|
 LUMIÈRE
- MATIN, photographie de Édouard LeBlanc
TON ABSENCE
Je deviens petit durant ton absence
Tout devient grand autour de moi
Dans le lit trop grand
Je cherche ton sein maternel
Ma tête d'enfant s’appui
Sur ta douce épaule de femme
En ma quête d'homme nouveau
J'appréhende et m 'émerveille
L'effarante immensité:
l'inconnu et la découverte
l'incertitude et la connaissance
Un monde fluide impalpable
que nos enfants concrétisent
La croissance de mon corps s’achève
J'apprivoise avec maladresse
La sagesse de la “beauté de l’ami”
La distance rapproche les coeurs amoureux
Ton absence l’anime et le questionne
Quand vivrons-nous de silence
Sans l'ombre de vide ni distance
Un silence qui sculpte le temple intérieur
L’élevé au-dessus des mots futiles
échoués sur le rivage du monde
La présence de ton corps?
La chaleur qui rassure
Son absence?
Une privation évidente
La présence de ton âme?
Sa lumière qui ne connaît pas de distance
ÉLeB 08-2001 |