LUNE NOIRE

C'est une Lune noire qui aborde mes sens
Elle tournoie dans son ample ellipse de douleur
Corolle de tristesse qui pleure en ma conscience
Et enfante la source limpide de l'amour

Invisible vestale que l'oil ne peut voir
Qu'à travers le miroir l'autre côté du soir
Où se mire radieuse la déesse lumière
Celle qui prend les regards et trouble les esprits

Furtive Lune noire sphère sombre de l'ombre
Créée dans la pénombre de quelques mots volés
Au poète éperdu pour la Lune d'argent
Tu inspires en mon cour des odes de douceur

Toi qu'aucun feux solaire ne daigne caresser
D'une infirme clarté tu irradies les ondes
Et dans ton éternelle nuit d'opacité
Tu erres lueur absente hors des regards du monde

Vagabonde et répands les vents de l'émotion
Veille sur l'Endymion qui rêve à Séléné
Même si dans ton habit du deuil consommé
Tu voyages esseulée sur un radeau de larmes

Fragile solitaire qui gravite en mon âme
Tu es ma nymphe obscure fontaine enténébrée
Une Lune de cendres aux rêves étoilés
Une perle de silence aux reflets d'espérance

Tu es déesse source qui enfante la foi
Dans ta nuit se conçoivent les poussières de vie
Et les sarments d'amour qui saouleront les dieux
 


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Le blog de Évelyne PASTOR: les carnets de Volovent

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