Photographie: Edoard LeBlanc

Printemps qui tarde à venir 


Quand les glaces seront prises 
Que l'hiver s'éternisera 
Sur les bouscueils du débari * 
À zieuter les glaces dégolfées
Mon âme partira à la dérive 
Attente d'un printemps véritable 

Quand nos distances seront prises 
À nos pudeurs préservées 
Nous nous attendrons l'un l'autre 
Protégés sous nos armures 

Sans prévenir et d’insouciance 
Partirai accroché à la banquise 
Loin des préoccupations mondaines 
En dérive sur nos mers indéfinies 

Maintiendrai ces distances 
Décontenance... 
Notre printemps qui tarde à venir 

Te reviendrai vaincu 
Par la douleur de nos absences 
Et l'on parlera... parlera... 
À rapprocher notre amour 

Edouard 
6\86 



* bouscueils : amoncellement de glaces 
* sur le débarri : sur la partie fixe de la glace attaché à la terre qui ne se déplace pas par les courants et le vent.