète est passé
Les mots se sont dispersé !

Les étoiles sont nées
Dans un éclairage souillé.
Les peaux des tambours
Bercent le mot amour.

Au son des flûtes de bois,
Au son des fifres en sois,
Renaissent des mots magiques,
Ses mots étranges, mystiques.

Ils restent lanterne la nuit
Pour ne pas qu’on l’oublie,
Lui le poète d’un autre temps
Le poète d’un printemps !


* * *

Et L'amour à sonnet

Voilà tout ce que je sais faire;
Des mots plantés, triste calligraphie.
Image de ton sourire qui fourmille,
Puis un ciel étoilé, teinté d'ordinaire.

Comme le chevreau tissant l'or,
Peint l'automne de tes cheveux.
Teintés du chêne de mes aïeux,
Reflet rouge de l'amour encore !

Voilà tout ce que je sais dire,
Sur le satin neigeux de ta peau,
Caressante plume d'oiseau !

Eaux vives de ta voix,
Voilà ce que je sais te dire,
Quand je t'aime à mourir !



L'enfant et le cheval

Alezan courant aux vents,
Fauteuil roulant de l'enfant,
Elle est là regardant l'étalon ;
Prairie, moiteur et passion.

Roussins errants sur les nuages,
Enfant paralysée, pantin sage,
Elle siffle dans le loin le cheval,
Regard interrogateur de l'animal !

L'étalon se cabre vers le ciel,
L'enfant se dresse vers le soleil,
Subtilité des yeux croisés ;
L'enfant à terre est tombé.

L'animal court, crinière battante,
L'enfant pleure, soupire, haletante ;
Aidée de sauvage elle se redresse,
Le cheval l'a prise pour maîtresse.

De son museau la pousse sur son dos,
L'enfant rit, les yeux aux oiseaux.
Magie de l'amour,
Rendu tour à tour.



BRETAGNE

Froid violent de petit matin austère ;
Bretagne profonde grise amère.
Ta terre se fige gelée blanche ;
Église sonnante étrange ce dimanche.
Ici toute vie est ombre,
Glissant dans l'étrange pénombre.
Maisons blanches de marin, gelées ;
Sur la lande étendue triste givrée.
Brest rade des petits matins amers ;
Douarnenez désolé port de pêche en mer.
Tu frappes claques vague écumante ;
Rivage déchiré par ta colère moussante.
La mer folle furie martèle la grève,
Pour arracher sans relâche ni trêve,
La terre à cette lueur rouge de fanal,
Seule déchirure dans la nuit hivernale. 




Entendez moi !

Nectar qui découle de vos mots,
Liquide puissant nous unissant à l'eau,
Mots tendres qui nous passionnent,
Mots subtils qui nous émotionnent.

Qu'adviendra-t-il de nous ?
Lorsque le soleil aura rendez-vous !
Où serons-nous dans ce moment ?
Pourrons-nous un instant figer le temps ?

Avec vous ? Quand la lune voilée,
Enveloppera de son rayon doré,
La terre qu'elle viendra balayer,
Pour marquer enfin notre destinée.

Je ne puis le croire, et pourtant,
J'entend les pas des guerriers du néant.
L'heure est grave, le souffle me manque,
Ils sont là tapis, tout près ! Ils se planquent ?

Et mes heures sont comptées ?
Chaque mot que je dis, vous m'entendez ?
Mais vous êtes sourd comme ces galets,
Qui restent figés sur les plages de juillet !

Que les astres se déchirent,
Maintenant dans le non avenir !
Mais que notre lien subsiste,
Qu'il ne soit pas poudre de fumiste.

Qu'à jamais vous me soyez acquis,
Pour un jour ou une vie !
Et que tout me soit permis!
Car enfin tu es là, tu me souris.



Envies

J'ai envie de peindre tes lèvres fines,
De couleurs, d'images brèves mutines
Peindre autre chose qu'un sourire,
Une violette qui ne pourrait mourir.

Dans le volcan de tes lèvres câlines,
Je tremperais un pinceau de cocaïne,
Qui fera de notre bouche un fruit divin !
Que l'on dévorera au lointain matin !

Dans la couleur vermeille de mon coeur,
Mille feux fous, danseurs ivres charmeurs,
Doucement souffleront ce feu en toi,
Tu sentiras la chaleur de mon amour pour toi.

Dans tes yeux, j'allumerai des féeries d'éclairs,
Transformant ta bouche en tendre cratère,
D'où s'échappera la lave brûlante de l'amour !
Feu qui rendra notre souffle sauvage et court.

Feu pénétrant doucement, silencieusement.
Source brûlante et tremblante des amants.
Après avoir mangé le magma de nos passions,
Nos corps se berceront du vent des moissons.

Après avoir échangé nos mots les plus fous,
Nos cris les plus tendres, les plus doux.
Te mettant assise, ma princesse d'amour,
Sur la banquette, tu regarderas le lever du jour.

Me poser là, en rond à tes pieds, les sentir gelés,
Caresser tes genoux, tes chevilles, te regarder,
Prendre chaque image de toi et la mettre en moi...
Je serais vraiment bien dans le feu de notre émoi.




Tes mains

Langueur océane, elles cachent mille trésors.
Ongles peints de rouge connaissant la douceur.
L'art de la féminité brûlante de chaleur.
Fil de soie passant sur nous aux aurores.

Doigts aux saveurs caressantes, consolatrices.
Réprimandant, guidant, ils savent donner.
Donner ces valeurs dormantes bien cachées.
Douceurs fines, sachant être constructrices.

Tu les tends amoureusement dans un au revoir.
Tu les offres en écharpe d'Iris, douce tendresse.
Caresses sensuelles conduisant à l'ivresse.
Mains tendues chargées des étoiles de l'espoir.

Elles s'ouvrent, verdoyante roseraie fuchsia.
Pétales teintées des battements de ton coeur.
Métamorphose de papillon au visage rieur.
S'endormir au creux de tes mains, câlin sofa.




Les hivers de Raymond

Hiver tout blanc ...
Silence lancinant.
Fleur de neige,
Joie caresse brève,
Ici le ciel est bleu,
Toi coeur malheureux !

Premières mottes de neige,
Voici la mélodie sans arpège,
D'un silencieux concert,
Musique lancinante de l'hiver.

Se déposent lentement,
Sur le vitrail transparent,
Des petits anges qui se balancent,
Flocon dans une étrange mouvance.

Centre d'un grand manège,
Tout tourne dans la neige,
Il te faut t'envoler, partir,
Écouter le blanc silence mourir !

Une chandelle au coeur,
Dans ta tendre demeure,
Repose en l'été dormeur,
Tu as enfin trouvé l'heure.

Raymond, loup à roulettes,
L'hiver n'a laissé que quelques miettes,
La vie belle et blonde garce t'a trahi,
Toi l'homme aux jambes meurtries.




LARMES

Gouttes de nectar du coeur,
Je savoure mes pleurs.
Ils sont à moi !
Seulement à moi... ?

Je regarde ces étoiles de mon visage,
Mourant sur ma bouche et son rivage
Mes mots sont leur plage,
À ces enfants sans âge.

Elles coulent chaudes et douces,
caresses sensuelles qui m'émoussent,
Les larmes de mon coeur,
Sont ma paix et mon bonheur.

Chut ! Laisses-les aller,
Laisses-les danser,
Sur le satin de mes joues,
Moi qui ai cru en toi le fou !

Moi qui ai cru aux mots dits,
Au soleil de ta parodie,
Restent mes larmes de pissenlit,
Ivoire des secrets abolis.

Elles font mal !
Larmes boréales,
À vous terrer blessé, 
À vous enfermer !

Dans leur doux cristal,
Perles tendres d'opale,
Je trouve votre chaleur,
Bonheur de mon coeur... 




Passe hiver

Dans ces rues froides et satinées, blancheur de lys,
Sourire passant comme une voile que l'on hisse,
Vois ces bambins armés de moufles et bonnets,
Sortir de l'école criards et heureux enfin il a neigé.

Yeux souriant aux plaisirs de la glisse,
Oh ! Neige joie des enfants plein de malices,
De-ci de-là volent folles boules blanches,
Enfant surpris par cette drôle d'avalanche,

Passe des pleurs aux rires du printemps,
Déjà dans le ciel un beau cerf-volant,
La neige est devenue gadoue et eau.

Passe des rires aux sourires et l'été,
Voici enfin la Saint-Jean on va s'aimer,
Toi ! rêve velouté aux yeux fleurs d'eau. 



Macrocosme

La nuit nous enveloppe de son linceul,
Doucement ton visage s'épanouit de glaïeuls,
Soufflant l'amour sous l'astre de velours,
Oh ! Étrange labour de ton chant qui court.

Tes mains se perdent sur des épis salés,
Tes lèvres s'ouvrent sur l'o, Oh ! Fureur étoilée.
Perle d'émeraude aux songeurs colibris fugitifs,
Tu t'envoles aux portes du macrocosme passif.

Le ciel et la terre se sont aimés pour la forêt,
Le soleil et la pluie se sont aimés pour le blé,
La mer et le sable se sont aimés pour le corail.

Par le feu de l'acier, du mercure et du titane,
Enrichissons nos âmes de cette panne,
Donnant à notre amour l'aspect de l'émail.

Philippe BRASSEUR

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