Poème 4

L’air frais du Nordet
Se fait sentir au petit matin
de fin août…
Les doigts du Vent
du Fleuve
frôlent mes cheveux
les emmêlent…
Quelle jouissance
que d’être encore là
à regarder l’Immensité
traverser les pierres
du Temps…
L’air vivifiant
pur, pénètre tout mon être
l’heure du départ
des adieux
des déchirements
arrive…
Je suis conscience
de n’être qu’une seconde
qu’un papillon blanc
qu’une éphéméride
dans l’espace-temps
et sa Source…
Je vis pleinement
ma seconde
ce peu de temps alloué
face à la Lumière
et mon cri intérieur
exulte l’instant…
Le Jour passe
impavide en ce lieu…
La plante sauvage
noctiflore attend
que le Soleil
se cache derrière
les montagnes
de la Rive-Nord
pour s’épanouir
à la nuit…
Offrande de sève
à la démesure
du Grand Fleuve
qui portera la vague haute
rageuse, originelle
dans peu de temps…
Mais je serai repartie
vers mes aires
dans mon antre
ou Il vivra encore
plus intensément
et me dira
les Mots Mystère
de l’écriture
ainsi les œuvres
à créer pour le poète…
Dans le Feu créateur
les saisons froides
passeront si vite
que je vais me retrouver
au Printemps
de l’autre côté
des Grandes Eaux
sur l’autre Rive
pour y embrasser
mes Amis
et revenir le cœur
rempli d’Amour
à raconter
…à mon Fleuve…

Ode©