jésuite belge de 31 ans. Il étudie la théologie à l'Institut d'Étude Théologique de Bruxelles. Il enseigne en même temps la philosophie à l'institut Hemes-Gramme, charmante école supérieure d'ingénieur industriel, dont il est sorti diplômé (paraît-il) en 1991. 

"Ingénieur, philosophe (et apprenti théologien) une combinaison détonante qui, au regard des spécialistes, pourrait bien indiquer que je ne suis ni l'un ni l'autre" dit-il. Puis, il poursuit: "l'avenir dira sans doute ce qu'il en est réellement." 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Ces textes furent écrits sur l'espace d'une année et procèdent d'une seule inspiration. Un voyage en Irlande et l'émotion profonde de deux découvertes : la sensualité de la mer et l'âpreté des landes marécageuses.
Deux lieux se rattachent à cette expérience : la presqu'île de Howth et les monts du Wicklow." 


Paul Malvaux

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Écoute la mer
Frémir son ventre immense
Aux alizés
Elle offre aux falaises blanches
L'interminable paresse
De ses baisers

Écoute la mer
Gémir son écume tendre
Sur les rochers
Elle achève à la marée montante
Les noces païennes
Des corps abandonnés

 

LES REMPARTS  (aquarelle 26X36)
LES REMPARTS  (aquarelle 26X36),  V. A Chemsi

 

 

 

 

 

 

Caresse
De la brise
Sur ton corps 
Étendu

La nonchalance du jour
Peut s'éteindre à l'horizon
L'océan s'enflammera de ton regard
Où je lis ce nom
Qui me fait tienne.

 

Accueillir
L'inattendu
De ta venue
Au point du jour
Comme un merle avant la pluie
Une bourrasque avant l'orage
Ouvrir le coeur à ton passage
En impromptu.

 

 

Ton corps se dessine
Dans le miroir entrouvert
De nos serments

Ton nom s'écrit
Dans les méandres courbés
De nos enlacements

Délicate et fragile
Tu as recouvert
La nuit de nos passions
D'un voile translucide
D'acquiescement.

 

 

Ample respiration du monde
La brume monte de la vallée
Lorsque seul, à la nuit tombée
Je veille.

Couché au flanc de la montagne
Je regarde s'agrandir
La houle grise et m'engloutir
L'ouate sourde du silence.

 

Maigre collier
De souvenirs
Au fil


Décomposé

Fragments épars
De fulgurances
Au gré de rêves
Délibérés

Vous peuplez
Mes somnolences 
D'arabesques 
Brisées.

Sentir
Le poids
De tes yeux
Sur mes épaules
Nues

Surprendre
L'émoi
D'un sourire
Par mégarde
Attendri

Cueillir
L'épuisement
Du jour
Dans la fraîcheur
De ta main
Sur ma hanche
Appuyée.

 

Communier
À la douceur
Du crépuscule
S'envahir
Des parfums
De chênes verts
Au soir tombant 
Sur la colline

Jubiler
À l'intérieur
D'une infinie reconnaissance

Recevoir
En cette heure tardive
L'apaisement.

 

Mais tu n'auras jamais
Pèlerin de bohème
Que l'appétit des ogres
Pour te rassasier
La grimace d'un pantin
Pour te dérider
L'abîme de la langue
Pour te balbutier...

 

 

 

 

Vomissure, vomissure
Sentiment immense
Atrocité

Verbissure, verbissure
Angoisse intense
Aspérité

Gerbissure, gerbissure
Flasque arrogance
Exorbitée

O meurtrissure
Inguérissable
Humanité.

S'illumine
À nouveau
La ville
En milliers
De lucioles blanches
Où je devine
Les traits esquissés
De ton visage
Endormi.

Folle
Danse
Des esprits
Dans la pénombre
Tournoyante

Tombent
Les corps
Aux pieds
Des tambours
Échevelés

Coule
La sueur
Luisante
Sur les peaux
Anthracites

Sombrent
Les consciences
Obscures
Dans la nuit
Déchirée.

DANSE 
(pastel 50X65)
DANSE  (pastel 50X65), V. A Chemsi

 

Long ruban gris
Jusqu'à l'horizon
La route s'étire
Incertaine
Entre les débris de lande
Et les forêts sans nom
À la poursuite obstinée
D'un autre bout de monde.

 

 

 

 

Élargir
Le temps
Dilater 
L'horizon
Défier
Les présages
Durer
Au delà du présent
Désespérément

 

L'oiseleur
Du langage oublié
A capturé les mots magiques
Qui font danser les étoiles
Dans les yeux
Des enfants endormis.

Le brocanteur
Des mélodies perdues
A réveillé les notes enfouies
Qui font chanter les fontaines
Dans les songes
Des bambins étourdis

Enchanteurs de l'imaginaire
Vous avez passé au cou
De la princesse Laura
Un collier de paroles
Plus précieuses
Que les perles de l'innocence.

VOILES  
        (pastel 50X65)
VOILES   (pastel 50X65),   V. A Chemsi

 

 

Quand les pleurs
Et les bruits
S'éteignent

Quand la peur
Et la nuit 
S'étreignent

Renaissent
Les cauchemars
Nacrés
Cendres froides
De nos sourires
Figés.
Arbres morts
À l'écart de la route des hommes
Silhouettes tordues 
D'anges déchus
Enchaînés à la terre
Et maudissant le ciel
Vos os blanchis
Aux gifles
De la bruine
Se dressent
Sur la Fagne
Assoupie
En gardien douloureux
De toute solitude.
 

Je voudrais suspendre les mots
Au fil mouvant de l'invisible
Au fil ténu de l'indicible
Et dans l'instant saisir parfois
L'éternité rejointe en moi

Je voudrais surprendre les mots
Murmurer l'étrange histoire
Du monde en leur miroir
Et dans l'éclair
Chanter sans voix
Leur mystère rejoint en moi

Je voudrais rendre à ces mots
Leur poids perdu de sensation
La joie de nous redire le nom
De celui qu'ils portent caché
Dans leur écrin d'ambiguïté.

 

 

 

Audace peureuse
       Tendre
       Fauve
       Éprise
Leurs lèvres ne se touchent
Leurs doigts ne se frôlent
Leurs corps ne se joignent
Qu'imperceptibles
Au poignard des autres
Croissant de lune
Ombre chinoise
Cambrures de femme
Amour gibbeuse.

 

Étoile filante
À mon horizon
Confidente d'un soir
Je resterai
Dans l'ombre de ta destinée
Le mendiant
De ton regard.

 

COTEAUX PYRÉNÉENS 

(aquarelle 26X36)
COTEAUX PYRÉNÉENS  (aquarelle 26X36),  V. A Chemsi
S'enfuient
Les nuages
De septembre
Au sommet
Des collines
Grises
Abandonnées
À la garde
Des anciens
Tour à tour
Bergers
Sentinelles
Fossoyeurs
Des tombes
De pierre
Et de soleil.

L'argile
De ta candeur
Esseulée
Embaume
A l'ombre 
Des feuillages

Et l'onde fraîche
Qui coule
S'enroule
Déboule
De vasque
En vasque
Revêt
Ta nudité
D'un corsage
De transparence
Fluide

Et la rivière
De mon désir
Sourd
Aussi claire
Obscure
Qu'un cristal
D'albâtre.
Pleurer
Des larmes de sang
Sur ton sexe endormi
Après la douceur de la pluie
La marée, l'océan
Et la plainte aussi.

Glisser l'une en l'autre
Et puis
T'ouvrir un univers béant
Fondre entre tes bras transis
C'est bon d'être en tes mains le fruit
C'est bon d'être ton corps aussi.

S'aimer encore,
Sans bruits, sans cris,
Enlaçant nos nuits d'azur
Abandonnant nos murs
Que j'aime le bruit du vent
Et le goût de ta peau
Et le poids de ton dos,
Et l'étreinte 
Et tes mots aussi.

 

SAÏDIA  
        (pastel 50X65)
SAÏDIA   (pastel 50X65),  V. A Chemsi

Il y a des paysages
Qui demeurent dans nos regards
Des falaises, des torrents
Des plages.
Et puis,
Un sourire perdu,
Une mèche de tes cheveux
Rebelle entre mes doigts,
Tes yeux.

Il y a des souvenirs
Qui se rappellent à nos espoirs
Des montagnes, des forêts
Des îles.
Et puis, 
Une blouse entrebâillée,
La pression de ton bras
À ma taille,
Ta voix.

Il y a des passages et des mourir,
Des aller, des revenir
Des lâcher, des retenir
Il y a toi,
Et l'oubli lent à venir.

 

Épuisé de moi
Lassé d'effroi
Je t'ai offert
L'image d'un miroir
Brisé
Sarcophage
Abandonné
Aux bras tordus
D'un fleuve géant
Jusqu'aux portes
De la mer.
 

 

 

 

Rideau tiré
De grand matin
Sur un ciel clair.

Parfum saisi
Au détour d'une haie
D'aubépine.

Jubilation
Passagère
D'un instant
À mots couverts.

Chemin de sous-bois
Écrasé de chaleur
Et de silence.

Tapis de jonquilles
En pelouse
En myriade.

C'est le vol d'une mésange

Messagère
D'un printemps
À corps ouverts.

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