L'HÉRITAGE

Tout au fond d'un vieux grenier
Dans la maison de mon enfance
De vieilles toiles d'araignées
Témoignent encore en silence
D'un passé presque oublié
Perdu au fond de ma conscience
Où viennent de se réveiller
Des souvenirs et votre absence

Tout au fond d'une vieille malle
Je redécouvre mon enfance
Les pages de mon vieux journal
Ont conservé l'odeur de l'encre
Des mots passés couleur bleu pâle
Que j'écrivais tous les dimanches
Caché en dessous de la table
Dans la cuisine de mes parents

Tout au fond de ce journal
Entre les pages de mon enfance
De rares photos des cartes postales
Illustrent la joie de mes vacances
Nous n'allions pas aux bords des plages 
Mais après tout quelle importance
Nous avions bien plus d'avantage
c'était l'amour de nos parents

Tout au fond de la vieille cour 
Le paradis de mon enfance
Mes enfants jouent, chahutent et courent
Dans l'euphorie de l'insouciance
Au lieu de faire de grand discours 
À la manière d'un prof de sciences
Je leur transmets par mon amour
L'héritage de leurs grands-parents

Tout au fond de mon cœur usé
Les sentiments de mon enfance
Sauront à l'heure du jour dernier
Orphelin de mon existence
Mais ils pourront se réfugier
Dans les cœurs de ma descendance
Pour léguer à mes héritiers
Des souvenirs et mon absence




DÉCLARATION

T'aimer moins que demain 
Mais bien plus fort qu'hier
Sera tous les matins 
Mon hymne et ma prière
Pour sceller nos destins 
Au-delà des frontières
J'inventerai des chemins
Des routes buissonnières

T'aimant moins que demain 
Mais bien plus fort qu'hier
Passant dans tes jardins
Faits d'ombres et de lumières
Je caresse de mes mains
Tes cheveux en arrière
Et t'embrasse sur les seins 
Pour fermer tes paupières

Je t'aime moins que demain 
Mais bien plus fort qu'hier
Sur ta peau de satin 
Je roule comme une pierre
Dans l'étau de l'étreinte
Qui exauce tes prières
Nos corps ne font plus qu'un
Éteignons les lumières

On s'aiment moins que demain 
Mais bien plus fort qu'hier
Au creux du traversin 
Tu t'endors la première 
Les lueurs du matin 
Sur ta blonde crinière
Me rappellent que demain
Je t'aimerai plus qu'hier

T'aimer ma vie entière
Jusqu'au dernier matin
Mon joyau ma rivière 
Je serai ton écrin
Du fond de tes yeux clairs 
Aux abîmes des miens
Je te jure que je t'aime
Et que je n'y peux rien




Seul

Des labyrinthes d'incertitude
Où je cherchai
Le chemin d'une certitude 
Qu'il existait
D'autres demain que d'habitude
Je conjuguai
Au chagrin de ma solitude
Quand tu partais

Sur les traces de notre existence
J'ai recherché
Ces murs de glaces où tes silences
Ont conservé
Toute la grâce de tes violences 
Que j'ai aimée
Pour prendre la place de tes absences
Et recherchée

Le labyrinthe de notre histoire
Qui n'a laissé
Sur le chemin de l'au revoir
Que mon passé
Et des demains ou chaque soir 
Je laisse couler
Le chagrin de mon désespoir 
D'être resté

Seul désespéré
Avec l'envie de retrouver 
Ton cœur de pierre trop lourd
Tes yeux verts de louve 
Que j'aimais qui m'aimaient


                                 
Gaëtan challer

 

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