Marie-Amélie Chavanne

conservateur de bibliothèque, est née dans un jardin fleuri, aux couleurs de poésie, de peinture et de musique ; elle y a grandi.... Pour effacer la monotonie des jours, elle recherche le plus souvent l'ombre rafraîchissante de ces trois piliers, avec en prime le plaisir authentique des livres.

Elle aime à lire toutes sortes de poèmes, des romantiques aux plus récents, sa préférence allant de la décadence à la modernité et certains contemporains quand ils ne tombent pas dans un hermétisme voulu...

Bref elle croit n'être de nulle part et se classerait pense-t-elle en néo-lyrique, intimiste ou autres qualificatifs incertains.
Publiée aléatoirement sur divers sites, dont le Club des poètes, Ecrits..vains, Patrick Simon, Cyber-revue de la poésie, on peut la lire sur le site de François Chavanne - Poésies et aquarelles

 

 

Je t’aimerai 

Je t'aimerai dans le vent
Sous le ciel tendre du printemps,
Dans la blancheur des lilas,
Dans la douceur des roses...
Je t'aimerai dans le chant de l'oiseau
A l'ombre frêle du feuillage,
Sur la pierre chaude et nue
Dans le soleil brûlant,
Dans le frisson de l'herbe
Et le cri de l'insecte...
Je t'aimerai le jour et la nuit,
Dans le calme et dans l'orage
Sous l'étoile éveillée,
Dans les brumes du soir
Et les matins de rosée,
Dans le sourire et dans les larmes,
De toutes mes forces je t'aimerai...


-----------------------------------------

Exil
 
Attendre le soir
Que sombre le Soleil,
Que sur la mer expire le crépuscule,
Regarder s'éloigner le dernier vaisseau,
Ombre lente et grave à l'horizon,
Sillage de douleur et de rêve...
Suivre le vol fou des grands oiseaux sauvages
Ivres d'écume et de tempêtes,
Puis, las des tumultes,
Repliant doucement leurs ailes blanches
Pour retourner à la nuit des eaux...
Écouter le chant profond des flots,
Voix nostalgique de l'éternel exil
Où voyagent les songes,
Où s'engloutissent les astres...
Dériver loin de la terre,
De ses fracas,
De la tristesse humaine,
Oublier,
Ne plus se souvenir,
Ne plus respirer,
Se rendre au souffle des vagues
Et dormir
Où ne fleurissent que lumière
Et poussière d'étoiles...

-------------------------------------

NOCTURNE
 
C'est au bord de l'étang
Que je viendrai te voir,
Au bord de l'étang
Quand tombera le soir,
A l'heure où passent les anges
Dans le frôlement furtif de leurs ailes blanches...
Au bord de l'étang, je te chercherai,
Quand s'endormiront les oiseaux,
Me souvenant de ton visage...
Au bord de l'étang
Près de cette eau si pâle et profonde,
Songe nocturne, douceur de limbes...
Dans le silence et les roseaux, je resterai,
Là, toujours je resterai,
Pour te chérir encore
Et te pleurer...
 
--------------------------------------------
 
Silence

Lumière et silence
Ton beau visage sur l'eau calme,
Silence de l'eau,
Sur l'eau soyeuse
Où reposent les mouettes,
Où s'endorment les cygnes.
Silence du ciel
Où s'en vont les nuages,
Long voyage solaire,
Rêve doré d'éternité.
Silence de l'arbre
Et son ombre fragile,
Imperceptible murmure.
Silence de ton regard,
Ensoleillement de ton âme.
Lumière et silence,
Seul ce chant d'amour,
Le chant doux et solitaire d'un oiseau.
 
-------------------------------------------

invocation
 
Laisse-moi contempler ton regard,
Ton regard où s'attardent les nuages,
Que traverse un doux vol d'oiseaux,
Beaux oiseaux tristes aux ailes de naufrage
Qui s'en reviennent
Pour mourir dans le couchant...
Laisse-moi m'enivrer de ta voix,
Ta grande voix qui déchire l'espace,
Qui me blesse et m'apaise,
Ta grande voix
Qui fait trembler les étoiles...
Laisse-moi m'étourdir de ta splendeur
Pour oublier la terre
Et ses souvenirs...
Dans ton ombre laisse-moi dormir,
Près de ton âme reposer,
Laisse-moi l'éternité,
L'éternité pour t'aimer...
 
---------------------------------

Soir

Sous la lune ronde et blanche
Dans la tiédeur crépusculaire,
L'oiseau s'est assoupi.
De l'herbe obscure
Comme une antienne solitaire
Fuse le chant du grillon.
Partout, des ombres chaudes et mouvantes,
Bruissements de feuillages,
Ô sortilège nocturne...
J'écouterai tes pas,
Tu viendras,
Enchantement de ton sourire,
Et je sais que plus grave et profond
S'ouvrira ton regard,
Quand soufflera le vent du soir
Et que de la terre attentive
Montera
Le parfum doux et troublant du lilas

____________________________________

image: Marie-Lydie Joffre

Retour à l'accueil de La Poésie que j'aime...