(1804-1876)

 

 

[...] « Regarde le ciel,

il te voit,

Embrasse la terre, elle t'aime.

La vérité c'est ce qu'on croit

En la nature c'est toi-même. » [...]

 (À Aurore)

 

 

 

Le 1er Juillet 1804 , à Paris naît Aurore Dupin . 

A la mort de son père, en 1808, Aurore est élevée par sa grand-mère au château de Nohant, dans le Berry. Aurore a une enfance mouvementée jusqu’à 14 ans ; en 1818, sa grand-mère l’envoie à Paris poursuivre ses études dans un couvent de jeunes filles de bonne famille. Elle le quitte en 1821, le temps de se passionner pour l’oeuvre de Jean-Jacques Rousseau. 

Elle a 18 ans et épouse Casimir Dudevant avec qui elle aura un fils en 1823 : Maurice. 

Montée à la capitale en 1826, elle s’essaye à la peinture (son fils sera l’élève de Delacroix) , puis à l’écriture. En 1828, elle donne naissance à une fille, Solange . 

Amie de Balzac, de l’actrice Marie Dorval, elle devient rapidement un personnage clef de la bohème parisienne, où elle affiche nettement ses opinions républicaines. 

En 1832, elle écrit Indiana, son premier succès, sous le pseudonyme de George Sand. 

En 1833, elle rencontre Alfred de Musset avec qui elle voyage en Italie. 

L’année 1838 marque le début de sa liaison avec Frédéric Chopin. 

De retour dans son Berry, à Nohant, elle écrit des romans champêtres : Le Meunier d’Angibault (1845), La Mare aux diables (1846), La Petite Fadette (1849), François le Champi (1850), Les Maîtres sonneurs (1853) ... 

L’échec de la révolution de 1848 a ruiné ses rêves humanitaires et lui a fait perdre sa combativité ; mais en 1852, deux entrevues avec Napoléon III lui permettent d’obtenir la grâce de plusieurs républicains condamnés à mort ou au bagne. Avec la même simplicité, elle reçoit à Nohant ses amis parisiens. 

La bonne Dame de Nohant, qui est célèbre dans toute l’Europe, cultive l’art d’être grand-mère, tout en écrivant des romans et nouvelles : 

Les Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858), Laura (1865), Pierre qui roule (1870) ... et des pièces de théâtre : Le Pavé (1862), L’autre (1870) ... 

Elle meurt le 8 Juin 1876 au matin, après avoir fait tourner son lit pour recevoir la lumière de l’aube. 

Durant toute sa vie, elle gardera un grande liberté d’esprit : George Sand sera la femme la plus libre de son siècle. 



 

 

À Aurore


La nature est tout ce qu'on voit,
Tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime.
Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit,
Tout ce que l'on sent en soi-même.


Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l'aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu'on la respecte en soi-même.


Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t'aime.
La vérité c'est ce qu'on croit
En la nature c'est toi-même.

De George Sand à Alfred de Musset.

Cher ami,

Je suis toute émue de vous dire que j'ai 
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon où je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.

Votre poupée

* * *

D'Alfred de Musset à George Sand.

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

* * *

De George Sand à Alfred de Musset.

Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

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