Voltuan

 

 

 

poésie la vie entière !

La poésie s'avère être d'autant plus nécessaire dans nos sociétés uniformisées, qu'elle nous permet de résister à tous les enfermements qu'on nous impose chaque jour ! La littérature poétique est un moyen indispensable de résistance et de liberté ! En effet, grâce à elle, nous luttons pieds à pieds contre l'esprit de dissolution ! Elle met en oeuvre l'énergie infinie de la MEMOIRE, de l' INNOCENCE, du MYSTERE des êtres ( tant humains qu' animaux...) ! La poésie c'est la vie même, dans toutes ses manifestations quotidiennes; elle est non seulement la réalité que l'on nomme telle habituellement, mais aussi toutes réalités qui surviennent dans notre vie consciente et notre imaginaire ! La poésie recèle tous les pouvoirs permettant de décrire les mondes visibles et invisibles...La parole POÉTIQUE PROFONDE ( chthonienne ), est capable d'agir en bien dans tous les siècles !



 

 

 


 
ENTRE NOUS...

Le meilleur entre nous...
Ne se situe-t-il pas entre le vent et les arbres
(leur profondeur secrète!)aux membres se frôlant, à longueur
De jour et de nuit ?

Le meilleur des rendez-vous...
Ne concerne-t-il pas les pierres
Promises au temps, livrées nues démesurément...précises,
Dans leur voeu d'une épaisseur commune avec la terre ?

Le meilleur entre nous...
Ne réside-t-il pas
Dans chaque dimension, chaque moment
D'un arbre, d'une pierre/Resserrés,ouverts... ?
 

 

 

 

PUITS D'ETOILES...
 

Cet encorbellement du temps, au lieu sauvage de ta présence,

Entre la fougère et l'ancolie, fait surgir des panthères d'azur !

Des chevaux dressent leur nuque le long des collines,

Un troupeau noir marche à gué dans ses rêves...

Chacun de tes gestes est une grande famille,

Chacun de tes pas libère des loups ceinturés d'ardeur!

Tu es vêtue de fosses si profondes,

Que l'univers résonne d'une architecture infinie,

Ta chevelure tire l'eau de puits d'étoiles...

Par les milles pressées des forêts de tes paroles brûle le jour !
 

 

 

 

Pieds nus sur l'horizon...


Pieds nus sur l'horizon,
Elle fait le plein de caresses,
Berçant l'azur de tendresse,
La terre lui donne raison...

Les vagues sont des oiseaux,
Prêts à l'envol, ô farandoles !
L'univers est sans idoles,
Partout ses actes sont beaux,

Les algues crissent sous la main,
Dans une ardeur totale,
C'est un quotidien idéal,
Que la mer polit sans fin,

Tant de danses nous reviennent,
De pays lointains,
On se régale de jardins,
Alentour vibre une douce laine,

Les seins nus, elle voyage,
Il y a des baisers pour chacun,
Que l'on soit sirène ou marin,
La mer ne fait pas son âge,

Elle brasse soleil et neige,
Mêlant son corps à d'autres corps,
Les vivants comptent autant que les morts,
A travers l'écume toujours vierge...

La lune se multiplie, entre les plis
De robes aux mille fruits !
 

 

 

 

AIMER, C'EST T'ATTENDRE...

Diaprure des jours libellules
Etendant leurs vitraux ailés
En moi
Pris dans un lacis de joie
Ces jours de tes mains, ta voix
Creusant les labyrinthes
Me permettant de cheminer
Vers Toi
Toujours hors d'atteinte
A chaque fois que je tente
Une approche en direction de
Tes archipels tutoyant le ciel
Ton pull rouge qui flamboie
L'éventail de tes cheveux à claire-voie,
Je te reçois
Par tous temps
Contre mes éteules trempées
De tes soleils, tes pluies
Tu t'immisces, quoi que tu fasses
Jusqu'aux moindres interstices
De mes secrets murmurés
Je te reçois à satiété
Sur mes sources dénudéees
Hérissées d'oiseaux
A l'appel de tes doigts...
Tes jours embrasent mes rivières
Mes herbes sont renversées
Je me love au creux de tes pieds
Happé par les frondaisons de ta robe
Qui ondoie à foison, subjuguant l'horizon
Tu rentres en moi
Des hirondelles plein les bras
Tes yeux fleurissent mes mimosas

J'ai renoncé aux envies de la multitude
Pour mieux me souvenir de Toi
Du premier jour de ta venue

T'être fidèle
C'est préserver la mémoire du monde
Son devenir
Afin que naisse pour tous la beauté
Une Vie de tendresse à partager

Je n'ai pas cédé aux marchands d'illusion
Prônant l'Amour facile, la trahison,
L'oubli de l'innocence
AIMER C'EST T'ATTENDRE
Le coeur emmailloté de silence
Tenu en laisse par la neige
L'immensité à vivre de ta venue
Toujours annoncée
Au gré des couleurs ravivées du désir
Tes marées de blé mûr
L'écureuil qu'on voit au loin
La lune comme un fruit pur

Tu es la fleur non cueillie
Le champ de coquelicots
Que la brise délie

Je me suis habitué à te dire adieu
Te gardant à jamais une place de choix
En mon coeur tournesol

La nuit, tes forêts entrent dans ma chambre...
 

 

 

 

Entre tes doigts fleuris...

Entre tes doigts fleuris
Chante la vie,
Le jour apprivoisé,
Charmé par les pétales,
Tes ongles peints !

Le plaisir se dresse
Blanche rivière en liesse,
Un arbre croît soudain,
Contre ta main !

Tu fais venir la sève,
L'univers s'allège,
Ô tendre piège,
Pour un florilège !

Le temps monté en neige,
Inonde le calice
De ta paume, ce délice,
Rectrice d'un manège !

Les blés en gerbe sont liés,
Dans la chaleur de l'été,
La meunière fait son pain
D'un jouir adamantin...

Le pollen s'envole
Sous tes yeux miroitants,
C'est une farandole
De savoureux moments,

Les feuillages par vagues
Balaient ta poitrine,
Le présent s'illumine
De fougères et d'algues...

Mille printemps sont en feu,
Aux soleils de tes dents,
L'onde de tes cheveux
Noie le firmament !
 

 

 

 

Chevaux rouges en liberté !

C'est toi, souveraine,
Que le monde attendait pour revivre,
Cet absolu de tous tes gestes,
L'hymne de ta présence...

L'univers s'émeut de bouger au creux de tes mains,
Tes reins, tes pieds,
Tu es là parmi nous, le chaos se soumet !
Les plaine saturées de rosée, offrent la délivrance
A tant d'âmes en peine,

Les icônes dépoussiérées donnent vie
A des êtres de chair et de coeur,
Enfin tu es là...Accomplissant les voeux des disparus,
Rêvant chaque jour d'unité...

Les foules serviles rompent leurs liens,
Tu es là...
Ô femme, tu veilles sur les coupoles des forêts !
Maintenant haute la flamme des peupliers, des bouleaux,
Tu es là...
L'amour aura moins froid au cou tendre du geai,

Radonèje revit, les pélerins sautent de joie !
L'Ob et l'Iénisséï donnent une eau pure
Aux juments et leurs petits,

Les paroles défaites...Comme tu les ranimes !
Sur le toit des isbas,
Trottent quantité de petits chevaux rouges en liberté...
 

 

 

 

Animaux, dont je suis épris...

Mon coeur est un nid qui bat,
Dans l'espace veiné d'arbres,
Comme vous je disparais, fuyant le froid,
Des humains et leurs palabres,

Je suis travaillé par vos âmes,
Plus vastes que moi-même,
Chacun de vos gestes me charme,
Votre visage...Quel poème !

Je vous dois toutes les surprises de la Terre,
Une présence toujours nouvelle,
Votre innocence est ma lumière,
Je frémis avec vous aux cascatelles,

Le jour est ce renard si long,
Ouvrant les fenêtres des champs,
Tout peut arriver maintenant,
Le soleil sur les frondaisons...

Je garde en moi le souvenir,
De votre immanence, ce mystère,
Frères animaux au regard clair,
L'univers vous sied à ravir !

Vos secrets sont notre salut,
Écoutons le rouge-gorge chanter,
Il est si bon de vivre nu,
Sans émettre aucun regret,

Souvent, au bord des rivières,
Un arc-en-ciel déploie ses couleurs,
Je salue le martin-pêcheur,
Tissant un foulard d'éclairs,

Animaux, dont je suis épris,
Vous menez la ronde des prés,
Embrassant la robe des forêts,
Ô anges, merci de vos dons infinis !

Je ne puis m'empêcher de vous nommer,
Esprits du vent, des nuages et du feu,
Pour une enfance préservée,
À la fontaine des mousses bleues,

Le monde dépend de vos allées-venues,
Offrandes au cou des prairies,
Collines vives sous vos pieds nus,
Une buse change l'avenir en un cri,

Grâce à vous, l'amour dure plus d'un été,
L'Humanité se prend à croire,
Au paradis de créatures rêvées,
Vos mouvements caressants peuplent ma mémoire...

 

 

 

Amour au coeur lilas

Ta voix, en foule renversante,
Brusque vies et morts,
Dans un ravissement,
Par son règne toujours nouveau,
Ses départs de flamme
À pointe bleue,
Ses rives obstinées,
Ta voix monte en neige le temps...
Mouillant de ses chants les marronniers fleuris,
Arrosant le corps de l'univers,

Ô ta voix, cette tour d'air pur !
Sa sève brûlant l'horizon,
J'écoute ses sources à flancs d'abimes,
Coupées d'ombres et de racines,
Sur la faille grandissante du jour...

L'infini s'éveille sur tes lèvres,
Je me retourne où pleuvent tes cheveux,
C'est contre eux que les lilas deviennent sucrés,
Parfumant les juillets de tes doigts,

Un coeur lilas bataillera toujours
Entre tes seins de neige,
Un coeur apaisé sans y penser,
Épousant les calices de ta beauté !
 

 

 

La Mer, c'est toi ...

Émaillée de poissons, de moutons,
Comme autant d'éclats de vie,
La mer tisse l'espace à l'envi,
Coud et recoud l'horizon,

Mais c'est ta robe que je vois,
Animant de ses plis, jour et nuit,
Ce long pavois qui nous unit,
Me protégeant contre le froid,

Chacun de tes sourires dessine une vague,
Ou un oiseau, c'est selon,
Tu changes souvent de visages,
Chantant l'amour en toutes saisons!

Merci à tes lèvres, tes baisers,
De même qu'à tous tes décolletés,
Suivant le rythme des marées,
Tu fais le bien sans y penser,

Tes paysages sont légions,
Cimes, prairies, lisières, vallons,
Pour de tendres traversées,
Dans la plus grande nudité,

Je me love en tes cheveux,
Caresse d'algues, terrains de jeux,
Je nage, baigné par ta voix,
Sans jamais faillir à ta loi...

Ô femme aux îles bleues!
Tu fais danser l'univers, enfin joyeux,
Quand rien ne le divise...
Les mouettes effleurent tes jardins,
De coups d'ailes adamantins,

Ta robe, moire des souvenirs ombreux,
Submerge les rochers langoureux,
Près des falaises veillant ton amour,

Ô femme, louée sois-tu, de bercer le coeur des anges,
Parmi tes vergers au long cours !

 

 

 

Éternel printemps de l'Amour !

Contre la pente ombrée de tes gestes,

Les vents s'émeuvent doucement,

Sens-tu l'appel de l'ange innocent,

Frôlant ton épaule d'une main leste ?

Quand le printemps renouvelle ses baisers,
L'amour est doux au ventre de l'écureuil,
Des îles bleues surgissent entre les feuilles,
On nous parle d'Eden enfin restitué...

Tes pieds nus font jaillir les sources,
Les champs de l'Amour sont immenses,
De bourgeons en pétales, les vergers mènent la danse,
Ô villages de ton Nom, où les hirondelles font la course !

Nous croyons atteindre le réel,
Mais les évènements nous dépassent,
Au coeur des forêts, c'est toi que j'embrasse,
Bercé par ta robe au goût d'airelles,

Ô toi que j'aime à en mourir !
D'un Amour qui ne dit pas son nom,
Je te célèbre en toutes saisons,
A tes genoux je ne sais plus que dire,

Mais comment te rejoindre vraiment ?
Alors que l'Histoire se répète...
Il nous aurait fallu vivre autrement,
Offrir à tous des chemins de fête,

Or, tant de crimes survenus,
T'ont repoussé au loin ma mie,
Laissant place aux guerres, aux maladies,
En niant l'Autre, c'est Toi que l'on tue !

Si je suis là aujourd'hui devant toi,
C'est pour te porter ce message brûlant,
Des disparus en moi toujours présents,
Troublés eux aussi par tes doigts délicats,

Ensemble nous rêvons à ta chevelure,
Fenêtre ouvrant sur le désir,
Tes tresses creusent des sillons dans l'azur,
L'univers vibre sous ton empire !

Chaque être porte en lui le monde,
Je suis enceint de moult créatures,
Leurs paysages en moi abondent,
Entre leurs mains bat mon coeur, ce fruit mûr...

Voltuan©

 

 

 

 

 



Voltuan, (Jean-Baptiste Reddé), est né au Mans. Il fait ses études au Lycée Montesquieu  -
où un professeur, M. Coulmeau, lui ouvrit « les portes de la perception littéraire et
poétique » - puis à l'École normale d'instituteurs d'Angers. Il travaille trois étés
auprès d'agriculteurs grâce à l'association « Nature et Progrès ». Il fait les moissons,
conduit des tracteurs, garde les chèvres, taille la vigne...

Son premier ouvrage poétique sort en 1989. Six autres ont suivi, le dernier étant cet
hommage à la femme de lettres et de conviction qu'était Virginia Woolf.

 

Virginia Woolf [Texte imprimé] : célébration poétique / Voltuan. - Paris : Librairie-galerie Racine, impr. 2009. - 1 vol. (147 p.) ; 21 cm. - (Collection Saint-Germain-des-Prés).

ISBN 2-243-04434-X (br.) : 15 €

DLE-20100312-13829. - FRBNF42159711
10-34275

 

Jean-Baptiste Reddé est lui-même engagé. Il organise notamment des rassemblements pour la paix et pour
la protection de l'environnement.

«On le voit arriver de loin, sa longue silhouette de pantin qui bute aux chambranles,
son regard noir écarquillé, une politesse toujours au bout de la langue et,
soigneusement plié dans la main... le texte de sa prochaine annonce. Voltuan est un
habitué, un «drogué» disent certains. Des dizaines, sans doute des centaines d'annonces
passées en cinq ans, il ne sait plus combien, il en a des classeurs pleins. A Libé, il
les apporte lui-même, vérifie chaque lettre. «Il y a un côté magique à voir le texte
naître sous ses yeux...»

Lire la suite ->> sur "Libération".

Son site, Poésieamourfou.
Soirée-lecture, Virginia Woolf (5 novembre 2010)

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