(nouveau)

La violence était dans l’homme


Ce que l’on ne remarque pas dans les pollutions

À la porte d’entrée d’un grand magasin
Malgré le rappel « Interdit aux animaux … »
Le vécu de l’intérieur était exclu de cet écriteau…


L’enfant malmené à Paris était désarmé
Comme
Ceux bombardés en Irak…
Ou fusillés en Palestine.


Innommables déficiences de comportement


Dans la dédalle des rayons du magasin
Un enfant âgé de deux à trois ans, non accompagné de sa mère
Etait en train d’être battu par son père
Sans dessus dessous.

Quelle vue abjecte
Qui n’était dans la zone de captation ni des caméras
Ni du personnel de surveillance.


Ceux qui vieillissent dès l’enfance

Un père pouvant violenter de manière sadique
Sans accorder aucune importance
Aux sensibilités des consommateurs
Passant dans les parages
En se foutant pas mal
De l’innocence
D’une petite créature…


Incapables de se diriger aux-mêmes

Un progéniteur d’enfant confisquant
L’avenir et les espoirs de son rejeton
Le puissant à pouvoir incontrôlé
N’aime point l’être humain...


La violence était dans l’homme

Dans un centre commercial
Une ombre incapable d’aimer
La violence qui se nourrit de colère
Agit dans un environnement
Incapable de lui dire
« Va casser des verres à la maison… Cogner contre les portes …
Ou mâche du chewing-gum!»


On te fera porter le fardeau de quelqu’un d‘autre

L’origine de tes douleurs ne sera pas comprise par l’équité, la justice...
Dans le futur, tu seras accusé indépendamment de ton passé!
Il y en aura qui voudront profiter
De ta vulnérabilité… de tes rébellions contre les injustices…
Quant à ton père porte-faix de violence
Subira la peine de ses grossièretés
En restant seul et sans personne
Malgré toi...


L’origine de tes douleurs ne sera pas comprise par l’équité, la justice...
Dans le futur, ceux qui t’accuseront indépendamment de ton passé
Te feront porter le fardeau de quelqu’un d‘autre!

 

La spontanéité  (nouveau)

En pensant
En travaillant
En mangeant
De la compréhension à chaque âge…

Pour surmonter les peurs
Se débarrasser des craintes
Et faire face aux ardeurs
Une volonté de fer…

Pour embellir la vie
Améliorer l’amitié
Enraciner la sincérité
Un coeur exemplaire d’attitudes sans pareilles.

Pour vivre humainement
Dans une coexistence de haut niveau
Un amour enraciné
Une affection permanante
A approfondire
Par une personnalité à principes…

Aider sans contre-partie
Une tolérence illimitée
Approches sans marchandage
Et des sacrifices qui se reconnaîteront
Les uns dans les autres...

Amis ... Camarades…
Voisins... Frères...
Sans aucune distinction
Une vertu
Qui ne considère que la personne...

Construisant des ponts avec des secrets
Faisant sentir appréciation et colère
Promenant ses hôtes
Dans un coeur…

Grâce à une âme saine
Orientant
Faisant se comprendre
Unifiant à jamais
Dans la spontanéité!

Paris, le 23.11.2007
Traduit du turc par Yakup YURT ©

 

Ceux qui dansent au rythme de leur propre musique

Ceux qui se nourrissent de viandes…de produits laitiers…de desserts
Ne peuvent t'estimer à ta juste valeur.


Même si la pierre se fendait, tu ne peux pas leur faire ouvrir
Les fenêtres de leur ferme…
Des gens comme toi ne font pas partie de leur centre d'intérêt
Tu n'existes pas…
Dorénavant tu dois savoir
Qu'ils n'ont pas de temps à te consacrer!


Ils ont les yeux fixés toujours vers le haut
Pendant qu'ils s'inclinent
Avec un sourire au dessus de leur double menton
Devant le souverain… le sultan
Crois-tu un seul instant qu'ils te reconnaissent?


Si tu me demandes mon avis à ce sujet
C'est que les bouts de leur ficelle
Sont aux mains d'autrui
Ne te formalise point du fait
Qu'ils se prennent pour des rois!


Avec des espoirs vains
Et des attentes mal placées
N'attends pas d'eux
Qu'ils te considèrent comme un homme…


Même si tu écris des centaines de lettres
Aux hommes des portes fermées
Dans le but de les voir ou de leur parler
Tu ne recevras même pas une seule réponse…
Méfie-toi, sois attentif
Par-dessus tout
Tu leur permettras d'avoir des airs hautains
En se croyant importants
Ils te regarderont avec dédain!


Ils aiment bien se caresser
Le dos les uns des autres…
Il ne reste plus
Qu'à écouter leurs conversations "avec admiration"
A vanter leurs écrits "exagérément"
A récompenser leurs faits "par applaudissement"…


Ne perds pas de temps
Et ne t'occupe pas
En pensant à autres choses.

Paris, 20.06.2007

 

LE MIROIR

L'être humain se voit lui-même
Dans le miroir.

Il reste au-delà de la pensée
De temps à autre
Il voit des figures déformées,
Il voit les choses à l'envers.

Il cherche un coupable
Constamment
Il voit des tissus
Tout en morceaux.

Celui qui est à accuser
Est lui-même.
L'être humain courtois
Ne peut accuser sans connaissance.

Que l'être humain vive à Paris
Ou à Konya
Les vérités sont invariables
Dans l'univers.

L'être humain se voit lui-même
Dans le miroir. 

Mantes la Ville, le 21.11.1995 à 18H30


LÀ OU POUSSENT LES LYS

Là où poussent les lys
Il y a aussi des insectes.
Il arrive un moment disparaissent
De la mémoire.

L monde est ainsi fait,
L'un meurt,
L'autre naît.

Là où poussent les lys
Il y a aussi des insectes.
Plusieurs choses
Restent dans les profondeurs.
On ne voit peut-être pas les défauts.
La plupart du temps
Les écrivains, les dessinateurs,
Les lecteurs
Ne découvrent pas la vérité.

Là où poussent les lys
Il y a aussi des insectes.
L monde est ainsi fait,
L'un meurt,
L'autre naît.

Paris, le 09.05.1999



LA RAISON DU CORBEAU

On demanda au corbeau:
" C'est pour quand la noce? "
Il répondit :
" À la moisson des orges... "
On lui demanda encore :
" Fort bien, jusqu'à ce moment-là
Que comptes-tu faire? "
Il répliqua :
" Renverser les épouvantails... "
On rit
En se disant " Pourquoi? "
Le corbeau après une brève réflexion
Donna sa réponse :
" Il n'y a pas de différence
Entre certains gens et les épouvantails... "

Paris, le 06.06.2000




LE CUL-DE-SAC DE LA ROSE

Les douleurs envahiront tes rêves
Écoute donc la mer
Par tout ce que tu vois.
Souviens-toi des zones bleues
Remplies par le soleil
Pendant que les chagrins y dorment
La main dans la main
Les nuits apporteront des péchés.
Tes yeux boiront le ciel
Tu ne pourras pas supporter
Le murmure d'une disparition
Dans le cul-de-sac de la Rose.

Les poèmes y seront silencieux
Les chansons te feront pleurer
Les verres se briseront dans tes mains
Tu ne pourras pas penser
Et puis. sache que
Tu ne pourras plus me voir
Dans le cul-de-sac de la Rose. 


a été publié dans :

1) 02.11.1976 Kelebek Gazetesi (TURQUIE)
2) 06.12.1976 Niðde'nin Sesi Gazetesi (TURQUIE)
3) 29.06.1977 Siirt'te Son Söz Gazetesi (TURQUIE)
4) 07.04.1978 Yeni Bor Gazetesi (TURQUIE)
5) 00.05.2001 demetden/siirler
6) 01.06.2001 antoloji.com




AVEC MOÏSE MARCE.

Il était une fois
Nous étions à la recherche d'amour
Et de beautés.
Nous n'avions aucune passion.
Nous ne pensions pas non plus
Ni à chanter, ni à danser
Dans les cimes.
Depuis ce temps-là
Nous ne sommes l'enfant
Non des ténèbres
Mais des clartés.
Nous savions
Que le vent ne souffle pas
Toujours du même côté.
Que les nuages sombres
N'étaient pas que pour nous.
Il était une fois
Nous étions à la recherche d'amour
Et de beautés.
Il y avait en nous
Fraternité et humanité,
Et un monde limpide
En dehors de nous.
Depuis ce temps-là
Nous ne sommes l'enfant
Non des ténèbres
Mais des clartés.




LES NUITS SANS TOI

Je sirote mon esclavage
Les nuits
Je suis cloué trop loin sans toi.

Je cache les bleus rafraîchissants
De mes rêves
Je fais fondre le temps dans mes verres
Avec une chanson qui pleure
Je dessine mes larmes
Dans mes poèmes.

Et toutes les nuits
Les gouttes de pluie rêvent de moi
Pour disperser ma soif de toi
Je bois. je bois jusqu'à l'infini.

Istanbul, le 04.08.1974


a été publié dans :

1) 04.08.1974 HÜRRÝYET GAZETESÝ (TURQUIE)
2) 00.00.1975 AKÞAMLARIN DURAÐI (TURQUIE)
3) 23.05.1977 KELEBEK GAZETESÝ (TURQUIE)
4) 00.12.2000 MICROBE (BELGIQUE)
5) 00.12.2000 ENCRES VAGABONDES (FRANCE)



LES RÉALITÉS QUI SE FORMENT DANS NOS INSTINCTS

J'ai tripoté
Trois fois avec mes doigts
La porte fermée...
J'ai pensé
Qu'il « Occupé... »
Ensuite,
En boutonnant ma veste
Je suis entré...
Ma tête était baissée,
Je craignais
De regard méchant
Se formaient
Dans mes instincts...
A ce moment-là,
Tout doucement
J'ai tourné ma tête
Vers la fenêtre
Que le vent avait ouvert...
Les papiers
Posés sur le bureau
S'étaient dispersés par terre...
Ma tête baissée
Un par un, je les ai ramassés
Avec beaucoup d'humilité...
Et je les ai déposés
Sur le bureau...
Dans l'attente d'un grondement
Ou d'un regard rude
Allégrement
J'ai levé ma tête
Un gros fauteuil tout vide
Était en face de moi...
De ce bureau de haute fonction
Où j'étais entré
Avec cérémonie et crainte
Je suis sorti à reculons
En saluant le fauteuil vide...
Ceux qui attendaient devant la porte
Les uns après les autres
Ont également fait comme moi...
La précarité de la vie
Se reflétait
Dans les fenêtres
Qui cognaient à cause du vent...


A été publié dans :
1) 1) 00.12.1999 COMME ÇA ET AUTREMENT No. 20 (FRANCE)
2) 2) 00.06.2000 LES AMIS DE THALIE No. 24 (FRANCE)
3) 3) 00.03.2001 VERSO No. 104 (FRANCE)



L' HUMANITÉ

Lorsque les aspirations primitives
S'unissent à la lutte d'intérêt
Il ne reste trace de l'amitié
Mon frère.

Tous les comportements vils
Sont à la propre hauteur de l'individu.
Les efforts de nuire
Sont derrière le bon.
Celui qui mène ses affaires égoïstement
Ne peut trouver d'ami
Mon frère.

Tout est sous observation ici-bas
Ce ne sont pas les appareils,
Mais l'être humain qui est déréglé.
C'est le jour de la course
Derrière l'amitié.
La méchanceté ne s'oublie pas
Mon frère.

Certaines créatures ne sont pas
Le mur des lamentations
A s'y retourner pour pleurer.
Les passions
Traînant l'homme derrière elles
Ne sont pas des vaches à lier !
Celui qui à un aveugle pour guide
Ne peut arriver à son but
Mon frère.

Paris, le 22.08.1999




L'UN DANS L'AUTRE

Mon avocat est médecin à l'hôpital,
Mon médecin
Avocat au palais de justice...
Mon professeur est la personne
Violentée par eux
J'ai perdu mon père
Avant d'être né
Elle nous a fait grandir en larmes
Ma mère.

Mon voisin,
Malade mental.
Mon compagnon ;
Le chat.
Mon amie
Ma plume.
Mon ennemi
L'ignorance.
Ce qui me dérange
L'opportunisme.

Mon école ; 
Le bistrot.
Mon lieu de travail,
L'école.
Mon gain ;
Ma bonté
Vis à vis d'autrui.
Ma crainte 
Est de n'être pas compris.

J'aime beaucoup
Les êtres humains.

Paris, le 01.01.1999



MON JUGEMENT

Ils m'ont jugé devant les fleurs
Les fleurs se sont tues
Les jours ont parlé.
Une accusation a pénétré mes yeux
J'ai clamé mon innocence
Ils ne m'ont pas écouté.

Je sais 
Les fleurs pensaient à quelque chose
Les nuits m'en sont témoins
Je les ai suppliés de m'écouter
Les déclarations des étoiles
Ils n'ont pas écouté.

En plein milieu des nuits
Mon cour s'est senti encerclé
Je me suis laissé emporter
Par les obscurités 
Qui bandent mes yeux.
Ma solitude était plantée dans mon cour
Je n'ai pas pu expliquer
Que je n'avais personne 
Ils n'ont pas écouté.

Ils m'ont jugé devant les fleurs
Ils ont lié les nuits
A mes bras
Et ils m'ont exilé dans le noir
Tout seul.

J'ai clamé mon innocence 
Ils n'ont pas écouté.
 

a été publié dans :
1) 00.00.1975 AKÞAMLARIN DURAÐI (Turquie)
2) 17.08.1976 KELEBEK GAZETESI - (Turquie)
3) 02.06.1978 YENI BOR GAZETESI - (Turquie)
4) 31.07.1978 AKSARAY ULUIRMAK GAZETESI - (Turquie)
5) 04.01.1978 MERSIN SAVAS GAZETESI - (Turquie)
6) 00.07.1989 NIGDE HASRET GAZETESI - (Turquie)
7) 00.03.1999 PARIS PAPAGAN GAZETESI- (France) 
8) 30.06. 1996 TGRT (TV) (Turquie)
9) 09.05. 1999 TÜRKIYENIN SESI RADYOSU (Turquie)
10)15.11. 1999 RADIO VEXIN VAL DE SEINE (France)
11)17.06.1999 POLITIS (France)
12) 00.03. 1999 LES AMIS DE THALIE (France)
13) 00.09. 2000 DIÉRÈSE (France) 
14) 00.00. 2000 LA POÉSIE CONTEMPORAINE - Anthologie 
(France)
15) 00.12. 2000 ENCRES VAGABONDES (France)




LORSQU' ON PARLE
DE MANTES LA VILLE.

Lorsqu'on parle
De Mantes la Ville,
Les amitiés
Et les beautés
Me viennent à l'esprit.

J'oublie
Ma fatigue
Parmi mes rêves.
Le soleil naît autrement
Sur mes sentiments.
Les paysages
Ne vieillissent jamais
Dans mes regards.
Mon avenir
S'éclaire en quelque sorte
Je biffe
Sur mes doutes.

Je regarde dans les yeux
Du temps plein de sentiments
Je vois une date
Dans les cieux
Des vieux enfants.

La tristesse de l'air pollué
N'entre pas
Par les fenêtres ouvertes.
La clarté des foyers
Devient un tableau.
Les oiseaux ont leurs nids
Dans les cours. 

Lorsqu'on parle
De Mantes la Ville,
Les amitiés
Et les beautés
Me viennent à l'esprit.

Mantes la Ville, le 14.05.2001




NOTRE CHAT

Nous avions un chat
D'une fidélité exemplaire.
Pendant que les souris dansaient
Sous la chaufferette
Le nôtre somnolait.

Le temps s'est écoulé dans un sommeil profond
Les souris ont grandit. et se sont multipliées.
Comme si elles étaient affamées depuis des années
Elles se sont plongées
Dans tout ce qu'il y avait sur place.

De laquelle voulez-vous qu'il s'occupe
Notre chat ?
Tout perplexe qu'il était
Il s'est mis à regarder
Et d'un côté. et de l'autre côté




N' OUBLIE PAS

Même si je t'ai perdue
De ces miroirs-là
C'est encore toi qui seras
Devant mes yeux.

Je ne pourrai peut-être pas
Tenir tes mains
Je ne pourrai peut-être pas
Couvrir ta nudité
Avec des tulles blancs.

Tu seras dénoncée par ces soirs-là
N'oublie pas.

Là où tu verras
Un arrêt semblable à celui-là
S'en va du devant des vitrines
Lis mon nom dans les reflets de lumière
N'oublie pas.

Tu seras dénoncée par ces soirs-là
N'oublie pas.

A été publié dans :
1) 00.00.1975 AKÞAMLARIN DURAÐI (TURQUIE)
2) 14.10.1976 KELEBEK GAZETESÝ (TURQUIE)
3) 01.03.1978 YENÝ BOR GAZETESÝ (TURQUIE)
4) 18.11.1978 YENÝ ALANYA GAZETESÝ (TURQUIE)
5) 11.08.1979 YEÞÝL BANAZ GAZETESÝ (TURQUIE)
6) 19.09.1979 EREÐLÝ MEMLEKET GAZETESÝ (TURQUIE)
7) 00.02.1999 PARÝS YENÝ YORUM GAZETESÝ (FRANCE)
8) 00.00.1999 LES AMIS DE THALIE (FRANCE)
(RECUEIL DES PRESELECTIONNES)
9) 00.05.2001 demetden/siirleriniz




ON NE LUI A PAS ENCORE DONNÉ UN NOM

J'ai voulu dessiner
Ceux qui ont été classés dans les rayons
Les écrits humiliants l'être humain
Dans des mondes clos.

On n'a pas encore donné de nom
Aux efforts tant dédaignés
Aux sentiments considérés comme nuls
Aux huit ans
Aux dix-huit ans
Les horizons sans soleil
N'avaient aucune signification
Là où on ne les voit pas.

Le passé des êtres humains de l'obscurité
A été complètement mouillé
Et ensuite mis de côté.

J'ai voulu dessiner
Ceux qui ont été classés dans les rayons
Les écrits humiliants l'être humain
Dans des mondes clos.

le 01.01.1999



UN MONDE PLEIN
À CRAQUER

Plié en deux
Avec le fardeau du passé sur mon dos
En traversant ses chemins
D'où suis-je parti pour arriver où?...

Alors qu'aux vignes de la poésie
Les attentes couvertes de neige
Étaient traitées comme une dentelle
Moi, je ne sais trop comment
J'ai ri aux chagrins!...

Pendant que tournaient autour de moi
Toutes les choses qui m'intriguent
En ce temps-là 
Moi, j'ai semé la poésie
Dans les champs de l'amour...

Malgré les scorpions
Les serpents
J'ai eu souvent soif
D'une vie humaine décente...
Et de surmonter les murs
Construits contre nous...

Les fourberies
M'ont marqué très fort...
A chaque fois
Il m'a semblé plus grave
D'être aveugle d'idées
Qu'aveugle de couleurs...

Plié en deux
Avec le fardeau du passé sur mon dos
En traversant ses chemins
D'où suis-je parti pour arriver où?...


Istanbul, le 05.04.2000


A été publié dans : 

1) 00.03.2001 http://users.swing.be/ombrages/
2) 00.04.2001 http://yitikulke.hypermart.net/uzeyir-lokman-cayci.htm
3) 01.06.2001 http://antoloji.com/
4) 00.06.2001 LE JOURNAL A SAJAT N°54 (France)

PRIX TERPSICHORE - CONCOURS POÉSIE 2001 
DIPLÔME D'HONNEUR




DEMAIN LE SOLEIL
NAÎTRA POUR NOUS

Ne prends pas froid au carrefour
Des froideurs...
Raconte la forme
Des garde-fous
Tant que ta langue tourne...
De toute façon.
Demain le soleil
Naîtra pour nous...

Comment rester insensible
À ce qu'on t'a fait subir?
Comme vivre la nuit,
Dans la clarté du jour.
Nous savons qu'en tous cas
La gaine des grossièretés
Est prête.
Demain le soleil
Naîtra pour nous...

Même si ton labeur fait briller
Les versants noircis.
On ne sait pas,
Si tu existes.
Ou non parmi eux ?
Nous savons,
Leur but
Et de te mépriser.
Laisse. ne t'en fais pas
Tout ce qui est arrivé.
De tout façon
Demain le soleil
Naîtra pour nous...


Magnanville, Le 16.03 .2000

A été publié dans :

1) 00.05.2001 demet'den/siirleriniz 




L' ARRÊT DES SOIRS

Il n'y a plus de clarté qui n'ait effleuré mon chevet
Ces soirs-là ont vieilli dans mes sommeils
Une à deux lignes
Ont embrassé mes yeux
Une révolution dans mes veines.

Je sirote les soirs cachés dans mes rêves
Les ombres dévalent
Dans mes pupilles
Je te cherche encore
Devant une statue.
Les soirs ondulent comme un chant d'oiseau
Mes espoirs perdus
Tombent à cet arrêt-là
Et mes sentiments
Te traînent dans mon cour
Et. je dis 
L'arrêt des soirs 
Ne noircira jamais.




BÉBÉ, N' AIE PAS PEUR SI TU VIENS

Heureusement qu'il y a des États,
Des lois.
Toi aussi, tu seras apprécié
Toi aussi, tu seras protégé.
N'aie pas peur si tu viens, bébé.

Les joies, les attentes
Font partie de la planète.
Pour toi, le ciel fera des tonnerres
Les pluies tomberont,
Le soleil même se lèvera.
N'aie pas peur si tu viens, bébé.

Des gens amis,
De bons voisins
Il y en a partout.
Qui t'aimeront aussi
Qui te prendront aussi dans leurs bras.
N'aie pas peur si tu viens, bébé.

Les fleurs au sol,
Les oiseaux sur les arbres,
Sont des bébés comme toi
Et qui t'attendent.
N'aie pas peur si tu viens, bébé.

Paris, le 01 janvier 1999



SÉGRÉGATIONNISME

Il ne reste plus de trace
De l'amour et de la fraternité.
"Il a demandé. nous avons donné" a-t-on dit
Nous avons demandé,
Cela a provoqué la folie.
Donne encore une fois,
Tiens encore une fois.
Le ségrégationnisme s'est structuré.

Ça tourne. ça tourne.
Pour arriver devant lui,
On lui donne.
Les années se sont écoulées
Nous n'avons rien vu
Sur le plan de l'égalité.
On a colorié
On a maquillé.
Le ségrégationnisme a été approprié.




ABRICOTIERS

Les abricotiers
Plantés par mon père
N'ont pas grandi du tout.

Un espoir.
Il y a mis du sien longues années.
Il a tout essayé,
Il s'est cassé la tête
Pour qu'ils grandissent.

De temps à autre
Il a observé les nuages.
Mais,
Les années qu'il a perdues
Sont devenues secrets dans son cour.

La terre s'est ouverte
Veine par veine.
La feuille tombée,
La branche cassée
À fait du bruit.
Mais eux
N'ont rien dit.

Les abricotiers
Plantés par mon père
N'ont pas grandi du tout.  



AGHA

L'agha urbain
Qui ne veut pas nous comprendre
Écoute les aghas.
Les boeufs sont fatigués
Les vaches ne donnent pas de lait.

Les roues de la charrette à cheval
Sont cassées
L'agha ne donne pas à manger
Aux chevaux.

La modération, voire la mesure supprimée
L'être humain n'aime pas autrui
Le cadet ne cède pas sa place à l'aîné.

Côte à côte
Avec l'obsédé
Avec l'immoral;
L'agha ne connaît pas
L'innocent, la victime.

Il a un air de chanson humaniste
Au bout de sa langue
Mais.
L'agha n'a pas de considération
Pour l'être humain.



PUISQUE TU ES LIBRE MON ENFANT .

Puisque tu es libre mon enfant
Alors dis
Que ton père achète des chevaux.

Alors parle
De la tique sur son dos
Des trous dans sa poche.

Alors dis
Que les eaux ne coulent pas,
Que certains te regardent
De haut.

Puisque tu es libre mon enfant
Alors raconte
Comment l'histoire se répète,
Comment s'en vas
Tout ce qu'on a dans la main?

Puisque tu es libre mon enfant
Alors dis
Que ton père achète des chevaux.



LE 1er MARS

Au 1er mars
Ils ont fêté l'anniversaire
De notre arrachement les uns des autres.
À ce moment-là les eaux étaient troubles
Il y avait des taches noires sur les murs
Et des colères dans les yeux.

Pendant que les eaux coulaient à l'envers
Certains documents importants
Étaient jetés
Dans les vides des tiroirs.

Les tasses de café renversées
Et les jeux de cartes
Étaient restés longtemps
Sur les livres de lois.

Sous un toit artificiel
Trois personnes
Jouant très bien leur rôle
Avaient fait
Une démonstration de force.

Pendant ce temps-là
Un entêtement
Avait fendu les murs,
Et avait ouvert à droite et à gauche
Des fossés irrémédiables

À cet endroit
Où les fenêtres et les rideaux
Étaient devenus inutilisables
Ceux qui voulaient remplir les puits avec de l'eau versée
Étaient devenus en peu de temps
Comme un noeud bien serré.

Au 1er mars
Ils ont fêté l'anniversaire
De notre arrachement les uns des autres.



LE PONT

L'enfant d'une obscurité immense
Affamé/assoiffé
Scrute sur un pont
Les portes qui se ferment.

Une foule de gens
Qui se cachent des lendemains
Avec des pensées sans excuses
Enlacés les uns aux autres
Veulent passer
Devant le soleil.

Lorsqu'il voit la chute
Du haut du pont
Les défaites
De l'enfant d'une obscurité immense
Se transforment en espoirs.



LA RÉVOLTE

Les chansons me donnent le vertige
Mes nuits contiennent une révolte.

J'ai le vertige
A force de penser aux gens amis
Qui font obstacle devant mes portes d'espoir.

Sens la révolte de mon cour
Le bleu du ciel
Les soubresauts de la mer
M'emmènent là-bas
Impitoyablement.
Les soupirs ne savent pas
La révolte
De mes chansons secrètes.

Qu'ils n'oublient pas pourtant
Qu'ils ne pourront pas m'arracher à toi
Qu'ils ne pourront pas t'emporter loin
Car cette révolte
N'arrête pas de croître. qu'ils n'oublient pas.




UNE BRU À LA TABLE DE LA TERRE

Quatre saisons écloses
Fleur par fleur dans son cour
Les regards de la bru s'accrochent
Aux espoirs bleus.

Un rejeton vivant dans ses bras
Après de longues années
Les regards de la bru équivalent
À ses espoirs.

À la table de la terre
Elle vient vers moi
À travers les gens sans jour
Les mains de la bru
S'agrippent à mes mains.

La bru à la table de la terre
Son cour est en émoi
Ses regards s'épuisent
Dans ses yeux pleins d'espoirs blancs.




LA NOSTALGIE

Chaque fois que la nostalgie
Tombe sur mes yeux
Je vais sur les quais à chansons
Et j'y attends le matin.

Une lumière trompe mes yeux
En remplissant la mer dans des photos déchirées
Les rivages s'ouvrent ensuite
Et on entend la voix d'un enfant.

Mes yeux s'arrêtent
À un autre rivage
Transformé par les années
Une colère du passé se déchire encore une fois
Et sans pitié
Je fais tomber les oiseaux distraits dans la mer.

Chaque fois que la nostalgie
Tombe sur mes yeux
Je vais sur les quais à chansons.



LORS D' UN CRÉPUSCULE À MÉRICOURT

Lors d'un crépuscule à Méricourt,
J'ai rencontré des gens
Aux yeux noircis
Comme leur cour.

Ce jour-là,
Dans la conscience des hommes
Le soleil s'était couché
Depuis longtemps.

Pendant qu'une guinguette
Dans la voiture
Se traînait vers moi
Moi, je cherchais
Les signaux routiers
Sur les visages.

On dirait
Que par un frisson
Les routes s'étaient transformées
En pentes,
Les hommes avaient avalé
Leur luette.

À ce moment-là
Il y avait des pierres tombales
Devant les portes
Et une superficialité
Dans les cours.

Et puis.
Je me suis senti
Parmi des gens bien
En uniforme.
C'est à ce moment précis
Que le soleil s'était levé
Dans les cours.
Lors d'un crépuscule à Méricourt.

Le 09.05.1999



IL NEIGEAIT SUR DU FEU

La distance entre la porte et l'arrêt était de dix mètres,
Un chat courait vers l'arrêt,
Comme si le bus était arrivé
De je ne sais quelle provenance.

Derrière une femme avec un chien
Des rires aux éclats lancés par des ivres
Et encore leurs regards ignobles
Disparaissaient en fondant tout à fait
Comme la neige tombant sur du feu.

J'avais envie de dire . arrête bonhomme :
A quelqu'un au loin faisant des signes de mains
Et qui avait dilapidé ses quarante-deux ans
Et encore plus à ses consorts
Âgés de quarante-huit, cinquante-cinq ans et plus
C'est comme s'ils avaient mis des masques
Sur leur visage de jeunesse.
Ils enroulaient la vie à toute allure
Sur des bobines
Sous forme d'un jour, d'une semaine, d'un mois.

Dans les chambres bien garnies
En face d'un miroir grossissant
Quelqu'un sirotant son verre
Avait jeté son hameçon
M'extirpait
D'une petite mare.

Au fur et à mesure que les années se secouaient
Elles s'étendaient les unes aux autres
Par flux successifs,
Les attentes célestes
S'étendaient de siècle en siècle
Sous forme de toile d'araignée
Et pendant ce temps-là
Il neigeait sur du feu. 




LE 18ème SIÈCLE

On n'a pas vu au 18ème siècle
De tels événements.
Les décès de chauffe-bain,
Les accidents de roulage,
Les suicides,
Les rébellions.

On n'a pas vécu
D'horribles
Crimes,
Viols,
Guerres,
Agressions.

À cette époque-là
Il n'y avait pas de traces
D'actuels
Misères,
Pollution de l'atmosphère,
Sentiments salis.

Personne ne pouvait parler
De l'existence
De la maladie de vache folle
Du S.I.D.A.
Du Viagra.

On n'a pas vu au 18ème siècle
De tels événements.




RÉFLEXION

Nous avons partagé
Une pomme.
Nous n'avons pas pu partager
Les chagrins
Les soucis.

Nous avons remplacé
Les vitres brisées.
Nous n'avons pas eu assez de force
Pour les cours.

Nous étions heureux
Parmi les verdures
Et les fleurs.
Nous n'avons pas pu nous protéger
Contre les épines.




MAMAN. OH ! MAMAN.

Chaque fois que tu pleurais, je pleurais aussi
Je m'agrippais à tes bras
Pour que tu ne pleures pas.

Nous avons vécu des jours si pénibles 
Je n'ai pas oublié ces jours-là
Et toi, les as-tu oubliés maman ? .

Chaque fois qu'on allait à ces champs déserts
Le jour tombait et on rentrait tard à la maison
Tu te fatiguais beaucoup, mais tu ne me fatiguais pas maman.

Tu t'es battue pour faire rire tes quatre enfants
Tu as couru derrière eux pour qu'ils ne souffrent pas
Mais tu as beaucoup souffert maman.

D'autres ne savent pas quels jours tu as vécus
Mais moi, je le sais très bien
Et chaque fois que j'y pense, je pleure maman.

Tu n'as jamais ri
On ne t'a pas fait rire
À présent, ris un tout petit peu maman ! ..




SI JAMAIS L' AMOUR N' EXISTAIT PAS.

Il n'y a ni rose
Ni roseraie
Dans le for intérieur obscur d'une personne.
On ne partage pas les chagrins,
Il n'a pas nulle trace de l'amitié,
L'amour n'est point compris.

Les instincts,
Les désirs font galoper des chevaux,
On ne peut pas surmonter
Les masses
Et les vilenies.

Chacune des fictions internes
Est en ruine.
L'amour
N'est pas une couronne.
A porter sur la tête.

Il ne faut pas chercher
L'amitié
Dans les cours usés ! 
Les instincts,
Les désirs font galoper des chevaux,
On ne peut pas surmonter
Les masses
Et les vilenies.



MOI, J' AI VU MON PROFESSEUR
DANS DES MONDES DIFFÉRENTS

Moi, j'ai vu mon professeur
Dans des mondes différents.
Il nous a appris à tracer
Des schémas électriques
Et la loi d'Ohm.
Il ne nous a jamais parlé
Des hommes opprimés,
Humiliés.

Moi, j'ai vu mon professeur
Dans des mondes différents.
Il nous a informés
Sur l'éclair,
Sur la tonnerre,
Sur les machines.
Mais il n'a jamais parlé
De l'amour humain.

Moi, j'ai vu mon professeur
Dans des mondes différents.

février 1991




NE CACHE PAS TA NOSTALGIE, MA CHÉRIE

Nous nous sommes habitués à tout, tu le sais
Nous nous habituerons à la séparation aussi
Pendant que tu contemplais l'obscurité au loin
J'étais au milieu des mers
Mes espoirs s'allongeaient sur les vagues.

Ne cache par ta nostalgie ma chérie
Il n'est pas si facile d'attendre
Ces obscurités n'auront pas d'impact sur nous
Pour autant
Que nos espoirs ne nous tranchent
Couteau par couteau.




QUE LES PAGES PLEINES DE POÈMES 
NE TOMBENT DE TES MAINS

A la tombée d'un soir
Quand j'ai senti ton existence
Pour la première fois
Ces pages pleines de poèmes
Étaient tombées de tes mains.

Un vent les avait emportées
J'avais couru à leur poursuite.
C'est comme si les sentiments
S'envolaient vers moi à pas de course
Pendant que je courais avec le vent
Dans la profondeur du soir.

Il y a une photo en toi et en moi
De cet endroit-là
Et un souvenir tout propre
De mes sentiments débordant de poèmes. 




IL N' Y AURA PAS DE FIN

Les rires et les rires aux éclats ne finiront pas
Il n'y aura jamais de fin
Pour ces lignes.

À chaque reflet du soleil sur la mer
Mes sentiments en déborderont
Les vents de ce beau printemps
S'accrocheront 
À mes rêves.

Et où que tu sois
Je te chercherai et je t'aimerai
Éperdument

© Üzeyir Lokman ÇAYCI
traduction: Yakup YURT

______________________________________________________  

Üzeyir Lokman ÇAYCI / uzeyir.cayci@orange.fr
55, RUE LOUISE MICHEL
APPT. 2142
78711 MANTES LA VILLE - FRance

http://albumnocturno.blogspot.com/2007/12/bir-bakasnn-ykn-sana-tatacaklarzeyir.html
http://www.artepoetica.net/CAYCI.htm
http://www.artepoetica.net/poetasinvitados.htm

______________________________________________________

biographie de Üzeyir Lokman ÇAYCI

retour à l'accueil de La Poésie que j'aime ...