Olivier Bastide

 

habite le sud de la France.

Déjà parus:

  • de BestiAire aux Solicendristes,
    99 Bld des Mians 84260 Sarrians France

  • Certitude première, les Solicendristes
    collection Le Texte est un millefeuille,
    99 Bld des Mians 84260 Sarrians France

  • Parage,
    dans le n°51 de la revue Soleils et cendre,
    99 Bld des Mians 84260 Sarrians France

  • Extraits de BestiAire,
    accompagnés d’une présentation de l’auteur
    dans le n°110 de la revue Décharge,
    Jacques Morin 3 rue d’Auxerre 89560
    Courson-les-Carrières France

  • Articles de ménage et de bazar,
    dans Polder, revue Décharge n°114,
    Jacques Morin 20 rue du Pâtis 89130
    Toucy France

  • L’Arpenteur les Solicendristes,
    collection Le Texte est un millefeuille,
    99 Bld des Mians 84260 Sarrians
    France

Olivier Bastide nous informe que son site
Dépositions est maintenant déménagé:

http://perso.club-internet.fr/obast

Il nous offre ici un recueil et images intitulés Bages,
(étang lagunaire proche de Narbonne dans le Languedoc, France) .

 

 

 

 

 

 

Bages I

Au commencement, le noir. L'horizon entreprend le péril et les ombres. L'imbrication dérive du chaos. D'une dorsale affleurante, la terre conquiert les flots. L'homme est en devenir.
Mille grains capturent l'aurore ; les stries s'enorgueillissent du calme décelé. Déjà, des collines sérieuses bornent l'horizon ; des bois creuvés de sel rêvent à demain.
Entre l'inaltérable et l'advenu, la ligne court au terme sombre, déterminée. Pour décider du jour, l'obstacle est à paraître. 
Par le chagrin reconnaissant, l'enfant dégorge ses pensées aux limbes des défunts avant de disparaître.
 

 

Bages II

Les herbes s'effarouchent aux grèves de l'étang. Battues du plat soleil d'octobre, elles croient l'eau et le sable. Dans le déclin, l'œil pertinent. 
Des mots battus, l'horizon pauvre. L'imprudence s'avoue au front inaccessible.
Au détour des marais, le soleil désœuvré, un chien perclus de doutes. Silence. L'odeur forte des flaques. L'orgueil suave du poète.

 

 

Bages III

Dans l'angle erroné du soir, la lande courbe l'âme rétribuée. Je fuis la langue rêche du couchant, le balancement froid de l'étang à l'heure éteinte sous le vent. Je laisse mon radeau au sel, à la nuit. Personne ne saura ma disparition. 
Persuadé de pourrir planté sur mes deux pieds, la vase engourdit mes orteils. Je connais l'étreinte avant-coureuse, le pressentiment souple d'éternité ; je connais la clôture.
Quelques flamands imperturbables fouillent leur certitude. Les graviers griffés à la vase, les buissons courts, la flaque errante, partagent l'oubli.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bages IV

Il est un automne oublieux des rosiers, amant des immondices. Au soir apprenti du meurtre, l'homme égrène sa colère. L'obscurité annonce les frasques étonnés du matin. L'agitation conçue du souffle s'achève sur la plage ; les badauds écartés du nord-ouest subissent l'accalmie. L'enfant n'a pas sa place ici.
Face à la Tramontane, la grève de l'étang s'abandonne aux salins. Les pas enfouissent l'orgueil sous la bave arrondie et vivante. La tragédie s'affronte, farouche, sur la table d'avant souper.

Avril 2001

© Olivier Bastide / obast@club-internet.fr - Dépositions 

 

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