

(vers 1364-1431)
| Christine de Pisan
est la première femme à vivre de sa plume : en marge d'une œuvre de commande écrite pour un public aristocratique, quelques rondeaux laissent s'échapper la confidence personnelle.
“ Soit blessure, soit bonheur, il me prend parfois l'envie de m'abîmer... c'est qu'il n'y a plus de place pour moi nulle part, même pas dans la mort. ” (Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux, Seuil, J977). _________________________________________________ |

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MOI, CHRISTINE, QUI AI PLEURÉ
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BALLADE
De triste coeur chanter joyeusement |
“ JE NE SAIS COMMENT JE
DURE... ”
(Rondeaux (orthographe modernisée)
* 1. Souffrant
___________ De triste coeur chanter joyeusement |
CHANSON DE LA PASTOURE
Il n’est si joli métier
Que de mener en pâture
Ses agneaux sur la verdure,
Jamais je n'en changerai.
Qui verrait ces bergerettes
Et ces plaisants pastoureaux
S'entr'aimer par amourettes,
Tresser des fleurs en chapeaux,
Il dirait qu'il n'est sentier
Ni voye qui soit si pure,
Jamais d'autre n'aurait cure
Mais s'en voudrait contenter ;
Il n'est si joli métier.
Ces pastours sur leur musette,
Au gazouillis des oiseaux,
Vous disent des bergerettes
Et des beaux motets nouveaux ;
Ils aiment de coeur entier ;
Au son de leur turelure,
Dansent tant que l'été dure,
Autre ébat n'ont le penser.
Il n'est si joli métier.
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LA
POÉSIE QUE J'AIME ...