Né en novembre 1940 dans la banlieue parisienne, Jack Harris, auteur-compositeur dès l'âge de 14 ans, est avant tout le poète de l'amour et de la paix.

Parallèlement à sa carrière artistique il fut tour à tour, mécanicien dans la marine, électronicien, policier, journaliste, critique d'art, taxateur et déclarant en douane, etc... pour ne citer que quelques-unes des nombreuses professions dans lesquelles il a exercé. 

En plus de ses travaux d'écriture il a imprimé lui-même la majeure partie de ses ouvrages sur une presse à pédale datant de 1870 avant de les diffuser au cours de ses spectacles. 

Aujourd'hui ses réalisations sont faites par des moyens informatiques et il vit retiré dans un petit village placé au coeur du Périgord (France)

Il nous offre ici quelques extraits de ses écrits.

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Aimer

Paroles et musique Jack Harris

Aimer, aimer à en souffrir,
Aimer, aimer à en mourir,
Aimer, aimer à en donner sa vie
Ce n’est pas là une folie ;
L’amour pour un cœur trop sincère
Peut conduire au fond des enfers
Mais rien n’arrête en son chemin
La pureté d’un cœur humain.

Aimer, aimer toute une vie,
Aimer à n’importe quel prix,
Aimer, aimer d’amour et de passion,
Aimer sous tous les horizons.
L’amour supporte la misère,
Il tient bon même dans les guerres,
L’amour ne regarde pas la nation,
Ni la couleur, la religion.

Aimer c’est un bonheur suprême
Qui peut mener jusqu’à l’extrême,
Chacun peut le connaître c’est certain
Il suffit de tendre la main.
Mais c’est aussi la fleur sauvage
Qui peut causer bien des ravages
A qui veut la cueillir sans raison
Elle peut agir comme un poison.

Aimer, aimer, aimer....

Extrait de "recueil de chansons
- vol.1" ©Jack Harris - 1999



À l’ombre du vieux chêne

Je m’en irai dormir à l’ombre du vieux chêne,
Près de ce compagnon de ma plus jeune enfance ;
Oui, je m’endormirai avec l’âme sereine
Pour terminer mes jours ainsi que ma souffrance.

Sous son feuillage épais, je choisirai ma tombe
Pour reposer tranquille et serein à la fois,
Tandis que, sur ses bras tendus, une colombe
S’en viendra roucouler le matin, quelquefois.

Je ne sentirai plus ni le vent, la froidure,
Ni le soleil de plomb par les beaux jours d’été,
Je dormirai, enfin, parmi cette verdure
Goûtant avec délice à l’immortalité

Extrait de "Réflexions d’un homme sans culture" 
© - Jack Harris - 2003




À ma fille Audrey-Parme

L’âge est bien là et je me croyais grand
Mais, soudain, je deviens comme un petit enfant
Car, devant le berceau où notre fille sommeille,
Je me sens impatient à guetter son réveil
Pour faire des risettes, des ahrreux, des coucous,
En agitant les mains. Guilou !... guilou !...
Regarde, c’est papa !... ô mon petit bébé !...
Sur sa fragile main je dépose un baiser
Et, tandis que l’enfant me sourit en silence,
Je lis dans ses grands yeux déjà l’intelligence.
Ah ! qu’il me soit donné de retenir le temps
Afin que l’innocence lui soit toujours donnée
Mais, hélas ! qui pourrait bien empêcher les ans
De faire pousser les fleurs au soleil printanier ?

Extrait de "Réflexions d’un homme sans culture" 
© - Jack Harris - 2003




Déchirement

Quarante ans sont passés et mon coeur se déchire
À supporter le poids de ton ressouvenir,
J ai enduré mon mal sans jamais te maudire
Pourtant que j ai souffert avec ton souvenir.

Car cet amour d antan a vécu dans mon âme
Sans jamais se tarir où même s estomper,
Il est resté vivant, sans perdre de son charme,
Tout comme au premier jour il me tient prisonnier.

J'aurais voulu pouvoir effacer ton visage,
Oublier ces instants où nous étions heureux,
Me libérer de toi et de ton esclavage
Qui me rend chaque jour un peu plus malheureux.

Je conçois aisément que tu n es pas coupable
De l amère douleur qui brise ma raison;
Car mon amour pour toi est le seul responsable
Mais peut-on condamner une telle passion ?

Nos vies se sont unies que pour mieux se défaire
J aurais dû oublier ces années de jeunesse 
Au lieu de conserver en héros téméraire
Ton souvenir intact, ô ma belle maîtresse !...

Ô toi, ma douce amante, qu es-tu donc devenue ?
Je doute qu en ce jour tu penses encore à moi,
Peu importe après tout car la vie continue
Quand le poète épanche une larme pour toi.

Extrait de "Poèmes épars" 
© - Jack Harris - 2003



Je suis allé

Je suis allé voir l’homme
L’homme qui avait la fièvre
Mais il me dit : "Bonhomme
Je vais manger du lièvre
J’ai envie d’en manger
J’ai envie d’en chasser."
Alors il s’est levé pour prendre son fusil
Il a sifflé son chien et puis il est parti
Il est parti avec son chien et son fusil
Il est parti en sifflant
En sifflant avec son fusil
Et puis son chien devant
Il a marché longtemps 
Dans le bois, dans la plaine
Il a marché longtemps
Sans ménager sa peine
Mais il n’a pas trouvé un seul petit lapin
Il n’en a pas trouvé un seul courant sur le chemin
Tous ceux qui étaient là décampaient aussitôt
Pour ne pas attraper quelques plombs dans le dos
Alors l’homme contrit alla chez le marchand
Croyant qu’il en aurait puisqu’il était marchand
Mais le marchand non plus
N’avait pas de lapin
Puisqu’il avait vendu
Le dernier ce matin
"Je veux manger du lièvre"
Dit l’homme d’une voix mièvre
Le regard dépité
Le regard contristé
Puis il rentra chez lui
Se saisissant d’un seau
Il laissa son fusil
Pendre derrière son dos
Après quoi il sortit
Chasser les escargots.

Extrait de "Poèmes épars" 
© - Jack Harris - 2003




La grand’mère

Ô toi, mère de ma mère,
Je pense à toi, souvent,
Car il t’aime grand’mère
Ton tout petit enfant.

Le printemps, aujourd’hui,
N’est plus dans ton visage
Que les ans ont durci.
Mais, ne prends pas ombrage

De ce mot moraliste
Qui n’est que vérité
Puis, qui me rend bien triste,
Car j’aurais tant aimé

Que tu gardes la peau
Fraîche de tes vingt ans,
Mais ce maudit bourreau
Intraitable, le temps,

Marque notre infortune
De son sceau glorieux
Qui souvent importune
En nous rendant hideux.

Je sais au fond de moi
Combien tu étais belle.
Allons dis, souviens-toi
Lorsque sous la tonnelle

Tu courais retrouver
Légère, ton galant,
Avide de goûter
Le plaisir d’un instant.

Oh !... si je le rappelle
C’est que tu me l’as dit!...
Tu étais demoiselle,
Il avait bon esprit

Et bon goût. C’est pourquoi
Votre idylle amoureuse
Couronnée par la loi
Devint si merveilleuse.

À présent, tu ne vis
Plus que de souvenir
Et, parfois, je me dis
Combien tu dois souffrir

Dans cette solitude
Assortie de misère,
Aussi, mon inquiétude
N’est que pour toi, grand’mère.

Extrait de "Du fond du coeur - volume 2" 
© - Jack Harris - 2003

Retrouvons Jack Harris sur son site

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