est n� en 1974 � Parthenay dans les Deux-S�vres. Apr�s une adolescence tumultueuse, il s'oriente vite vers la po�sie. Passionn� de Rimbaud, de Baudelaire, il l'est aussi des surr�alistes et en adopte tr�s vite la rage et les possibilit�s de sublimer la po�sie.
Un bac lui ouvre � des �tudes de philosophie � Poitiers et il s'int�resse au m�tier de biblioth�caire. Il passera trois ans � Bordeaux, mais c'est du c�t� de l'�criture que va son �nergie, souvent de courts recueils en prose ponctuent une recherche personnelle o� s'expriment diff�rents th�mes : la mer, l'infini, l'au-del� se retrouve notamment dans "L'Arbre et l'�corce", son premier recueil publi� en 2002 aux �ditions Encres Vives. Para�tront bient�t deux r�cits po�tiques chez Encres Vives et aux �ditions associatives Clap�s.
Il est aussi laur�at du prix de po�sie Orage-Lagune-Express 2004.
Il vit actuellement aux Sables d'Olonne. Il s'exprime notamment gr�ce � un site Internet :
Po�sie
Web
Pour ma mort
disponible:
aux �ditions Poi�t�s cliquer sur "Po�sie".
de BROCHARD Daniel
Nombre de pages: 27
ISBN: 2-919942-09-3
Tout �tre humain redoute cet �v�nement aussi inconnu qu'effrayant qu’on appelle
tr�pas. Dans son recueil Pour ma mort, Daniel Brochard essaie de cristalliser sa
conception de cette ultime lutte dans des po�mes en prose qui d�gagent une
certaine force tant au niveau du style que du contenu.
Il nous propose ici quelques extraits de ses publications.
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Arr�t d�horloge et de temps. Une fluctuation imperceptible du vide tr�s haut vers le firmament provoque la m�tamorphose annonc�e d�un cercle de feu en croissant luminescent. Les vagues s��panchent en vastes gonflements, parfois �clatent en papillons de nuit. Au large un ch�teau de verre, myst�rieux, attend. Je n�habite pas les �toiles, ni ces for�ts de pins, je ne suis pas dans ces empreintes sur le sable. Et pourtant il me semble �tre d�j� pass� par ici. L��cume blanche est comme un long chemin qui s��tend des deux c�t�s de l�horizon. Ma solitude est comme un phare �teint. Je suis impatient de quelque chose, comme du jaillissement soudain d�une supernova, peut-�tre m�me comme l�ouverture d�une porte dans la nuit, et aussi s�rement de la disparition de tout. Ma montre arr�t�e n�indique pas les cinq heures.
Rien n�est jamais acquis que le temps. Nous survolons des mers d�o� descend le tombeau de l�arche. Nous distinguons des voiles au bout de nos routes sinueuses comme un train phosphorescent. L�air perce des feuilles de messages br�l�s. Nous n�avons pas de billets pour la grande exposition solaire ni de ficelles dans nos poches. D�j� nous pensons � contre sens comme les reflets d�une glace sans teint. Les �toiles ont l��clat de nos yeux. Le premier des cierges br�le au bout du promontoire. Au premier instant, l��tre germinatif se d�sint�gre dans un plasma de chaleur. Sans importance, pense-t-il, ne portant pas de diad�me dans les cheveux. La flamme qui br�lait encore s�est �teinte tout au fond du chemin sans issue.
Je reviendrai sur les pas translucides des enfants perdus dans les ch�teaux de sable. La seule tour invisible s��l�ve sur le sommet des vagues. Un go�land remonte le temps � grands coups de tonnerre. Il n�y a pas que la pluie qui soit triste. A moi aussi le soleil me manque. Je marcherai sur la plage d�serte en pleurant des larmes de sel. Et la nuit sera mon tombeau. J�aurai des r�ves de filets et d��toiles. Mon ombre glissera dans l�ombre des bateaux au loin. L��cume sera passag�re comme un train qui entre en gare. Et je go�terai la liqueur des dieux. Sur le sable seront grav�s des mots d�amour emport�s par le vent. Le temps n�aura plus de saison. Je serai ivre. Ivre et d�sesp�r�. Peu importe, j�irai jusqu�au bout du sentier. Et l� dans la nuit �clair�e par un phare trois m�ts de caravelles glisseront lentement au bout de la jet�e.-
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For�ts des canicules ou bruissement de l�automne - tout rappelle l�heure de l��ternit� cette parure dor�e.
Je marche pieds nus dans le sable clairsem� d�herbes hautes et de papillons blancs.
Les papillons qui ouvrent leurs ailes �toil�es sur la lande.
A toute heure je suis l� et je marche. La nuit j�emporte la lune avec moi. J�entends les vagues sur les rochers. Je vois les phares et le vent frais. Sans efforts je vole aux c�t�s des go�lands. L�aurore est un d�chirement.
Promenade aux heures creuses de la vie, avant qu�elle ne ferme ses paupi�res. Dilapidation du temps qui reste jet� en ricochets sur la mer. La nuit ouvre ses mains froides.
Il manque un morceau du ciel en forme d�ailes d�ploy�es.
Je glisse le long des vo�tes d�azur. J�entends le tic-tac de ma montre. Je me prends � �tre un �cureuil et pourtant je n�ai que des ailes. J�ai les brumes du soleil levant.
For�t noire dispers�e sur la mer, aux ramifications �tranges d�une plume d�oiseau, j�attends tes jours dans l��ternit�.
Fl�ner autour des troncs au printemps. Leurs floraisons de pollen et leurs fleurs mauves. La for�t s��tend sur la ville dans les brumes du soir. Ma valise est pr�te. Quittons ce monde. Dans l��corce d�un navire traversons le ciel. Mais quel est ce miroir multipli� de moi-m�me ? J�ignorais que ma peau f�t une �corce. Voil� que le livre est referm�, la clef du ciel est une �toile filante.
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