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� l�ombre du
cerisier
La terre pleure
Le souvenir de tes pas
Que tes semelles ont
Trop souvent foul�.
Le cerisier
Ne fleurit pas,
Il n�est plus l�
Depuis tant d�ann�es.
�
Le chapeau de paille
Accroch� dans la grange
Se repose � jamais.
Champ de bataille
L�herbe foul�e
Par trop de va et viens
Se teinte de fonc�.
Le bruit des grenades
D�goupill�es
R�sonnent dans la plaine.
Des habits rong�s
Par les mites
Froissent la peau
De ces hommes.
�
Des douilles caressent
Le sol
O� dorment des buissons
En fils barbel�s.
D�sert humano�de
8h16.
Le goudron pleure ses derni�res larmes de chaleur.
Des carcasses humaines fleurissent le bord de la route.
Enfin, ce qu'il en reste �
Le ciel n'existe plus, seul le soleil est ma�tre de
l'univers.
�
Le r�gne min�ral a ferm� ses yeux
Pour laisser place au d�sert.
Les herbes folles sont mortes, sans rien dire.
Les arbres d�g�n�r�s dans un coin, un peu plus loin.
�
8h19, c'est la fin.
Plus de goudron, d'herbe folle, ni d'arbre.
Les carcasses font les beaux jours, � la seule vie humaine,
Les vautours �
Gris, gris, gris�
De ma fen�tre le ciel est gris
Des gens se pressent je ne sais pourquoi
La rue est remplie de d�bris
Et les chats hurlent sur les toits.
Je suis enferm�e dans ma chambre
La musique inonde les murs
Est-ce le mois de mai ou d�cembre
Je ne sais plus, je te le jure.
De ma fen�tre le ciel est gris
J'ai la t�te farcie de pourquoi
Mon intellectuel est tari
Une cigarette me tend les bras.
Plus rien ne compte, je divague
Le soleil peut pointer son nez
Je lui dirais peut-�tre une blague
Ou l'inviterait � d�ner.
De ma fen�tre le ciel est gris
Je vais refermer les volets
Entends-tu la petite souris
Te chantonner un petit couplet.
La m�lodie s'est �gar�e
Quelque part au fond de la nuit
Ma chambre je veux red�corer
Pour emmenotter tout ce gris.
Ha�ku
poitrine trou�e
sur un radeau de brouillard :
sang au creux des mains
� La Vieille �
Elle est ici � La Vieille �
Assise sur ce banc
L�, au fond du parc
Comme hier, comme toujours
Comme demain.
Des pigeons pour seuls amis
Lui font la conversation
Comme hier, comme toujours
Comme demain.
Elle est bien seule
� La Vieille �,
Personne ne pense � elle
� La Vieille �.
Elle pourrait bien
Mourir demain
Qui sera l� pour lui tenir
La main ?
Elle est si seule
� La Vieille �.
�
Elle pense et repense
Au bon vieux temps
A l�insouciance, aux fleurs des champs
A son enfance,
Comme hier, comme toujours
Comme demain.
Le soleil s�est �teint
Les pigeons se sont fait la malle
Elle n�est plus l�
� La Vieille �,
Elle n�a plus mal �
L��tabli
Un trait de lumi�re
Transperce le noir de l�atelier.
L��tabli est toujours l�,
� sa place.
Rien n�a chang�
Juste un peu de poussi�re
Par l�.
Je te vois debout
Et moi, si petite � tes c�t�s.
C��tait il y a longtemps.
Trop longtemps
Et en m�me temps
C�est comme si c��tait hier.
�
Un trait de lumi�re
Caresse ma joue.
Je suis l�, seule devant l��tabli
Et ton image qui me sourit.
Lettre d�un soldat
Sur un sol naus�abond
Je t'�cris ces quelques mots
Je vais bien, ne t'en fais pas
Il me tarde, le repos.
Le soleil toujours se l�ve
Mais jamais je ne le vois
Le noir habite mes r�ves
Mais je vais bien, ne t'en fais pas �
Les �toiles ne brillent plus
Elles ont fil� au coin d'une rue,
Le vent qui �tait mon ami
Aujourd'hui, je le maudis.
Mais je vais bien, ne t'en fais pas �
Le sang coule sur ma joue
Une larme de nous
Il fait si froid sur ce sol
Je suis seul, je d�colle.
Mais je vais bien, ne t'en fais pas �
Mes paupi�res se font lourdes
Le marchand de sable va passer
Et mes oreilles sont sourdes
Je tire un trait sur le pass�.
Mais je vais bien, ne t'en fais pas �
Sur un sol naus�abond
J'ai �crit ces quelques mots
Je sais qu'ils te parviendront
Pour t'annoncer mon repos.
Je suis bien, ne t'en fais pas �
Sur la route
Sur la route
Chaotique
Une fum�e embrase
Le sol.
�
La poussi�re
Vole
Et se d�pose
En fines particules
Un peu partout.
�
Sur la route :
Plus de fum�e
Plus de poussi�re,
Tout est �ph�m�re �
Sur sa peau
Sur sa peau
Les stigmates du temps
Qui passe
Creusent leur tombe.
Ses mains pliss�es
Et r�ches
Glissent le long
De mes paumes
Encore roses.
�
Sur sa peau
D�cr�pie
Le temps n�a plus
D�impact,
C�est ainsi.
Tanka14
Le pas lourd
�crase les silences obscurs
O� les ombres
�tourdies par les r�ves
S�effilochent vers le n�ant
Tanka15
Dans les nuits d�hiver
Les �toiles percent le ciel
Sans laisser de trace
Et mes yeux cherchent le visage
Pendu � l�ombre des silences
Tanka16
Le bruit des obus
R�sonnent au fond de la nuit
O� le ciel s��teint
Sur les d�pouilles �branl�es
Par des �mes un peu trop lourdes
Tanka17
Novembre sanglant �
Dans la nuit Paris se meurt
Sous le bruit des balles
�Sandrine Davin
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La Po�sie que j'aime
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