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François Rivals, ingénieur honoraire, travaille à ses débuts dans les usines marémotrices. Las de voir éternellement refluer les eaux à travers les groupes bulbes, il décide de se convertir à l'agriculture et s'installe définitivement dans le Tarn (France) où il réside actuellement.
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Verger, Alphonse Chavanne |
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MAGIE DU PEINTRE
À mon père |
| LE TEMPS
D'UN FLEUVE
Ce jour-là, ce matin-là, Les deux branches du fleuve Là-bas où s'ouvre le delta Mouraient en piliers de fumée Que la lumière nouvelle Soulevait des marées basses. Le drap blanc du gel Tardait à se défroisser, Et les barques au peu de vent Glissaient sans mot dire A l'écart des rives givrées Guidant les courbes du fleuve. Au-delà de l'eau noire Les champs cristallisés Portaient des herbes lourdes. Dans le ciel d'une autre lumière Indifférent au déclin des étoiles Des oiseaux croisaient leurs cris, On ne savait pas le nom De ces grands becs inassouvis Ni ce qu'ils disaient. On les écoutait seulement Dans le calme des roseaux Brisés par les proues d'argent. Le fleuve confondait ses eaux Avec le silence des hommes Au bout des longues gaffes. Se pliant sur les manches polis Ils filaient comme des couleuvres Entre les herbiers clos Le temps ne semblait plus d'ici Mais l'avant et l'après déjà Cernaient l'instant de l'utile. C'est si peu la Vie.. et pourtant Dans son minuscule cocon Elle dure en se multipliant. Les passagers du temps Glissaient par miracle Ignorant l'évanescence Se suffisant à l'espace Le fleuve en l'univers Avait ses mystères... Le Temps s'en remet Aux arcanes de l'Éternité. |
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![]() grande sure, Alphonse CHAVANNE |
TOI SANS MOI |
LE NAVIRE AU LOIN ...
J'aimerais deviner au sillage de l'écume
Notre grand voilier de vents contraires,
Voir ses cales déborder de rires et de larmes,
Voir son drapeau de mer claquer,
Marteler nos mots dans le ciel qui tangue,
Fictions de soupirs et de joies
Aux adieux d' une brise cyclonique
L'autre fois sur les quais.
Vogue mon beau galion, ma nef de dentelles !
Souffle dans ta corne de brume,
Qu'on entende encore les baisers anciens
A bâbord et tribord de tes ponts !
Que tes vastes voiles
Déploient les couleurs oubliées
De nos croisières inventées !
Te souviens-tu des dunes,
Sur ces hauts promontoires
Où nous allions rêver ?
Les vaisseaux de haut bord,
Là-bas, en fond de mer,
Ces promesses d'horizon
Bleues comme des mirages ?
Les enfants en bas n'étaient plus sur la plage
Ils oubliaient les mouettes d' au-dessus,
Ils rêvaient devant leurs châteaux de sable,
Les salines limoneuses qu'ils avaient creusées.
Ils n'imaginaient pas l'Espagne, ni l'Eldorado
Mais plus loin que portait le bout du monde
Un grand jardin coloré de plumes d'oiseaux
Avec des fruits tout partout qu'ils disaient,
Des fontaines, des bassins pleins de billes d'argent
Des champs de fleurs aux corolles nouvelles
Et "des petits bateaux, Maman,
qui flottent sur l'eau, avec des ailes"
Nous étions de ceux-là et disions :
Et si on faisait , et si on était, et si on allait..
Moi, je serais timonier et toi tu serais la proue
Pour voir comment nous vient la route.
On dépasserait les bornes de la Terre
La nuit, on parcourrait les déserts de pierres
Bien au-delà du champ des étoiles.
De tout cela, nous nous souvenons,
Nos rencontres, nos adieux
Là-bas, sur les quais en front de mer
Et toujours resteront
Les images enfantines.
Et vogue la galère...
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