Henry-Paseph M. Jotrick nous offre

allons là où peu osent aller

 

 

 

 

 

 

 


L’AUTOMNE

J'ai hâte aux belles journées d'automne pluvieuses où les couleurs et la fraîcheur de l'eau sur ma peau me donnent l'impression de respirer un air pur ! Et où mon esprit pourra sortir de moi pour admirer de haut ces couleurs flamboyantes sous lesquelles se cache la nature qui se prépare lentement au long sommeil d'hiver !Températures suffisamment fraîches pendant lesquelles les gens recherchent la proximité, autant pour se garder bien au chaud que pour se soutenir d'une tristesse provenant du profond sommeil de l'âme qui approche et d'où émergent de grandes prises de consciences aussi dures qu'apaisantes ! Pour les couples, des moments doux et privilégiés où le moindre sourire brûle et où chaque instant de bonheur devient unique et plus qu'intense ! Vive l'automne pour son immense contradiction de bonheur et de froid, de tristesse et de chaleur, éphémère et éternel !

 

 

 

              L’ENVOLÉE

 

                                  Ô, joie soudaine

                                                             Qu’advient-il ?

                                                                                       Il y a un instant

                                                             J’étais souffrant

 

Ô folie soudaine    Que m’arrive-t-il ?    Il y a un instant

J’étais dément

 

Mais regarde    Regarde sous mes pieds    Ils ne touchent plus le sol     Et la terre s’éloigne de mon vol

 

         On m’avait enfermé

Avec des fous

     On m’avait ligoté

        On m’avait sacrifié

Mais je vis toujours

Même si je m’envole

Moi que vous aviez délaissé

Moi que vous aviez enterré

 

Je vis la nuit, je vis le jour    Même si dans mon vol    Vous ne me voyez plus    Ne m’entendez plus

 

C’est simple, vous êtes libres

Libres de moi, moi qui fus libre

J’étais malade, certes   

Et je suis mort, certes

Mais non, je n’y suis pas

C’est moi qui suis libre

Libre de vous hanter

Libre de vous protéger

 

En fait je ne sais pas    Si en vie, j’étais libre    Je voyageais au loin    Dans les esprit de mon recoin

 

J’allais et venais

Au gré des vagues

Sur l’eau, je volais

Sur l’air, je voguais

 

J’allais où bon me prenait    Les idées toujours vagues    J’élucubrais un monde

Déjà, je n’étais plus de ce monde

 

J’entendais de mes yeux  

De petits êtres effrayants

Je voyais de mes oreilles  

Des papillons sans ailes

 

Je vivais croire à deux      Aimant, aimé, amant      Mais seul m’éveillais

Dans ma cellule je souffrais

 

Je touchais de mon nez

Les arbres des feuilles

J’humais de mes bras

Le souffle des lilas

                         J’aurais pu tout créer

Non que je le veuille

  Mais je suis Dieu

Mais je fus Dieu

 

 

Je suis fou, je suis fou    Me suis mis à y croire    C’est de votre faute    C ’est de votre faute

 

C’est fini, ne suis plus fou

C’est fini, n’y crois plus du tout

Puisque je suis mort

Je m’envole,  je suis mort

Et après ???

 

 

 

VAS-TU M'AIMER ?          

La pluie fait éclater ma tête    
Mais il ne pleut pas     
Le feu brûle ma quête      
Quête de je ne sais pas       
Nuit sombre désolante        
Engourdit mes tourments         
Souffrances sanglantes         
Me délaissent un instant        
Je me prends à rêver       
Souffler un espoir      
Vas-tu m’aimer ?     
Ou me laisser dans le noir ?    

    

 

 

 

  L’ÉVEIL !

Lever du jour : Moment crucial où le rêve se transforme en néant… ou devient réalité. Mais qu’est-ce que le rêve ? Le rêve duquel je parle n’est pas seulement une idée irréaliste qui nous tenaille les tripes en nous laissant finalement devant l’aliénation de ne rien pouvoir y faire pour le rendre vrai. Le vrai Rêve dont je parle est celui que tu fais les yeux ouverts. C’est celui qui fait vibrer les fibres les plus fines de ton cœur. Celui qui te suit partout, sous le soleil ou sous la pluie. Dans l’ivresse ou dans la douce folie d’être toi. Un Rêve qu’est celui d’être aimé. Mon Rêve est toujours aussi intense, il n’a qu’une raison d’être… se réaliser.

 

Du plomb pèse sur mes paupières,

Le soleil lance ses premiers rayons

Je dors, milieu clair sans lumière

Je rêve, un rêve si doux, si bon.

 

Bien que mon rêve soit si apaisant, si plein d’espoir et de vie. Une ombre le couvre, une ombre sauvage et blessée. Une ombre sortie des entrailles de ma folie…

 

Ombre de peur    Quitte ce rêve    Ne soit pas leurre    Quitte ce rêve

 

Oui je sais,

Trop souvent

Les yeux, on m’a crevés

Trop souvent

Mon cœur fut tenaillé

 

Par des couteaux de mensonges

Des lames de hontes

Traîtrise sans songes

Morsures de fonte

 

Ne sont point terminées toutes ces souffrances ou devrai-je encore en subir davantage ? Oui, une ombre, l’ombre de la peur, la peur d’être trahi, la peur de souffrir d’avoir aimé, la peur de souffrir de n’avoir point été aimé. La peur de sortir brutalement de ce rêve. Éviter ce réveil brutal… comment ?

 

Est-ce qu’on apprend à rêver

Est-ce qu’on apprend à aimer

Est-ce qu’on apprend à être aimé

 

 Si oui, dites-moi

Comment sait-on qu’on a appris

Quelle est cette loi

Qui empêche un réveil à la vie

 

Combien de fois

Combien de blessures

Pour apprendre cette loi

Loi de torture

 

Mais encore, jamais je n’aurai cette certitude… Je ne cesserai sans doute jamais d’apprendre. Je souffrirai encore, c’est certain. Mais je souffre avec espoir. Je souffrirai de la peur jusqu’à ce que je parvienne à me réveiller de ce rêve. Oui, l’éveil… Moment crucial que je ne vivrai pas de mon vivant.

 

Du plomb pèse sur mes paupières,

Le soleil lance ses premiers rayons

Je dors, milieu clair sans lumière

Je rêve, un rêve si doux, si bon.

 

Lorsque j’ouvrirai les yeux,

Un sourire me regardera

La tendresse dans les yeux

Le soleil illuminera

 

 La peur aura peur       Ce sera le début     Début de la fin des leurres     J’aurai atteint mes buts

 

J’aurai aimé        J’aurai été aimé        J’aurai appris        Appris la vie

 

L’éveil        L’espoir         L’amour

 

 

 

 

       LE BRUIT DES ROSES

La verdure et l’électricité
  Deux ingrédients de panique
    L’un la correction, l’autre à savonner
     Une pomme de terre antique
      Peinte au crayola
       Dans un cadre de bois
        Avec le cœur d’un diamant
          L’imagination d’un serpent
           La sagesse des étoiles
Dont l’orage est la couverture
Sur ton corps lève le voile
Alors que prend forme ta peinture
Le blanc de tes yeux
             De tes yeux verts
             Transparaît de bonté
Et me laisse tel un vieux
Ni sage ni pervers
Qui sirote un bon thé
Tout comme l’insecte
         Qui taille sa maison
        Dans le bois infecte
       Le cadre regarde le vieux avec passion
      Rêvassant au bruit des roses
     Son enfance danse dans sa tête
    Tant de proses
   Furent écrites
  Clair de lune ou chandelle allumée
Sur un vieux, mort électrifié

 

 

 

GRAVURES

   J’ai découvert au creux de ma main
     Un ange, un démon, un cri de rien
       D’une lame y était gravé ton nom
         Et traînent les épines d’un rosier
           Je m’enfuis dans un abîme sans fond
             Sans espoir de retrouver celle que j’ai aimée
             Grava dans mon cœur son nom près du mien
           C’est pourquoi je me cache si loin
         Afin que personne ne me vole les vestiges
       Les gravures de ma main qui se figent
     Gravures de mon cœur
   Qui à petit feu se meurt.

  

 

 

 

 

L’ANGE QUI AVAIT BESOIN D'UN GARDIEN


Une ange aux ailes bleues

Le teint pâle mais toujours vivante

Le corps nu, sans perversion

Marchait sous le soleil de l’aube
 


Ses yeux vides cherchaient l’amour

Son cœur battait de tristesse

Elle se sentait affaiblie par la solitude

Et nul ne semblait même la voir

 

Le jour passait et ses ailes s’effritaient  

Bousculée par le vent, repoussée par la lumière

La flamme en elle s’éteignait lentement   

Elle avait vu tant d’horreur

 

 Sur le front de l’Iran elle avait durement donné

À ces milliers d’enfants, envoyés en chair à canon

Traités en esclaves, entraînés par violence

Elle avait été une témoin impuissante

Elle ne pouvait arrêter les balles

Elle ne pouvait cacher à la vue des enfants

Ces cadavres, ces mourants, ces amis disparus

Elle ne pouvait arrêter les bourreaux 

Ni freiner les canons

 

 Hantés de ces images horribles,     De ces cris d’enfants détruits 

Elle errait cherchant un refuge, un exutoire



                                           Le soir tomba,
                                           Il se pencha sur son aile
                                           La prit dans ses bras
                                           Enfin quelqu’un la voyait, la comprenait
                                                                   Elle pleura sur son épaule
                                                                   Elle frappa sa poitrine

 

Il ne broncha pas, ne la consola pas     Il était là, gratuitement, pour rien
Il partageait sa douleur    Ressentait sa flamme si faible
Les yeux fermés, ils restèrent longtemps ainsi
Assez longtemps pour que leurs flammes renaissent
Assez longtemps pour qu’ils retournent combattre
Lui parmi les humains,    Pour dénoncer, crier, faire comprendre
Elle, parmi les enfants qui ne la voyaient pas
Ces enfants qui continuaient de mourir
Qu’elle prenait dans ses bras
Pour leur offrir, lors du dernier souffle
Le réconfort qu’elle a reçu,
L’amour qui brûle ses ailes bleues

                                                                                                       © Henry-Paseph M. Jotrick

 

 

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