Je suis vos yeux qui lisent,
votre cœur qui bat,
votre désir d’oublier ces quelques lignes
ou votre main qui déjà réécrit
cet apparaître verbal.


UNE CORDE
fantaisie

Une corde blanche

C'est tout ce qui reste de lui

Le pêcheur d'étoiles

Et de poissons-chats

Vie fugitive

Il aurait voulu plonger

E t e r n e l l e m e n t

Mais les dieux n'écoutent pas

 

 

 

 

 

 



Le ciel de ma fenêtre bleu de Provence avec de grands morceaux d'ouate qui se baladent là-bas sur les courbures du bois de pin
De grands morceaux de vent et d'idées qui passent et qui repassent
Livres des courants d'air et des feuilles d'herbes
De ma lucarne ce ne sont pas ardoises du toit que j'entrevois
Mais patience du coeur et amis envolés
Et - peut-être est-ce le ciel de ma fenêtre- ce qu'on appelle douceur.


 

LE MONDE on ne sait plus trop comment l'aborder: fable, machine, creux, cosmos, rien d'autre?
Si. Parole et Silence. Ce qui s'écrit ou Ce qui s'efface. Sang et sel.
Et aussi: la motte de terre, le galet, l'étrangeté d'être et de n'être plus, les étoiles que l'on voit et qui ont explosé depuis belle lurette, la troisième planète dans la zone périphérique gauche de notre galaxie, le hasard quantique, le chat de Schrödinger et la décohérence.
Mais on peut aussi monder: le tour du jour en 80 mondes, l'origine du monde de Gustave Courbet, l'autre côté du monde, la rat qui s'est retiré du monde, la vie monde d'emploi...
Le monde, on ne sait toujours pas, ombre et lumière, écorce et coeur...
Au demeurant, un nuage passe et il change le visage de la terre, énigmatique, où est le monde?

 

 

CETTE PART DE RÊVE BLEU

Cette part de rêve bleu indéniablement

Cette part de rêve entre les lignes

Cette part de rêve inversé

       Pyramides ouvrant vers le ciel de l'autre Mexique

Cette part de rêve qui ancre le silence

Cette part de rêve qui prolonge l'Univers

Cet infini turbulent d'Henri Michaux

Cette part de rêve qui abolit le rêveur

Cette part de rêve qui échappe à l'Histoire

Cette part de rêve échoppe du langage et miracle de Lascaux


Cette part de rêve secret

      Et ne raconte à personne le mauvais rêve !

Cette part de rêve d'un étranger qui nous rêve

      De l'autre côté du pont

      Dans les reflets du fleuve Insomnie

      De l'autre côté des ressemblances

Cette part de rêve sans rêve

      Plat La barque sur le sable

Cette part de rêve excentrique

      À cheval sur la comète qui traîne son phare millénaire

Cette part de rêve sans objet

Cette part de rêve anonyme

Cette part de rêve sans argile et sans étincelle

      Pour réanimer le vieux cadavre

Cette part de rêve noir

Cette part de rêve inépuisable

Cette part de rêve classé dans la chemise Kafka

Cette part de rêve sans dernier mot sans arbre où se poser

      BLEU INDÉNIABLEMENT
 

 

 

LA POÉSIE DE LA POÉSIE

La poésie de la grammaire est la grammaire de la poésie écrivit un certain Jakobson ce qui nous permet d'inférer les propositions suivantes

La poésie de l'Utopie est l'Utopie de la poésie

La poésie du désespoir est le désespoir de la poésie

La poésie des pigeons des Ménines du poil à gratter de l'embrouillamini est l'embrouillamini de la poésie

La poésie des longs sanglots sont les sanglots de la poésie

La poésie du libre arbitre est le libre arbitre de la poésie

La poésie du raton laveur de la chasse d'eau du conte de Maldoror de la demi-brume du basilic et des rameaux d'olivier caressant ces foutaises sont les foutaises de la poésie

La poésie du Nu descendant l'escalier est l'escalier de la poésie

La poésie de Charlotte Corday est le couteau planté dans le coeur du citoyen Marat

La poésie de la mort est la mort de la poésie

La poésie du je ne sais quoi est le je ne sais quoi de la poésie

La poésie du même et de l'autre de l'arbre et de sa gomme de la mâchoire philosophique du Je connais tout fors que moi-même

La poésie du génie est l'idiote de la famille

La poésie du chaos est le chaos de la poésie

La poésie des valses mélancoliques se prenant les pieds dans les tapis baudelairiens est la valse de la poésie

La poésie sans queue ni tête est l'oreille de la poésie qui passe et ne revient pas
 

 

L'EAU DE VIE

J'aime beaucoup la fantaisie

Disait un monsieur très sérieux

Il mettait du rose dans le bleu

Et quelques cendres sous son lit

    J'aime beaucoup les météores

    Les poulpes qui noircissent le ciel

    Le panache des paons qui passent

    L'écume légère des neiges

J'aime beaucoup l'essaim des mots

Le petit alambic personnel

Que je pousse au feu chaque matin

    Ou dans les nuits

L'eau y serpente et ressort blanche

    Comme la vie
 

©Jean Jacques DORIO

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BIBLIOGRAPHIE


Album, Chansons de quatre sous de Jean Jacques DORIO


Écouter Jean-Jacques Dorio,
« Une chanson de quatre sous »
tirée de son album,
« Chansons de quatre sous ».






À Sauts et À Gambages de Jean Jacques DORIO


«À Sauts et À Gambages»

Collection Encre Blanches n° 402

ISSN 1625-8630, ISBN 2-8550

2010




- Itinéraires, PJ Oswald, 1975
- L’An Rage, Encres Vives, 1980
- La Fenêtre Primitive, Encres Vives, 1997
- Paradiso Diaspora, Multiples(revue), 1998
- Présents de Paradis, Encres Vives (Été2003)
- Éphémère Paradis, Encres Vives (Automne2003)
- Lector in Paraiso (hiver 2004)
- Petites Feuilles de Paradis (printemps 2005)
N.B. Consulter une bibliographie plus complète


- POÉSIE MODE D'EMPLOI -

Depuis le 8 janvier 2006, un blog ouvert sur « Le Monde fr », me permet d'honorer le vœu naïf et répété d'Octavio Paz : faire lire, sur le journal, un poème inédit par jour. poésie mode d'emploi, c'est pour moi une incitation permanente, une sorte d'OPOPO (Ouvroir de Poésie Potentielle), mais sans les contraintes formelles de l'Oulipo; mon écriture étant plutôt de "À sauts et à gambades."..
- jean-jacques.dorio@orange.fr

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