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Par une nuit sans lune, Sedna est venue accrocher des étoiles dans
mon ciel. Depuis, elle éclaire ce site par ses mots toujours
aussi lumineux et puissants. Merci, à toi, Sedna, pour tant de générosité ! Jisca
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JE SUIS
Je suis la pluie qui recouvre la lande esseulée
Je suis le vent qui dénude les arbres fragiles
Je suis le désordre qui habite tes pensées
Je suis le trouble qui court, tel un reptile
Sur ton âme égarée dans la douce folie
Je suis le mystère qui pénètre ta chair
Je suis le désir accroché à aujourd'hui
Je suis le silence qui parle à la terre
Je suis les pleurs qui agonisent à l'infini
Je suis l'île qui accueille les faux départs
Je suis l'asphalte de l'amour désemparé
Je suis la clairière d'un triste pouvoir
Je suis l'arme qui annihile le passé
Je suis l'écran qui cache les mots
Je suis la lumière qui cogne
Au coeur de l'émoi tendre et chaud
Je suis le désespoir qui rogne
Les attentes dénudées du coeur
Je suis la tentation déchirante
Je suis la fièvre qui allume la passion
Je suis l'absence impertinente
Je suis le crépuscule de la raison
Je suis la démesure dans le charnel
Je suis l'exil de l'esprit
Je suis la flétrissure dans l'irréel
Je suis le déchirement de la vie
Je suis le feu qui consume
Le brasier de ton regard
Je suis cette pauvre plume
Qui écrit pour toi, trop tard
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(nouveau)
MON ÎLE SECRÈTE
Un jour porté par un coin de temps s’écoule
Sur le souffle rauque de l’hiver monolithe
Dans la crevasse de la nuit, il n’y a pas foule
Pour accompagner la danse des satellites
Le vent froisse les nuages chargés de pluie
J’avance le pas jusqu’aux saisons boréales
Peut-être y trouver enfin un sauf-conduit
Qui m’ouvrira la porte de la source lustrale
Dans l’embrasure de ton cœur, je me cache
Là même où tu ne sais parfois me chercher
De ton corps caresse dont je m’amourache
S’envole la brume de mes tendres pensées
Face aux mots qui meurent sur ta bouche
Gronde le tumulte rougi par la fournaise
Espoir du yin et du yang qui se touchent
Je suis orient et occident dans les braises
J’éclabousse de mon feu ta peau complice
La blancheur du silence devient tempête
Allongée dans ta vallée, je suis au supplice
L’écho de nos gestes s’impose épithète
Quelque part, dans l’océan de nos amours
Une vague entraîne le limon de nos envies
Vers la rive de l’obsession que je savoure
Tu es l’île secrète où je marche sans bruit
Le temps peut se reposer sur la banquise
Je cours fermer les rideaux de ma tanière
Sur le lit de ton cœur, je défais ma valise
Au loin, il fait froid, ici, tu es ma lumière
( 14 février 2008 )
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DANS L'ENCRIER
Dans l’encrier de la nuit, ma plume nécrophage
Daigne s’abandonner sur le rivage des sanglots
Quand frissonnent les étoiles derrière le nuage
Je me noie dans la vague d’un océan sans eau
Dans l’encrier du vent, j’ai volé cette chanson
Pour l’offrir au marchand de sommeil étonné
Paroles de cristal sur la chaleur de l’édredon
Qui réchauffent la neige du rêve consommé
Dans l’encrier de la vie, je puise les souvenirs
Cartes postales sentant des passés endormis
Lambeaux chiffonnés de ce qu’il faut retenir
Amours de poussière disparus avec la pluie
Dans l’encrier de rosée, j’ai déposé le silence
Sur la forêt aux reflets de cendres obscures
Et la chemise du soleil change d’apparence
Quand point la giboulée et ses éclaboussures
Dans l’encrier de ta bouche, j’écris une page
Dont les mots se déroulent comme un ruban
Leur parfum ouvre tendrement mon corsage
Le monde s’assoupit, suspendu à ce moment
Dans l’encrier du cœur, je me suis désaltérée
Pour boire à la source de l’amour inépuisable
Le regard tourné vers les étoiles enneigées
Peut-être que demain n’est pas inéluctable
( 20 janvier 2008 )
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SALOPERIE D'ABSENCE
Une ceinture de brume
s’effiloche dans le lointain
Comme un sursaut de lumière dans l’espace froid
Et la nuit rampe sur le jour assis sur un strapontin
Pour arrêter les battements de son cœur si délicat
Mon regard d’ailleurs glisse sur le talus de l’ennui
Seule une étoile sourit, accrochée au mât du soir
L’odeur nue de l’angoisse lèche les murs de pluie
Monotone et oppressante sensation de mouroir
Cette saloperie d’absence gagne encore du terrain
Une ombre passagère serpente le long des vallées
Le vent frivole encense mes pensées de ce parfum
Mais dans le bleu du désert, je m’endors fatiguée
N’aurai-je donc que ce vide où figer ma mémoire
Sans toi, je suis une herbe sauvage dans l’herbier
J’y creuse ma tombe en espérant qu’est provisoire
L’absence qui m’empêche simplement de respirer
J’aimerai tant perler dans la salive de chaque mot
Que tu prononces comme une rivière d’amour
Naviguer dans l’eau de tes yeux comme le bateau
Qui prend la mer sans penser encore au retour
Vivre dans ton corps pour ne pas être abandonnée
Etre ton sang pour irriguer la terre de mon devenir
Me désaltérer à la source brûlante de tes pensées
Et dans le satin irisé de la robe de ton cœur, infinir
(
17 novembre 2007 )
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Rien ne sera jamais aussi grand...
C’est peut-être une larme qui transporte dans
les frimas
La sève lunaire de cette nuit mauve où je voudrai dormir
Nulle vie au fond du silence de pierres qui règne ici-bas
A l’orée du désert, marche le fantôme de mon devenir
Des larmes de givre lèchent le sang des dernières lueurs
Qui vacillent dans les ronciers fumants de mes rêveries
Je n’ai pas apprivoisé l’ombre qui m’a clouée le cœur
A la croisée de mes songes, je demeure sans aucune vie
La pendule égrène sa lassitude arrogante sur le temps
Piétine mon âme pleine de toi, fatigue ma mémoire
Suis-je encore disponible pour vivre un autre présent
Que ne viendras-tu sonner à la porte de mon regard
Je m’en retourne à la solitude qui fige le mouvement
Engourdit les pétales de l’existence dans une prison
Cachée derrière le papier déjà abîmé de mon paravent
Je sculpte ma lassitude dans la glaise de cette passion
Rien ne sera jamais aussi grand que cet amour installé
Dans mon esprit où règnent tant de senteurs sauvages
J’écoute le son de ta voix dans mes murmures inachevés
Tout en cherchant entre ciel et terre un autre message
Ton souffle marche à côté de mes pas, je l’entends fuir
Dans les landes du silence où mon cri fait une brèche
Telle une étoile errant sur le drap du ciel sans bruire
Je mutile mon imagination avec l’absence et sa flèche
Est-ce l’hiver qui attend son tour, caché dans la coulisse
Du théâtre de l’existence, ne peut-il aller voir plus loin
J’aimerai m’allonger sur le sable de nos chers délices
Pour rappeler à mon cœur les incendies de ton parfum
Sous leur globe, cousus à la mélancolie, meurent les mots
Et le temps m’échappe, fine buée où je tourne en rond
Reste la fièvre ourlant ma bouche de son tendre écho
Celle qui habille les je t’aime dont je rêve avec prétention
( 21
Octobre 2007 )
--------- (nouveau)
VOLUPTÉ Dans le soir
qui étouffe le jour, je tourne mon regard
Vers les méandres de la voie lactée, espace de sérénité
Où les astres se racontent sûrement bien des histoires
Pendant que la lune sur son croissant est recroquevillée
Tandis que l’ombre recouvre doucement les forêts
Et que les voix de la nuit montent du sol en volutes
Le temps marche encore comme un fantôme oublié
Sur une pendule embrumée d’un silence qui lutte.
Enseveli sous les ténèbres, le jour d’avant est parti
Sous la caresse du vent qui l’accompagne gentiment
Sans lutter vraiment avant de sombrer vers l’oubli
Il m’échappe comme un fleuve se jetant dans l’océan
A la faible lueur d’un rêve, j’échoue sur le velours
De ta bouche, fleur au doux parfum où un baiser
Vit en permanence, feu passionnel allumant le jour
Dans le silex du désert où ma nuit s’était couchée.
Alors, les orages déferlent sur nos corps incandescents
L’amour dessine des forêts sur mes envies primitives
C’est un mirage qui sûrement te fait vibrer, mon amant
Un plaisir déployé dans une liane de brume furtive
Et tout recommence pour que s’embrasent nos sens
Allongée dans la fournaise de volupté, je m’empare
De l’horizon pour ajouter un souvenir très intense
Un frémissement derrière la fenêtre de mon grimoire ( 17
Octobre 2007 )
--------- PAYS D'AILLEURS
Sur le filament bleu qui sépare la mer du ciel
Je m'allonge contre ton corps affamé de désir
Des brindilles de nuit se reposent et chancellent
L'horizon flambe soumis à la vague de plaisir.
Un solstice écarlate vient habiter le silence
Au creux des vapeurs inachevées de l'amour
J'entends les soupirs d'une rivière de jouissance
Ta bouche est le nid où se glisse un autre jour.
Je roule avec toi dans les forêts parfois secrètes
Ma peau respire dans la tienne, chaude et suave
Funambules sur le foulard du temps en goguette
Nos coeurs de frôlent dans les herbes sauvages.
Entre ciel et terre, je respire ton regard attendri
Suspendue au vent chaud de ce pays d'éternité
Je m'abreuve à l'eau de ta fontaine qui jaillit
Pendant que mon sang brûle dans ton intimité.
Des souvenances charnelles explorent le corridor
Des orgasmes partagés, attisent l'envie de nous
Sur l'autel éphémère de l'heure, j'enterre la mort
Pour ensorceler ton coeur, sous un ramage vaudou.
Lorsque s'éveille une lune esseulée au ciel d'hiver
Le vent pleure dans les arbres, attristant cette ville
Mais sur le rivage de ta main tendue, le tonnerre
Déverse des pluies de tendresse, inondant notre île.
Echoué sur nos lèvres, un rêve s'enivre de gestes
Griffes fauves en exergue sur langueurs d'effluves
Flammes habitées par le vertige des sèves célestes
Abandonnées dans la berceuse d'un océan refuge.
Que ne puis-je cueillir à l'orée du temps insoumis
Des fleurs tissées de ces moments tellement rares
Pour poser des étoiles d'amour sur la prison de nuit
Qui m'enchaîne dans l'ombre du pays de nulle part. ---------
LE PAYS BLANC DU SILENCE
Quand je t'aime dans le pays blanc du silence
J'effleure la steppe inculte de mes blessures
Glissant au fond du mausolée de l'errance
La bise chuchote derrière l'ombre impure.
Mon coeur est couché dans la toundra neigeuse
Abîmant l'écorce nue de mes souvenirs mutilés
Le glacis du temps s'empare de ma vie ténébreuse
Et le rideau tombe sur mes rêves abandonnés.
Derrière l'aube de cette lande pauvre et inerte
Le temps se pavane, tel un impudent personnage
Je me demande encore si l'herbe sera verte
Quand frissonne l'absence dans les pâturages.
Je trempe ma plume dans l'énigme de demain
Un nuage soupçonneux me regarde déambuler
Pendant que je cache mes cicatrices au jardin
Le vent cristallise la tristesse sur les traces d'été.
Tes pas fantôme errent sur d'immobiles flaques
Mes pensées fuient vers la prairie de l'amour
Une douleur égratigne mon corps et me plaque
Contre le mur des pleurs, je saigne sur le jour.
Dans ma cage, ne me vois-tu pas, moi, l'oiseau
Qui, dans les reflets du soleil, cherche ta chaleur
Pour allumer un feu au creux des pauvres mots
Car sans folie, la vie perd toute son odeur.
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MA DÉCHIRURE
La nuit se profile, titubante de noirceur en abondance
Sur la fissure intemporelle d’un mur abîmé de violence. Je ne suis qu’abandon sur la terre infertile de l’absence
Une caresse oubliée sur les pavés du cœur en silence.
Une croix lourde entrave mes pas, profonde blessure.
Dans ma bouche, ce goût de sang qui devient brûlure Délave les couloirs de mon âme soudain à la torture.
Du haut des cimes assassinées, naît la meurtrissure.
Une saison d’hiver se pose sur la terre tout en frissons
Le jour en lambeaux se courbe sous un trait d’horizon Les mots se sont enfuis dans les nuages sans raison
Je suis lasse d’avoir un souvenir comme compagnon.
Pourquoi ne pas se laisser glisser au fond du cercueil
Les yeux fermés dans le givre glacé habillant le deuil. Sur tes pas effacés, je n’ai plus d’île, aucun écueil
Juste une ombre qui n’attend pas que je la cueille
Au fond de moi, explose la braise des tourments
Qui s’allongent impudiques dans le lit du temps. Cette souffrance boit jusqu’à la lie de mon sang
Scelle son sarcasme sur mes désirs incandescents.
Quelle est cette musique qui traîne dans ma tête
Un soupir incendié au vent de folie en goguette Des notes arrachées à un bonheur sans silhouette
Une mélopée pour l’espérance encore en miettes.
Pourtant je veux mordre dans la chimère meurtrie
Pour ressusciter sur les monts des songes endormis Déambuler sur les chemins inexplorés de la vie
Flâner sur tes lèvres parfumées d’amour interdit
Je crève sur la terre aride où tu m’as laissée
Prise au piège de tes lèvres où dort mon éternité A même le rouge de ma plume, écriture inachevée
Je te cherche pour te dire combien je sais t’aimer
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SUR L'OMBRE
L’écho des sourires allonge son ombre de brume
Un grain de lumière vagabonde dans d’autres regards
Allongée sur la rive d’un encrier où repose ma plume
J’égrène le silence pour le cacher au fond d’un tiroir.
Des secrets satinés tournoient dans un frisson mis à nu
Comme les rêves viennent mourir sur le ressac étoilé
Je musarde sur un chemin oublié, une saison disparue
A la recherche d’une flaque d’amour où me noyer.
A mes yeux humides, je veux raconter les rimes
Des rivières de mots qui coulent sur mes pas fatigués
Douce langueur qui étreint l’épaule de l’espoir infirme
Sur la crête des vagues, le vent se pose pour oublier.
Au bord d’un rai de lune, se fige l’oubli de l’hiver
J’écoute sa plainte et je m’y enchevêtre avec désespérance
Pour cueillir un son ouaté et nébuleux sur le rivage d’hier
Je m’endors dans l’obscurité en cherchant une autre présence.
Des sommets inassouvis de tendresse touchent le ciel
Je prie à genoux sur mon fardeau pour atteindre l’autre voie
Celle de ton cœur lointain qui m’abandonne à tire d’ailes
Où est le nuage secret où je pourrai dormir entre tes bras
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L'ESCALIER
Je frôle mon corps dans l’irréalité presque spirituelle
Respiration figée sur le miroir d’une aube nouvelle
Je me regarde descendre l’escalier dans le mystère
Est-ce moi ou mon inconscient plongé dans l’imaginaire.
Regard pétrifié dans une autre dimension de folie
L’haleine du temps disperse ses effluves dans l’infini
Pas un bruit dans les méandres de mes pensées
Je vacille à la lisière du présent tout juste oublié.
L’hiver offre ses flocons silencieux aux arbres dénudés
Je suis hors du monde, enveloppée d’un rideau de nuées
Et de ma bouche presque close, s’échappe un long murmure
Car je n’ai que ça pour soigner mes douloureuses écorchures.
C’est juste un instant perdu dans l’immensité de la nuit
Un besoin de toi exprimé sous forme de tristes insomnies
L’empreinte fugace de ta main dans le creux du souvenir
L’écho de ton cœur entraînant le mien dans ses délires.
Sous l’étole de givre qui enserre mon esprit en guerre
Une caresse d’espérance cherche un nouvel itinéraire
La lune se pose dans ma main afin de me rassurer
Viens, je t’attends en haut de l’escalier
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SENTEURS DE RÊVE
Sur la vague brisant les falaises de mes
insomnies, je me suis allongée
Pour t’aimer dans la lumière cristalline du rêve qui se moque de la nuit
Maintenant que le jour détale sous les chaussons de l’obscurité, je vais
Me glisser dans le clapotis des songes pour oublier mon absence de vie
Je marche derrière les prairies rouges de l’horizon, sur la voûte neigeuse
Dame lune chuchote une mélodie aux pléiades vêtues de sourires bleus
Je n’ai qu’un bagage, un encrier d’amour pour noyer ta bouche pulpeuse
Un je t’aime coulant dans le vent chaud des marécages de mes vœux
Je me fais désir pour vibrer sur la source de ton corps livré à ma loi
Sur ta peau brûlante, j’invente des étreintes de soleil, des mirages
Je cueille les rameaux de ton âme déployés sur mon insistance de toi
Viens encore frôler la coque de mon bateau dérivant au grand large
Le parfum assouvi de jouissance flotte dans l’air complice et humide
Une heure en sursis sur l’échafaud de l’éternité m’appartient encore
Pourtant, un éclair d’aurore fend l’espace et le jour s’ouvre sur le vide
Je te laisse partir, mais reviens vite dans mes chimères, je me rendors
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JE NE SUIS
Je ne suis qu’une larme de lune posée là
sur ton tendre sourire
La source qui baigne ton regard sous le voile des paupières
Une rosée vaporeuse que dans l’air, chaque seconde tu inspires
L’odeur d’un sentiment posé dans le nid de ta bouche cavalière.
Je ne suis que la mélodie fauve du plaisir envolé aux quatre vents
Des mots choyés sur l’épaule du temps enchevêtré dans ses racines
La semence de la saison d’espérance volée au monotone présent
Un cœur abandonné au pays du rêve empourpré qui me fascine.
Je ne suis que le festin provocant du désir incendié par les caresses
Le rouge du sang qui perle dans tes veines et nourrit ton corps
Un pas résonnant dans l’allée du quotidien, cloué dans la détresse
Un dessin inachevé sur la portée de la vie où se perdent les accords
Je ne suis qu’une arabesque tournoyant
sur les nuages mordorés
Un astre inconnu brillant au firmament de ton âme assoupie
La passion qui se glisse dans le passage secret des jours alignés
Un silence qui aimerait exploser dans la vague de ton esprit.
Je ne suis qu’un arbre mort allongé au centre d’un pays d’illusions
Une lueur frémissant dans les frimas qui dévêtissent le feuillage
Le temple païen érigé sur la plage du désir colorée de provocation
Un pétale d’amour déployé sur ton jardin, de l’autre côté du rivage
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nébulosité d'amour
Je tends mes bras vers les étoiles cendrées
Au loin, brillent les flambeaux célestes Un royaume coloré qui s’étale sur les nuées
Un abri pour se cacher dans la tristesse
La nuit étale son chapelet ténébreux d’écume
Tel un pli d’océan au flux lentement évaporé Le peuple incandescent dans la sourde brume
Sur l’autre rive me conte ses lourds secrets.
Je viens m’ancrer sur le vitrail de la lune captive
Sur l’horizon rectiligne, je cours vers son histoire Pour oublier que de ma nuit, je suis craintive
Pour me perdre dans l’intemporel, loin du cauchemar.
Quand je reviendrai de mon parcours nébuleux
Avec l’encre qui rougit les veines de mon stylo J’écrirai sur le jour nouveau des mots bleus
Un chant d’amour pour celui que j’aime trop
Je saluerai le soleil levant à l’est de mon regard
Fenêtre ouverte sur le bruissement du matin Je partirai avec pour seul bagage, un nouvel espoir
Celui de le rencontrer au hasard de mes chemins
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CROISSANT DE LUNE
Les rêves s’endorment dans les flaques de la nuit
Et le vent emporte dans sa valise mes vagabondages Me laissant dans la froideur glauque et endolorie
Mes os craquent sur les gelures perfides du rivage
Dans la sente embaumée de mon inconscient, gisent
Des envies dont le reflet crisse sur le gravier temporel Sur l’azur brûlé, fond mon esprit telle une banquise
Et je te cherche, mon étoile, dans le jardin du ciel.
Les fifres résonnent au cœur des prairies d’amour
Des océans caressent l’horizon de leurs vaguelettes Sur l’obscurité, je marche, solitaire comme toujours
Ton nom précède mes pas, je ne suis qu’une fauvette.
Allongée dans la lassitude, je cherche dans le silence
Ton épaule pour communier au festin joyeux du désir De mes je t’aime pathétiques, j’entends la résonance
Sur les débris de ma vie, la révolte vient m’occire
Quand les larmes flétrissent la lande à l’écart du bonheur
J’accroche mes mots au croissant d’étoile imaginaire Mendiante suspendue à l’étreinte de cet étrange voyageur
Je prie pour trouver une oasis d’amour dans ce désert
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FIÈVRE L'écriture secoue les branches des arbres si pâles
Dans la semence du jour, un rituel poétique allume L'horizon bleuté et le moment s'installe Tournés vers une nouvelle chaleur qui enfume
La glaise alourdie de nos corps déliés La vie, doucement se cache dans un coin Elle filtre les pleurs au bord des yeux abîmés Elle s'allonge dans de douces mains Enserre les bouches dans des dialogues Les pensées déferlent en remous de folie
L'amour tue l'ennui dans ses bogues Embrasse la forêt de nos intimes interdits
Se noue aux draps d'une musique folle Au milieu de la rime pétrifiée J'accours cers celui qui est mon idole L'encrier renversé sur la feuille usée
Féconde une si belle histoire Un canevas de mots dans le discours
Brode des souvenirs pour nos tiroirs Que ton coeur saoulé de ma tendresse
S'endorme dans la nuit inanimée Laissant sur les plages traîtresses
L'écho de nos souffrances partagées
Quand la valise de l'heure s'ouvrira
Je me consumerai en un brasier ardent Toujours assise au seuil de tes bras
Je continuerai à t'aimer infiniment. infiniment. infiniment..
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UNE LARME D'ÉTOILE
J'ai recueilli dans ma main, une larme d'étoile
Echappée de la lande tourmentée de la nuit Sous les mots, échouée sur le sombre voile Elle se dissout dans l'écume du rêve endormi
Je veux la réchauffer de mes tendres murmures Mais elle me quitte, dans l'angoisse, retournée Elle emporte dans son bagage les coulures
De l'exil de mes pensées intimement données
Elle jette un regard insouciant dans son grimoire
Pour me coincer dans le magma rugissant Des gestes entrechoqués aux désirs du hasard Ensorcelés par la fuite continue du temps
Elle vient de mourir dans une autre dimension Et je renais dans la conscience du jour maudit
Pour déchirer les fils de la triste illusion Tel un pantin, désarticulé dans le théâtre de la vie
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MON ÉTOILE
Dans le désert mauve de la nuit J'ai croisé une étoile effarouchée Le temps grésille dans l'âtre de la vie J'aimerai tant lui dire de rester
L'inviter à se reposer sur la plage De mes désirs modulés par les rêveries
L'entraîner dans la tendresse de ma rage Me glisser sur les pensées de sa vie
Quand la lune, maîtresse du ciel Féconde le cosmos déjà soumis J'attache mes tourments passionnels
Au ruban constant de l'infini
Mon esprit vogue à ta rencontre Dans les rumeurs cendrées du vent Défilent les heures sur la montre Où es-tu bel amour errant ?
Quand l'aube parviendra à taire Les bavardages insensés des galaxies
Je continuerai à frôler ta sphère A marcher dans ton regard attendri
Dans les morsures grises du jour Des lueurs chevauchent les nuages Une voie fruitée d'odeurs d'amour
S'ouvre sur un océan de mirages
Par cette vague, je t'espère subjuguée
Petite étoile qui allume mon coeur. Dans ma fable, j'éternise mes souhaits
Pour réchauffer ma nuit de ta chaleur
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LA LUNE
J'éparpille les étoiles sur la voie diamantée qui mène à la lune
Et de mon espace inter-sidéral, je t'aperçois au firmament des songes
Sur un pan de voie lactée, tu t'accroches dans les poudreries de rêves
Le jour fuit dans le glas de la nuit mauve et les ombres revivent dans le
sang
de l'obscurité. De la chouette hululant dans l'heure désespérée aux feuillages épouvantés
par le vent je glisse un regard attendri sur les amants unis, sur la nature endormie
Quand notre amie s'endormira, l'horizon s'embrasera dans une nouvelle
journée Qu'elle te soit légère à porter
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MON ANGE
Sur l’avenue du jour, des miettes de soleil
Éteignent les dernières cendres de la nuit La lune, isolée dans la froidure, a sommeil
Dans les coulisses sidérales, elle s’étire d’ennui
Dans le palais des soupirs, je t’invite mon ange
Viens déguster la brume de mes mots inconnus Sur les limbes floconneuses du temps, j’engrange
Des romans chevaleresques, des chants sans issue
Blottis-toi sous le duvet brûlant de mon amour Je réchauffe ton cœur vagabond de mes incendies
Entre dans mon château pour partager le jour Je t’attends au seuil pour éloigner la mélancolie
À la source du désir, viens allumer la flamme Mes draps ensorcelés de tendresse t’accueillent
Pour glisser sur la houle écumante de mes lames Le temps divague et tremble sous mes feuilles
Le reflet du ciel nous invite dans son innocence Laisse-toi porter par les elfes sur mes soieries
Je vais t’inventer des soleils, des caresses intenses Pour qu’immortelles demeurent nos envies
Toi, mon unique contrée, mon refuge, mon abri Sur tes monts, éloignée des chagrins, je m’envole
Mon âme verse des étoiles sur le velours de ta vie Viens te reposer à tout jamais dans ma farandole
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SUR LE CORRIDOR DE LA NUIT
Dans la vitrine embuée de ma constellation, Loin des orages qui grondent dans l'air
J'enlace mon regard à ta lumière Et je me consume dans un brasier sans nom
Je pose mon corps sur tes désirs charnels Toi, l'artiste, le bel ensorceleur Tu t'emploies à dévorer mon coeur Dans ton printemps, je suis hirondelle
On aurait pu coire à une passade Mais des volutes d'amour germent partout.
Insolentes, passionnées, c'est fou : Elles s'engagent volontaires dans ta rade
Eclaboussée par les assauts de tes mots Je m 'enivre de tout ce qui est toi.
J'avais oublié d'aimer à ce point là Tendre amertume qui parfois sonne faux
Pourquoi, derrière l'écran de la vie Seules quelques brindilles de dressent
Dans le vase de la réalité qui blesse Afin d'éclore dans la prison des interdits
Dans la bise courroucée, senteur de braise Je me cache alors, derrière le rocher des délires
Enlacée au ciel hivernal, je voudrais m'endormir Et dire à cette langueur qu'elle se taise
Marcher sur le corridor de la nuit diamantée Ecouter les étoiles mélancoliques chanter en cadence
Sur des accords de musique rompant le long silence Et me confondre dans ton corps, en une mélopée
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AU LOIN DERRIÈRE LA COLLINE ...
Au loin, derrière la colline, un écheveau de brume
Rejoint la rive des sentiments secrets et éperdus Pour y aller, il suffit de suivre cette modeste plume Elle t'indiquera volontiers le chemin attendu
Des mots en équilibre sur les interdits quotidiens Assurent leur démarche aux frondaisons solidaires
Des tentations longtemps prisonnières en vain Des gestes enfin libres s'inventent de nouveaux matins
L'amour se repose sur cette planète dans l'attente D'ondulations apprivoisées, de fusions charnelles D'aventures entre toi et moi si charmantes
De vagues enroulées sur les corps en dentelle
Viens te coucher dans cette phrase écrite pour toi
Dans le nid de mes mains, t'attendent les caresses En suspens dans mon sang immobile et froid Viens revivre enfin dans la volupté traîtresse
Des brasiers s'allument dans les tendres nébuleuses Pour réchauffer mon souffle déployé sur la chimère
Océan sauvage à l'incandescence douloureuse Frissons d'écume en errance dans l'univers
Au loin, derrière la colline, je respire dans ton absence Des effluves de tendresse partagés, des accords imaginés
Je m'invente les mots que tu ne me dis plus, silence J'épuise le temps dans la musique du soir esseulé
Mais, l'écriture fuyante murmure ses paroles vaincues Je ne vois plus ce pays magique, seulement un espace
Que l'encrier a coloré de noir, rêve secret et déchu Rivière sans eau, prophétie d'avenir sans trace
Alors que le rêve n'a plus de plage pour courir Que la poésie ne suffit plus à combler le désespoir
Mon coeur affolé vient soudain, me dire Qu'une étincelle brille encore dans ton regard
Au loin, derrière la colline où cognent mes pleurs Je glisse dans l'abandon frénétique du cauchemar
Ce pays existe toujours dans l'implosion du coeur Mais je ne veux pas y habiter, seule, avare
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AU BOUT
Cachés sous la ouate des nuages exilés dans la nuit profonde
Les rêves se bercent au son des mélodies soyeuses et légères Ils s'inventent des vibrations qui animent un nouveau monde
Et tissent des canevas de frissons sur l'immense désert
Alors, je traverse les mirages affolés pour danser sur l'horizon
Mes sentiments explosent dans l'eau de ta bouche apaisée Dans le sang de ta tendresse, je brise les chaînes de ma prison
Et je cajole les mots pour dans ton coeur, enfin, pénétrer
Je suis là devant toi, gisante dans le vertige de l'attente
Je suffoque dans le désir éclaté sur la mer de murmures Mon coeur se projette dans les fantasmes qui hantent
Les ombres du jour abîmé sur les doutes impurs
Je ferme la porte de la nuit pour livrer mes sens
Les confondre dans les lueurs volcaniques de tes envies Je te respire à chaque seconde qui termine le silence
Je marche dans la mémoire de tes pas sur aujourd'hui
Je casse le fil du temps pour en extraire la quintessence
Je t'entraîne sur la voie de gestes intimes et exaltés Je te couche dans une clairière d'absolue jouissance Je me glisse sur les accords de ta musique insensée
Je reste assise dans la confiance de ce doux vers Pour glaner des brins d'amour sur tes baisers
Je les cache sous l'édredron de mes paupières Seul, le vent étoilé scintille de mes secrets
La caresse sème sur ta peau offerte des éclairs Mes mains sculptent des lueurs vaporeuses De mon âme, coulent les mots en rivière
Et mes étreintes grandissent, chaleureuses
Même quand je partirai vers le purgatoire
Mes cendres te porteront encore en elles Immobile et assoupie dans le couloir
Je dormirai avec toi, dans une fusion charnelle
Au bout du monde, il y a le coeur
Au bout du désespoir, il y a la foi Au bout de cet instant, il y a la douleur
Au bout de moi, il y a TOI
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LE LUXE DU RÊVE
Je vais te bâtir un pays d'étoiles où tu pourras
Étendre tes ailes soyeuses, mon papillon de nuit
Sur le chemin qui borde notre chaumière là-bas
Seuls tes pas laisseront leur empreinte cette nuit
Dans l'air assourdi de silence, la lune brûlante
T'indiquera la porte de mon lit ouvert aux sensations
Au sommet du temps arrêté, me voici tremblante
Sur le promontoire éclairé par le feu des tentations
Je graverai nos mots sur les étoiles safranées
Nos mains délieront la voie lactée avec douceur
Les voix des anges effeuilleront le ciel esseulé
Et, je viendrai allumer la lande de nos coeurs
Je te construirai un mirage déployé dans la brume
Et, pour dissuader l'éternité de prendre ses droits
Je brûlerai les pages du temps pour qu'elles enfument
L'onde de nos pensées et s'échappent dans le froid
Je transporterai les montagnes vers la lumière
Je courberai les arbres vers notre demeure
Je creuserai dans le sol désséché des rivières
Pour alimenter la source de notre bonheur
Regarde poindre au firmament de ma réflexion
Les éclats de soleil que je dessine sur tes rêves
À nous, les manants de l'intemporelle évasion,
J'accorde la liberté, qu'elle règne sur cette trêve
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LE TEMPS
Dans le temps qui déroule son foulard endimanché de givre, un petit nid
existe pour chacun. Il suffit de s'y asseoir un moment, de regarder le
nouveau jour poindre. Il apporte avec lui, de nouvelles espérances, une
résurrection de la vie. Parfois, la nuit succède à la nuit mais dans l'heure
qui s'annonce, tu ne sais pas quel sera ton destin. Ne le devine pas, laisse-lui une chance d'exister dans le soleil.
Il y aura toujours un rai de lumière sur ton chemin, un sourire, une fleur
éclose, un amour naissant, une sucrerie, une image, ... l'espoir fait
reculer les affres de la noirceur. J'essaie d'en faire ma religion. Soyons deux.
©
Sedna
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image: http://www.ajoyfulheart.com
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