Où es - tu ?

Elle se réveille
L'esprit encore en veille
Regarde le grand lit
Se souvient des moments infinis
Sa main ne touche rien
Seul le drap la retient
Une pensée lui surgit
Rose comme un fruit 
Elle ne voit ni son corps , ni ses mains..
Juste son sourire du matin
Elle le dessine
Des mains le patine
Un baiser s'échappe
Doux comme le son d'une harpe
Ses yeux sont clos
Pour le garder dans un enclos
Lui dit des mots doux
Caresse son cou
Ses yeux se dessinent
Tendres elle les devine
Ils ont la couleur de ses rêves
Le temps d'une trêve 
Ses gestes sont comme son regard
Tendres et pleins d'égard
Il ne doit être homme, mais ange
Elle sent ses mains sur ses hanches
Se laisse aller
À son baiser
Le corps prend son dû
De tous ses moments perdus
Puis, son rêve prend fin
Comme la brume du matin
Le bras tendu
Sur l'absent inconnu





Je te regarde,
Te protège comme un garde

Ton visage fatigué,
Efface le passé.

Tu transpires,
Comme la coque d'un navire.

Ma main est là,
Posée sur le drap.

Et tu souffres,
Telle la lumière du gouffre.

Tu voudrais être hier,
Peur de franchir la barrière.

La perfusion se vide,
Dans ton corps aride.

La femme en blanc t'a auscultée,
Des yeux je l'ai écartée

D'urgence tu es emmenée,
Pour être libérée.

Ton corps se compresse,
Mes larmes se pressent.

Et tu pleures ….
De douleur

Après quelques instants,
Un arrêt du temps.

Tu lances un dernier cri,
Et je te souris

…...

Un pleur s'élève
Beau comme un rêve

Sur ton ventre est déposé,
Notre bébé.

Par ses petites mains,
Il te glisse son premier câlin.

Et reçoit comme présent,
L'amour de ses parents.





J'aime la mer du Nord

Qui roule sans se lasser. 
Avec ses brise-lames 
Qui se laissent couler 
Tels des hachures d'encre noir 
Dans la plaine mouvante.

J'aime la mer du Nord, 
Ou le vent balaye des prés de sable jaunis, 
Et nous crée des dunes gonflées, 
Rondes comme des ventres 
De futures mamans

J'aime la mer du Nord, 
Sous un ciel gris ou bleu, 
Et de voir les mouettes figées, 
Suspendues dans l'air, 
Avec comme unique compagnon, 
Les cerfs-volants des enfants. 

J'aime la mer du Nord, 
Avec ses quais et digues, 
Qui tracent de leur profil, 
La séparation des mondes, 
Et par les amarres des bateaux 
Nous fait tanguer

J'aime la mer du Nord, 
Avec sa couverture 
De vent froid et dur 
Et qui nous baigne du parfum 
Du sol des marins 
Et le soir arrivé 
Emporte le soleil estompé

(décembre 2001)





Doux baiser du soir
Déjà marié de noir
À ma petite fleur
Parfumée de 63 saveurs

--------- 

Ne rien demander,
Juste.. imaginer
Être un glaçon
qui fond...
Et se laisser couler..
Sans se presser..
Simplement émerveillé
Par la beauté d'un péché

--------- 

Je voudrais être lui,
Pour t'entendre me dire "Oui"
Du matin à la nuit

--------- 

Je voudrais aimer 
comme une larme de rosée,
Ne vouloir
Que ton parfum du petit matin
Et renaître
sur ton être
dès demain
le temps d'une boucle sans fin.

(février 2002)



 

Écoute ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 

Cette goutte
C'est une larme
Qui n'a pas d'arme
Elle combat le silence
Des mots que tu me lances

Regarde ... ... ... ... ... ... ... ... ...  
 
Je baisse la garde
L'eau coule
Par petite houle
Le visage trempé
Je me laisse tomber

Parle ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...    

La vie est en aval
Explique-moi
Ne me laisse pas être aux abois
Je ne veux de ta pitié
Mais, juste être accepté

Entends ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 

Je ne suis plus celui d'avant
Mais envie de sourire
De marcher jusqu'à en courir
Et laisser le vent
Me pousser de l'avant

Comprends ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...    

La vie est aimant
Elle m'attire
Avec elle, je m'étire
Et je ne veux être la proie
Ni des autres, ni de toi

(16 février 2002)





Les anciens...

Aujourd'hui 
Sous un toit de cheveux gris
Il y a toi
En qui je crois
Ta musique
Uniquement sur les anciens disques
Et ton passé
Commence avant que je sois né
Dans ta boîte en fer
Les photos de tes pairs
Des images de gens hors pairs
Qui ont connu la guerre
Des amis que je n'ai pas connus
Mais que ton cœur a reconnus
Car ta mémoire
Est un livre d'histoire
Ton écriture parfois hésitante
De ta main un peu lente
Nous livre des lettres sculptées
Comme les gardes des belles épées
Tu n'as plus de vraies dents
Comme bien des gens de ton temps
Mais toujours le sourire
Et le vrai rire
D'un être merveilleux
De l'âme de ces lieux
Ton doux regard…..
Est plein d'égard
Sur les nouveautés
Comme sur les nouveaux-nés
Et les rides de ton visage
Soulignent ton bel âge
Mais je ne suis pas là
Pour parler du temps qui s'en va
Mais avant de continuer
Laisse-moi te regarder
Et emprunter un instant
Ton reflet du temps
Je voudrais te souffler
À tes yeux qui savent écouter
Un "je t'aime"
Chaud comme une boule de laine

(18 février 2002)

 

disparu

Assis sur le rivage
Je te dévisage
Toi le rivage
Aux multiples visages
Et ton frère l'océan
Avec sa silhouette de géant
Te caresse ou te fouette
Aux cris des mouettes

Son bateau était comme lui
Et vivait de jour comme de nuit
En attendant son sort
À chaque sortie du port

Depuis qu'il était enfant
Il voulait être l'ami du vent
Pour que ses voiles
Aient le ciel comme toile

Adolescent
L'eau était son élément
Et caressait celui-ci
Des temps infinis

Devenu Marin 
Il vivait au soleil et au crachin 
Et son horizon
Avait bien des prénoms

Puis vint ce matin
Ou il m'a serré de ses mains
Et ses yeux humides
Cachaient des gestes timides

La voile claquait au mat 
Cris sans appel du pataras 
Et toi, tu avais compris
Que tu quittais tes amis

Un geste de main
Étendue d'un refrain
Un geste de main
D'adieu sans lendemain

Assis sur le rivage
Je revois ton visage
Et la silhouette de ton bateau
A rejoint le monde des oiseaux

Pères et mères ,
Depuis toujours pleurent sur cette mer
Qui aiguise ses lames,
Sur des siècles de larmes.

(12 juin 2002)

Je voudrais savoir parler aux fleurs,
pour pouvoir entendre ton coeur
Voler à travers le vent et survoler les océans ,
comprendre ce monde et parler aux géants.
Attraper ta main dès que le jour se peint en matin
N'avoir que le désir de vivre notre futur avenir
Imaginer un tapis de couleurs au cent milles lueurs
M'enrouler avec toi sous l'orchestre d'un feu de bois

Je voudrais ne jamais être avare mais être un gigantesque buvard
Emportant du mieux qu'il le peut avec la force des Dieux
Tout ce sale qui t'empêche d'ouvrir en blanc le bal
Ce mal qui ne serait plus que vieux, plus que bancal
Et te rendre enfin bel oiseau des plus grands roseaux
Volant de tes ailes qui se déploieraient en un seul morceau,
tout là haut, en t'attendant,
en entendant le battement de ta plume sur le blanc de la lune

Oui je voudrais être,
être ce fil par mis les cent milles
à recoudre la déchirure qui t'isole de l'autre côté du mur
te voler de tous ces prisonniers de la liberté d'aimer
et faire de ma main la protection d'un grand parrain
avant même d'aller plus loin, d'aller aux poings.
Guérir tes blessures qui sont trop mûres.
Et rêver de toi être aimé sans penser panser
nos larmes de souffrance qui vivent d'errance
à nous couper, à nous coller ,à nous souder
et pourquoi pas parler d'un amour de bébé

Oui je voudrais être
pour toi cet être

(31 janvier 2004)

Je ne cherche pas un autre soleil
que celui caressant le creux de l’oreille
pas besoin ni envie ..
de tâter une autre vie.

Une lumière en moi est née
avant même de l’avoir désirée.
Elle m’apporte
m’ouvre mille portes.
Et son plus grand bienfait
est de me baigner dans un monde de paix.

Il y a un temps,
une bouche m’a fait vent
« Que les yeux étaient le reflet de l'âme »
silencieux tel un puissant brame.

Depuis j’écoute le regard
dès son arrivée à son départ
Mais seule l'aquarelle que j'ai trouvée sur son visage
Colorie des mots sur mes pages

Je n'ai pas le désir d'écrire à l'encre délébile
sous d'autres cils
car je n'ai qu'une plume ..
à l'encre de couleur de Lune

(septembre 2005)

À l’aube d’un matin
À l’abri sous tes mains
Près de toi seul mon visage s’est posé
Pour un instant qui se voulait éternité

Et le silence est devenu rivière
Murmure d’une plaine en pleine prière
Soudant à tout jamais mon âme et mes yeux
À toi l’eau, le vent et le feu.

(août 2006)

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