SOLEIL NOIR

Le soleil comme un chapiteau
Recouvre la terre de ses oripeaux
Et dans la splendeur printanière
Délivre le ciel de sa lourdeur d'hier

Dans la munificence intellectuelle
Des âmes prolifiques et sempiternelles
Se promènent au hasard des opportunités et de quelques cantiques
Sonnets ou des litotes remis au goût du jour
Où quelques figures de style font leur retour

Sur les pages noircies de versification
C’est la saison des métaphores des allusions
Qui te lance un défi et déplore toute abréaction
Là où poussent des anaphores
Là où l'on cueille la réalisation
Ne sème pas la révolution

Pour traverser les âges
Dans un ciel sans trop de nuages
On se doit d'accéder à l'étage ultime d'un building de lettres
Et là une vision panoramique
Incitera nos vers prosaïques.

Avant la péremption de nos cœurs lyriques
Nos chants liturgiques
Danseront sur l'alphabet
La valse vertigineuse
Des rimes langoureuses
L’estime victorieuse où l'effet de la littérature
Reste une drogue dure.


INTRODUCTION À LA LECTURE

Des livres ouverts à la préface, m’amènent à briser la glace :
Il n’est point de pire mystère que l’assaut littéraire
Et poursuivant mon ascèse comme une ascension à un diocèse
Cent et uns ouvrages m’ont pris en otage
Devant la vastitude de l’encyclopédie des écrits
Je continue le carnage sacré de l’esprit
La pensée est devenue un luxe, et le luxe s’est mis à penser
Intrinsèquement de mon moi engourdi voici ce qui s’ensuit :
Des pages sautent comme d’autres s’exportent
La beauté des phrases croulent sous le firmament d’un soleil levant
Et je reçois en cadeau les messages subliminaux
De mes auteurs évocateurs de chimériques idéaux
De la bible à connotation anesthésiste
Aux grimoires ensorcelants d’un espoir évanescent
Des narrateurs prônant un alphabet hallucinant de vérité
Mais diffamatoire de par sa complexité
Me jurent que c’est ici que se trouve mon impure destinée
Ma cure de jouvence passera par l’éloquence travestie d’une armure
Ou perdrait tout son sens, ainsi le drame ferait vaciller mon âme et ses fêlures
Chaque matin ma boite à lettres sera mon coffre fort épistolaire :
Le renfort de mes nourritures célestes et spirituelles
Une cargaison de manuels qui empestent l’éternel :
La pensée universelle dressée comme seul étendard
La lecture de mes avatars ne doit jamais avoir de retard.


L’INÉDIT

Sans le savoir j’écris mon futur comme une évidence
Sans le connaître je rêve de cet arc-en-ciel de faïence
Aux ardentes couleurs et subtiles nuances
Un amour battant la mesure de l’éternité me devance
Cet esthète capital ne m’est pas inconnu puisqu’Animal
Vient à moi sans nul autre appel, tout en cadence
Si infernales sont ses absences et si peu banale est sa présence
Qu’il revient irradier mes réveils de sa semence létale
Mes jours et mes nuits n’appartiennent qu’à lui
Il est le guérisseur de mes sens interdits.

J’avais perdu le goût des choses
De l’amour que je trouvais morose
Et voilà que devant moi explose un irrémédiable feu d’artifice
D’un quatorze juillet aux jardins des supplices
Aux solstices divins dans lequel il s’immisce.

L’Ephèbe d’un songe dont je devine le pacte discret
Aux obscures valeurs empreintes de douceurs innées
Artiste de mes nuits et de mes songes intacts et secrets
Milles fois par seconde il prend mon âme et s’en revêt
Dirige mes mots et, mon regard sans crainte ni folie
Ne se reflète que dans le miroir de ses écrits
Jamais il ne déroge à la loi dont je me soumets sans merci
C’est un vent de chaleur qui soudain m’envahit
Un oiseau rare au goût de paradis
A pris mon cœur pour son nid.



LE QUATRAIN DU MATIN

J’ai raté le quatrain du matin
Je prendrai donc un vers, en attendant :
Devant la volupté de l’énergie créatrice
Les secondent symbolisent la splendeur de la matrice
Les heures tournent à vive allure
C’est le début de ma torture
De mes souvenirs d’antan
Je suis la seule dans mon clan
L’obsession de l’écriture n’est qu’une
Introduction à la culture.
Ma plume dessine les lettres sur des feuilles mortes
Et défie la raison de mon être qui l’emporte
Trempées dans de l’encre de Chine
Arabesques ornementales s’inclinent
Devant la folie du langage
Il faut tourner des pages
Pour qu’enfin sorte de notre âme
La fusion des mots, l’effusion de joie, l’abnégation de l’infâme
Ne sont qu’une introduction à l’extase de la beauté des phrases.


- 19/09/2007

©Copyright - Tous droits réservés à Valérie BERGMANN

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