Sandrine DAVIN est n�e en 1975 � Grenoble (FRANCE) o� elle r�side toujours.

Auteure-paroli�re, elle a �dit� huit recueils de po�sie
dont le dernier s�intitule, � Champs de bataille �, chez Thebookedition.

Sandrine Davin est �galement dipl�m�e par la Soci�t� des Po�tes Fran�ais pour l�un de ses po�mes.

Avec toute sa g�n�rosit�, elle nous partage ici plusieurs de ses po�mes !

Sadrine DAVIN


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� l�ombre du cerisier

La terre pleure
Le souvenir de tes pas
Que tes semelles ont
Trop souvent foul�.
Le cerisier
Ne fleurit pas,
Il n�est plus l�
Depuis tant d�ann�es.

Le chapeau de paille
Accroch� dans la grange
Se repose � jamais.

 



Champ de bataille

L�herbe foul�e
Par trop de va et viens
Se teinte de fonc�.
Le bruit des grenades
D�goupill�es
R�sonnent dans la plaine.
Des habits rong�s
Par les mites
Froissent la peau
De ces hommes.

Des douilles caressent
Le sol
O� dorment des buissons
En fils barbel�s.

 




D�sert humano�de

8h16.
Le goudron pleure ses derni�res larmes de chaleur.
Des carcasses humaines fleurissent le bord de la route.
Enfin, ce qu'il en reste �
Le ciel n'existe plus, seul le soleil est ma�tre de l'univers.

Le r�gne min�ral a ferm� ses yeux
Pour laisser place au d�sert.
Les herbes folles sont mortes, sans rien dire.
Les arbres d�g�n�r�s dans un coin, un peu plus loin.

8h19, c'est la fin.
Plus de goudron, d'herbe folle, ni d'arbre.
Les carcasses font les beaux jours, � la seule vie humaine,
Les vautours �

 


Gris, gris, gris

De ma fen�tre le ciel est gris
Des gens se pressent je ne sais pourquoi
La rue est remplie de d�bris
Et les chats hurlent sur les toits.
Je suis enferm�e dans ma chambre
La musique inonde les murs
Est-ce le mois de mai ou d�cembre
Je ne sais plus, je te le jure.
De ma fen�tre le ciel est gris
J'ai la t�te farcie de pourquoi
Mon intellectuel est tari
Une cigarette me tend les bras.
Plus rien ne compte, je divague
Le soleil peut pointer son nez
Je lui dirais peut-�tre une blague
Ou l'inviterait � d�ner.
De ma fen�tre le ciel est gris
Je vais refermer les volets
Entends-tu la petite souris
Te chantonner un petit couplet.
La m�lodie s'est �gar�e
Quelque part au fond de la nuit
Ma chambre je veux red�corer
Pour emmenotter tout ce gris.

 



Ha�ku

poitrine trou�e
sur un radeau de brouillard :
sang au creux des mains



 


� La Vieille

Elle est ici � La Vieille �
Assise sur ce banc
L�, au fond du parc
Comme hier, comme toujours
Comme demain.
Des pigeons pour seuls amis
Lui font la conversation
Comme hier, comme toujours
Comme demain.
Elle est bien seule
� La Vieille �,
Personne ne pense � elle
� La Vieille �.
Elle pourrait bien
Mourir demain
Qui sera l� pour lui tenir
La main ?
Elle est si seule
� La Vieille �.

Elle pense et repense
Au bon vieux temps
A l�insouciance, aux fleurs des champs
A son enfance,
Comme hier, comme toujours
Comme demain.
Le soleil s�est �teint
Les pigeons se sont fait la malle
Elle n�est plus l�
� La Vieille �,
Elle n�a plus mal �




 

L��tabli

Un trait de lumi�re
Transperce le noir de l�atelier.
L��tabli est toujours l�,
� sa place.
Rien n�a chang�
Juste un peu de poussi�re
Par l�.
Je te vois debout
Et moi, si petite � tes c�t�s.
C��tait il y a longtemps.
Trop longtemps
Et en m�me temps
C�est comme si c��tait hier.

Un trait de lumi�re
Caresse ma joue.
Je suis l�, seule devant l��tabli
Et ton image qui me sourit.


 





Lettre d�un soldat

Sur un sol naus�abond
Je t'�cris ces quelques mots
Je vais bien, ne t'en fais pas
Il me tarde, le repos.
Le soleil toujours se l�ve
Mais jamais je ne le vois
Le noir habite mes r�ves
Mais je vais bien, ne t'en fais pas �

Les �toiles ne brillent plus
Elles ont fil� au coin d'une rue,
Le vent qui �tait mon ami
Aujourd'hui, je le maudis.

Mais je vais bien, ne t'en fais pas �

Le sang coule sur ma joue
Une larme de nous
Il fait si froid sur ce sol
Je suis seul, je d�colle.

Mais je vais bien, ne t'en fais pas �

Mes paupi�res se font lourdes
Le marchand de sable va passer
Et mes oreilles sont sourdes
Je tire un trait sur le pass�.

Mais je vais bien, ne t'en fais pas �

Sur un sol naus�abond
J'ai �crit ces quelques mots
Je sais qu'ils te parviendront
Pour t'annoncer mon repos.

Je suis bien, ne t'en fais pas �

 

 

Sur la route

Sur la route
Chaotique
Une fum�e embrase
Le sol.

La poussi�re
Vole
Et se d�pose
En fines particules
Un peu partout.

Sur la route :
Plus de fum�e
Plus de poussi�re,
Tout est �ph�m�re �


 


Sur sa peau

Sur sa peau
Les stigmates du temps
Qui passe
Creusent leur tombe.
Ses mains pliss�es
Et r�ches
Glissent le long
De mes paumes
Encore roses.

Sur sa peau
D�cr�pie
Le temps n�a plus
D�impact,
C�est ainsi.
 




Tanka14

Le pas lourd

�crase les silences obscurs

O� les ombres

�tourdies par les r�ves

S�effilochent vers le n�ant




Tanka15

Dans les nuits d�hiver
Les �toiles percent le ciel
Sans laisser de trace
Et mes yeux cherchent le visage
Pendu � l�ombre des silences




Tanka16

Le bruit des obus
R�sonnent au fond de la nuit
O� le ciel s��teint
Sur les d�pouilles �branl�es
Par des �mes un peu trop lourdes




Tanka17

Novembre sanglant �

Dans la nuit Paris se meurt

Sous le bruit des balles

�Sandrine Davin

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