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Ténèbres
Les jours coulent
dans une solitude triste et amère
je couds mes larmes
Dans l'attente d'un mot
d'un retour qui n'en finit plus d'arriver
je naufrage dans des eaux sombres
les Ténèbres tentaculaires
ravinent mon être
je meurs de peur,
de chagrins, d'inquiétude
Amour, je te languis
sur mon visage des larmes sèchent
je crie, je hurle
" laissez-le moi encore un peu,
Encore.."
Lassitude
Puisqu'il est trop tard pour recommencer
puisqu'il est trop tard pour aimer
allons mon amour
étendre nos deux corps
usés par les chagrins
près du ruisseau qui chante
à l'ombre des oliviers
je veux m'allonger près de toi
poser ma tête sur ta poitrine
et dormir sans m' éveiller
je suis lasse du combat
ne vois-tu pas que mes yeux
ont perdu leur éclat
que ma bouche n'a plus de sourire
je suis lasse de pleurer
je suis lasse de feindre la joie
je suis lasse de mentir
regarde là-haut
cet oiseau noir qui profile
prêt à m'amener tout au loin
passe le temps,
approche l'heure
sonne le départ
je suis lasse de l'entendre
mon amour garde-moi
endormie près de toi
redis-moi encore et encore
une dernière fois
je veux apporter avec moi
tous ces mots, ton amour
je suis si lasse de partir
mon amour laisse-moi dormir
du sommeil d'où l'on ne revient pas
celui qui
mène vers la lumière
celui qui
mène vers l'au-delà
celui où
mon coeur ne souffrira plus
si lasse ...si lasse

Toi... mon Soleil
Toi, dont le visage est mon chemin d'étoiles
la première fois j'ai vu dans tes yeux le soleil se lever
tu as su faire éclore la rose endormie sous la neige
ce jour-là tu me fis présent de la lune
d'une averse d'étoiles qui depuis
éclairent mes nuits, mes cieux vides
au premier baiser j'ai senti
la terre palpiter dans ma main
comme le coeur d'un oiseau captif
quand de ton corps contre le mien
tu fis naître en moi des frénésies sauvages
tu t'emparas de mes yeux
j'ai vu luire ton beau regard
jusqu'à ton coeur battant
de tourbillons en tourbillons
j'ai cru que notre joie remplirait la terre
jusqu'à la fin du temps
mon aimé, l'amour est un fleuve
où se noie le tendre roseau
il purge l'âme de ses laideurs
il est soif, faim, un mal sans fin
l'amour est une fleur dont tu es l'unique graine
il est aussi un rêve effrayé du réveil
celui qui ne saisit pas la chance d'aimer
ne saura ni la vie ni rien donner
son âme craindra la mort
il n'aura jamais vécu le bonheur
coeur tourmenté n'apprend jamais à valser
si la nuit te semble trop vide
ta route longue et abrupte
si tu crois un seul instant
que l' amour est absent
rappelle-toi qu'au printemps
dort sous les neiges amères
une graine qui demande à fleurir
par l'amour d'un Soleil

Refuge
la pluie sur les carreaux
dépose ses dernières larmes
en cadence acharnée
obsession lancinante
du mot "espérance"
fragiles au vent
les souvenirs d'antan
virevoltent dans l'espace
espoirs oubliés
regrets bafouillés
sourire déjà lointain
on tente de retenir
l'absence se prolonge
et la vie s'éteint
au refuge d'un coin sombre
lieu commun des amants
l'on dépose ses tourments
à la quête du rêve
d'un dernier sommeil
pour ouïr un "encore"
"je t'aime"

Givrure
Sang glacé dans les veines
vide de toute substance
la page demeure blanche
sourde à la plainte
au loin le ciel blanchit
de longues traînées froides de solitude
éclaircissent la pinède gémissante
le vent du nord carde les nuages
invite au sommeil éternel
Sang glacé dans les veines
l'hiver s'est installé
reste à peine une plainte
une gerbe d'amour fanée
cristaux épars d'un bonheur furtif
dispersés en neige folle
angoisse sauvage, tenace
givrure tapissant à demeure
l' antre des erratiques
Pier de Lune©
Pier de
Lune Au
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