Poème 4


Tel un creux planétaire


Tel un creux planétaire
L'éloignement le pousse
Au bord de l'abîme
Où il rejoint les abysses


Et voilà que surgit du fond du rêve
Le ciel pourpre
Qui s'éclate en émois
Et le consume


Ce vide que malgré les aimances
Il a provoqué
Tel un creux planétaire


Elle était sa Planète
Ses Aires
Son Univers


Elle a foulé ses terres
Il a joué dans les siennes
Il a frôlé son sein gamma
Son corps nacré
Sa chevelure de soie


La folie s'empare de lui
Il mange les oranges bleues
En ce matin de brume
Il hume les roses bleues du rêve
Ainsi le vent qui apporte
Les odeurs de bleuets des forêts rasées


Sur le porche des luttes
Des sans-amour
Et des âmes abattues
Les blessures au cœur
Arrachent la peau de l'âme
Et se couchent les hommes
Écorchés


La vie est à peine à portée de bras
Il prend la rose, se pique
Et fuit


Il fuit le rêve
Pourtant il aime


Pour sauvegarder ce qui reste d'eux-mêmes
Que l'Amour jamais ne meurt
Pour en garder la plus belle part

L'Éternelle

Celle qui les a fait devenir
Flammes, torrents
Qui les a emportés vers les cimes
Au Pyramidion du Monde
Jusqu'à ce qu'ils se perdent
Dans le Grand Fleuve
Heureux, amoureux
Jusqu'à ce que l'horizon
Se marie avec le ciel et la mer
Là où ils s'y sont perdus à jamais
Ensemble
Au lieu où tout se confond
Elle, lui, le jour, la nuit
Dans ce no man's land des passions
Héritiers de la Divinité
De l'Éternité, du Rêve
Et
De la Vie



Elle

Son premier et dernier Sourire
Son premier et dernier Poème
Son premier et dernier Baiser
Son premier et dernier Émoi
Son premier et dernier Rêve

Elle



Ne reviendra pas
Se perdra
Dans le creux planétaire
Qu'il a creusé
Par pur Amour



Ode, Anse St-Pierre


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