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admirateur �galement de Chateaubriand, Byron et P�trarque. Un s�jour en Italie (1811-1812) contribue � son �ducation esth�tique et sentimentale.
La vie sentimentale :
De ses relations avec la Napolitaine Antonella naissent des po�mes � la gloire de Graziella; mais leur inspiratrice meurt de la tuberculose en 1815. De retour en France, Lamartine s'ennuie au service du roi Louis XVIII ; il d�missionne et voyage beaucoup. Son inactivit� et son d�sarroi le persuadent qu'il est malade. En cure � Aix, en Savoie, il rencontre en 1816 Mme Julie Charles, �pouse d'un physicien connu, Leur amour r�ciproque mais bref lui inspire ses po�mes les plus c�l�bres, dont le fameux � Le Lac �. En 1820, il �pouse une jeune Anglaise, Maria Anna Elisa
Birch, qui sera pour lui une �pouse d�vou�e et admirative.
Le diplomate et l�homme politique :
De 1820 � 1830, Lamartine exerce des fonctions diplomatiques en Italie. Les �v�nements de 1830 infl�chissent sa ligne de pens�e : monarchiste au d�part, il �volue vers le lib�ralisme et l'action. Il abandonne la diplomatie pour se lancer dans la politique. Candidat d�put� � Bergues pr�s de Dunkerque, il �choue en 1831 mais est finalement �lu en 1833. Au Parlement, il ne sert aucun parti, pr�f�rant si�ger � au plafond � (tout en haut de l'h�micycle). Son talent, son sens de la formule en font rapidement un orateur r�put� et redout�. Gagn� par les id�es r�publicaines, il se range parmi les opposants � la monarchie de Louis-Philippe- En f�vrier 1848, il devient chef du pouvoir ex�cutif de la France. Ce succ�s est de courte dur�e : les �v�nements sanglants de juin 1848 d�truisent les illusions du po�te. Son �chec cuisant lors des �lections pr�sidentielles de 1851 marque la fin de sa carri�re politique.
Une vieillesse d�munie :
De nombreuses dettes de jeu et des soucis financiers assombrissent la fin de sa vie. Lamartine devient une sorte de for�at de la litt�rature : r�cits, romans, compilations historiques ne lui permettent pourtant pas d'�chapper � ses cr�anciers. Il doit vendre ses biens et accepter l'humiliation d'une � pension nationale �. Seule sa relation sentimentale avec sa ni�ce le r�conforte quelque peu. Il meurt oubli� de tous, dans l'�puisement et le d�nuement.
Quelques �uvres :
1820 -
M�ditations po�tiques (extraits)
1823 -
Nouvelles m�ditations po�tiques
(extraits)
1825 - Dernier Chant du p�lerinage d�Harold
1836 - Jocelyn
(extraits)
1839 - Recueillements Po�tiques
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Ainsi,
toujours pouss�s vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit �ternelle emport�s sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'oc�an des �ges
Jeter l'ancre un seul jour ?
� lac ! l'ann�e � peine a fini sa carri�re,
Et pr�s des flots ch�ris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
O� tu la vis s'asseoir !
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs d�chir�s ;
Ainsi le vent jetait l'�cume de tes ondes
Sur ses pieds ador�s.
Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.
Tout � coup des accents inconnus � la terre
Du rivage charm� frapp�rent les �chos,
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est ch�re
Laissa tomber ces mots :
" � temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides d�lices
Des plus beaux de nos jours !
" Assez de malheureux ici-bas vous implorent ;
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les d�vorent ;
Oubliez les heureux.
" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'�chappe et fuit ;
Je dis � cette nuit : " Sois plus lente " ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.
" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
H�tons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
O� l'amour � longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la m�me vitesse
Que les jours de malheur ?
H� quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! pass�s pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?
�ternit�, n�ant, pass�, sombres ab�mes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?
� lac ! rochers muets ! grottes ! for�t obscure !
Vous que le temps �pargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !
Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !
Qu'il soit dans le z�phyr qui fr�mit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords r�p�t�s,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clart�s !
Que le vent qui g�mit, le roseau qui soupire,
Que les parfums l�gers de ton air embaum�,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit et l'on respire,
Tout dise : Ils ont aim� !

Souvent sur la montagne, � l'ombre du vieux ch�ne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je prom�ne au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se d�roule � mes pieds.
Ici, gronde le fleuve aux vagues �cumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
L�, le lac immobile �tend ses eaux dormantes
O� l'�toile du soir se l�ve dans l'azur.
Au sommet de ces monts couronn�s de bois sombres,
Le cr�puscule encor jette un dernier rayon,
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit d�j� les bords de l'horizon.
Cependant, s'�lan�ant de la fl�che gothique,
Un son religieux se r�pand dans les airs,
Le voyageur s'arr�te, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour m�le de saints concerts.
Mais � ces doux tableaux mon �me indiff�rente
N'�prouve devant eux ni charme ni transports,
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante :
Le soleil des vivants n'�chauffe plus les morts.
De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud � l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense �tendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumi�res,
Vains objets dont pour moi le charme est envol� ?
Fleuves, rochers, for�ts, solitudes si ch�res,
Un seul �tre vous manque, et tout est d�peupl�.
Que le tour du soleil ou commence ou s'ach�ve,
D'un oeil indiff�rent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se l�ve,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carri�re,
Mes yeux verraient partout le vide et les d�serts ;
Je ne d�sire rien de tout ce qu'il �claire,
Je ne demande rien � l'immense univers.
Mais peut-�tre au-del� des bornes de sa sph�re,
Lieux o� le vrai soleil �claire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma d�pouille � la terre,
Ce que j'ai tant r�v� para�trait � mes yeux !
L�, je m'enivrerais � la source o� j'aspire ;
L�, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien id�al que toute �me d�sire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre s�jour !
Que ne puis-je, port� sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes v�ux, m'�lancer jusqu'� toi !
Sur la terre d'exil pourquoi restai-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.
Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'�l�ve et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable � la feuille fl�trie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

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Les hommes d'une sensibilit� excessive, jouissent plus et souffrent plus que les natures moyennes et mod�r�es.
J'ai particip� � ces exc�s d'impressions, dans la mesure de mon organisation.
Ceux qui sentent le plus, expriment plus aussi. Ils sont �loquents ou po�tes.
Leurs organes paraissent faits d'une mati�re plus sensible
que le reste de l'argile humaine.
Les coups que la douleur y frappe y r�sonnent et propagent leurs vibrations dans l'�me des autres.
La vie du vulgaire est un vague et sourd murmure du c�ur.
La vie des hommes sensibles est un cri.
La vie du po�te est un chant.
(R�flexions)
* * *
Jocelyn
(extraits)
R�sum�
I. Jocelyn renonce pour sa s�ur � l'h�ritage paternel et d�cide de se faire pr�tre.
II. Il est au s�minaire, lorsque la terreur l'oblige � se r�fugier dans un grotte alpestre du Dauphin�.
III. Il recueille dans sa retraite le fils d'un proscrit bless� � mort.
IV. Il d�couvre un jour que cet adolescent est une jeune fille, Laurence, et son amiti� se transforme en un chaste amour.
V. L'�v�que de Grenoble, emprisonn� et condamn� � mort, l'ordonne pr�tre pour pouvoir se confesser � lui et recevoir de sa main les derniers sacrements : c'est le d�nouement brutal de l'idylle.
VI. D�sormais, ayant sacrifi� son amour � sa vocation, Jocelyn exerce sans d�faillance son sacerdoce � Valneige, un village des Alpes.
VII. La mort de sa m�re le ram�ne au pays natal, o� il retrouve des souvenirs de son enfance.
VIII. Il accompagne sa s�ur � Paris.
IX. Il revoit par hasard Laurence d�chue meurtrie, il regagne son hameau. Un jour, on l'appelle pour donner l'absolution � une voyageuse mourante ; il reconna�t Laurence et l'ensevelit sur les hauteurs qui abritaient autrefois leur amour
�pilogue Las de la vie, il meurt en soignant des malades d�cim�s par une �pid�mie.
* * *
L'ivresse du printemps
Oh ! qui n'e�t partag� l'ivresse universelle
Que l'air, le jour, l'insecte, apportaient sur leur aile ? [...]
La s�ve de nos sens, comme celle des arbres,
E�t f�cond� des troncs, e�t anim� des marbres ;
Et la vie, en battant dans nos seins � grand coup,
semblait vouloir jaillir et d�border de nous.
Nous courions ; des grands rocs nous franchissions les fentes ;
Nous nous laissions rouler dans l'herbe sur les pentes ;
Sur deux rameaux nou�s, le bouleau nous ber�ait ;
Notre biche �tonn�e � nos pieds bondissait ;
Nous jetions de grands cris pour �branler les vo�tes
Des arbres, d'o� pleuvait la s�ve � grosses gouttes ;
Nous nous perdions expr�s, et, pour nous retrouver,
Nous restions des moments, sans paroles, � r�ver.
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M�ditations po�tiques, (extraits)
Nouvelles m�ditations po�tiques,
(extraits)
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La Po�sie que j'aime ...
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