† Paule DOYON

est née et habite au Québec. Elle a écrit et publié dans tous les genres littéraires, des romans, des nouvelles, de la science-fiction, de la littérature pour enfants, des contes, des légendes, et, surtout de la poésie. 

Son dernier recueil de poésie publié s'intitule Musiques blanches (Écrits des Forges, Trois-Rivières, mai 2000 )

On peut découvrir un aperçu de son œuvre sur son site:
"Il était une fois l’imaginaire".

Ses publications disponibles aux Écrits des Forges et sur son site.

Paule DOYON


 

Sable et lumière

          
Au fond de tous les abîmes

Dans l’espace des pensées à décrire

          Le langage ancien

La forme conscience.


Marée basse après la pluie, (huile) O. GONET

 

Acrylique - mixed media sur toile, 1998  ( 
92 x 60 cm)
Acrylique - mixed media sur toile, 1998  (92 x 60 cm) Bassam Kyrillos

 

Je ne veux plus serrer la main perfide des phrases

Prêter mon aile à l’oiseau de la douleur

Je vis un souvenir léger, comme une boucle au front

Ni sourire par habitude

Quand mes genoux sont noirs du battement des pierres


Dispersez vous mes larmes !

Ce n’est pas vrai que vos regards sont d’or

Je vis un souvenir léger, comme une pierre au front

Assise, je regarde mon moi derrière la haie

Une ombre plus grande que moi-même

Le soleil ouvre sa nuit claire. Entre deux joies

Je vais tomber, morte contre moi

À genoux le long des chemins.

Ou faisant le tour de la terre

Yeux levés contre les vents immobiles

Au-delà des soleils calmes. Bien en deçà des désirs

Me mêler aux cheveux du temps

Aux noires fleurs des visages

À la lueur des jours éteints.

 

 

Je venais ici pour dire

Qu’il est impossible de dire

Où mène le réel

Car le difficile

Se couvre de vent et de palissades

Au plus profond où il faut descendre

À travers les grimaces du doute

Jeter sa pierre jusqu’au fond marin

Aux quatre coins du gouffre

Ébrouer son corps à la paupière fixe

Derrière les écluses où le ciel devient noir

Se confondre au piège, à la mémoire en délire

Renouer ses saisons pour battre de l’aile

Dépasser la frontière. Presser les mots

Contre la porte du rêve

Tel un oiseau dénoué

 


Bouzigues,
(photographie: 
Alain SOULOUMIAC 

 

Paule Doyon
(Touts droits réservés) 1999)

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