� un parfum de Renaissance �.

Nadia Tueni

 

Catherine Des Roches d�fendit comme sa m�re Madeleine des Roches (1520?-1587) la cause f�minine � l'exemple de Christine de Pisan, elle chante les souffrances de l'amante . 

"Destin exceptionnel que celui de Madeleine et Catherine des Roches, la m�re et la fille, toutes deux rapproch�es par leur r�ciproque affection et leur go�t d'�crire, toutes deux mortes la m�me ann�e � la suite d'une �pid�mie de peste"... 

Jeanine Moulin - La po�sie f�minine Seghers Paris, 1966

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Antith�se du somme et de la mort

Rien n'est plus diff�rent que le somme et la mort,
Combien qu'ils soient issus de m�me parentage ;
L'un profite beaucoup, l'autre fait grand dommage,
De l'un on veut l'effet, de l'autre on craint l'effort.

Une morte froideur qui descend du cerveau
Nous cause le sommeil, une fi�vre br�lante,
Qui �teint les esprits par son ardeur nuisante,
Nous cause le tr�pas et nous met au tombeau.

Le somme va semant de roses et de lis
Les beaux traits d�licats d'une plaisante face,
Et l'effroyable mort, dans l'horrible crevasse.
D'un s�pulcre odieux les tient ensevelis.

Le soleil respirant mille petits z�phirs
Caresse doucement le dormant en sa couche,
Et la mort ternissant une vermeille bouche,
�touffe pour jamais ses gracieux soupirs.

Apr�s un long sommeil l'homme se sent dispos,
Pour aller au Palais, � la cour, � la guerre ;
La mort ronge au suaire, en la bi�re, en la terre,
Et, meurtri�re, corrompt les nerfs, la chair, les os !

Le soleil et sommeil ont presque m�mes noms,
M�mes effets; aussi l'un vous donne la vie,
L'autre emp�che que t�t elle ne soit ravie,
La couvrant, curieux, dessous ses ailerons.

� gracieux sommeil, riche pr�sent des Dieux !
Tu ne pouvais loger en une part plus digne
Que celle que tu tiens, puisque l'�me divine
A sa demeure au chef et sa fen�tre aux yeux.

Ne m'abandonne point, � bienheureux sommeil,
Mais viens toutes les nuits abaisser la paupi�re,
De ma m�re et de moi ; fais que la nuit derni�re
Ne puisse de longtemps nous fermer le soleil!

Ainsi soit pour jamais le silence sacr�
Fid�le avant-coureur de ta douce pr�sence;
Ainsi l'ombreuse nuit r�v�re ta puissance,
Ainsi les beaux pavots


 

 

Bouche dont la douceur m'enchante doucement
Par la douce faveur d'un honn�te sourire,
Bouche qui soupirant un amoureux martyre
Apaisez la douleur de mon cruel tourment !
Bouche, de tous mes maux le seul all�gement,
Bouche qui respirez un gracieux z�phyr(e) :
Qui les plus �loquents surpassez � bien dire
A l'heure qu'il vous pla�t de parler doctement ;
Bouche pleine de lys, de perles et de roses,
Bouche qui retenez toutes gr�ces encloses,
Bouche qui recelez tant de petits amours,
Par vos perfections, � bouche sans pareille,
Je me perds de douceur, de crainte et de merveille
Dans vos ris, vos soupirs et vos sages discours.

 

 

Quand je suis de vous absente...

Quand je suis de vous absente
Sincero, mon beau soleil,
Je n'ai rien qui me contente,
La nuit je perds le sommeil ;
Le jour je fuis la lumi�re ;
Et mes tristes yeux enclos
Prisonniers de la paupi�re,
Ne sont jamais en repos.

Je n'aime de la prairie
Le bel �mail pr�cieux,
Ni la campagne fleurie
Ne saurait plaire � mes yeux ;
Je suis tant m�lancolique
Que les plus gracieux sons
Et la plus douce musique
M'ennuient de leurs chansons.

Je ne veux ou�r personne
Pour discourir ou parler ;
Je n'entends rien qui r�sonne,
Que ma plainte dedans l'air.
Mes compagnes qui s'ennuient
De mon amoureux �moi,
Toutes d�pites s'enfuient
Et se retirent de moi.

Jamais on ne me voit rire,
Jamais on ne me voit chanter ;
Incessamment je soupire
Et ne fais que lamenter ;
Je n'ai bien, plaisir ni joie ;
Sincero, mon cher souci,
Jusqu'� ce que je vous vois,

Je serai toujours ainsi.

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