Mon dieu de père

 

Mon dieu à votre offrande cupide,

imprévisible, inconstante et miséricordieuse,

vous auriez ouvert l'abîme,

sans le feu de derrière la vitre abyssale - qui avait frappé.

Il était dieu, je devais quelque chose à ses feux !

Intervenir, amoureux, se battre, tenir, fatiguant l'embrassade à son embrasement nébuleux...

Le mensonge avait fait ses oeufs - escargots mouchetés de braise - mes jeux ?

À la porte, choquée par sa laideur, la troupe entière à l'accueillir - ce dieu disant sa maladresse... paraissant deux.

Un mot de chantage presse ?
 

Un risque à prendre avant l'aveu ?



Et cet avent de ma détresse, précipitant parmi les dieux...

 

Mon dieu, je vous ai perdu sans finesse, mais le parcours est assez leste, assez targué de ma sagesse, et de vos doigts aventureux.

Mon dieu, sans la profondeur de ma nuit, vous aurez souffert ma tendresse, vos bras trop longs pour la caresse.

Mon dieu de père absent lorsque de la prise à la main de fer... je vous aime !

Éclabousssure de sang, ma mémoire entière confiée à l'abîme, mal entendant, suturant et blessant le coeur de l'autre, j'ouvrirai d'abord la plaie, pour en extraire à la pince ce jaune aventureux, vacance de l'amnésie... et ventre malchanceux...

 

Sourire foetal aux insensibles à l'autre d'autres incapable de la mise en cause et douleur à sa chair désossée... tout est étranger.

 

Sexe, outrage à l’amant - ouvrage de suie. Mon sexe indissociable, humble mirage au cordage qui trahit, vous m’encombrez de vers zébrés… je vous aime à présent. Vous m’aimez damnée. Malingre répétition de paons, cela - redites-le souvent segment amical ! Vous croyez simplement, sans être jamais sûr.  Je sais comment vous profitez de cet instant où j’entends. Je barre pour émietter face au vent, car je veux vous quitter, un temps. Solitude. Les mots simples et tranchants, je tremble et vous assure n’entendre pas vos murs... Je suis au masculin quand une colère m’étreint. Je crois que je n’arriverai pas à prendre la place qui m’appartient. Il est si beau qu’il n’en fait pas souffrir… Le laisser au hasard ? Il est des mots qu’on étourdit... Des corps longs à s’éteindre… Si prompts à la saisie. C’est un livre très féministe assez bon… et redoutablement machiste, plutôt long.
 
© Marie-Gabrielle Montant

(extrait de "Impair en Pair",
recueil de quarante "feuilles" que l'on peut retrouver sur son blog:

 http://mariegabrielle.hautetfort.com

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