Dominique VALLE Ancien sportif de haut niveau, spécialiste d'arts martiaux, homme de cheval, danseur de claquettes et de tango argentin, musicien, Dominique Valle soigne les mots, en poésie, comme un jardinier ses fleurs. 

Récemment, il s'est occupé d'enfants et de jeunes pendant quelques années, puis il a géré les abonnements et le service de presse d'une revue littéraire. On le retrouve aujourd'hui actif comme accompagnant de personnes en fin de vie dans une unité de soins palliatifs. 

 

Se disperse-t-il ? "Au contraire", dit-il, "je trouve en mes engagements successifs et parfois simultanés une force toujours nouvelle pour poser ma lumière et y planter un arbre pour qu'à son ombre s'allongent mon rêve et mon espérance". "Il fit l'amour par hasard avec sa lumière", dit-il, en parlant du poète (sans doute de lui-même), en 1968.

Pour Dominique Valle, le temps ne change rien. Seul le nom qu'il portait auparavant "Herminose", pseudonyme répondant à une promesse d'enfant, s'est éteint. Mais le coeur est fidèle: il maintient. 

Les poèmes ci-dessous sont extraits de son recueil "Mais si tu parles des fleurs", publié en 1998, sous son pseudonyme, chez LGR éditeur. Il a publié d'autres ouvrages dès 1970. Le prochain, à paraître sous son patronyme naturel, s'intitulera: 

Bibliographie

I - Sous le pseudonyme "Herminose" :

- Un visage de pluie, 100 poèmes en auto-édition, 1970
- Entre deux gares feuilles mortes suivi de Histoire de dire, Ed. St. Germain des Prés, 1977
- Cartes, Ed. Poètes du jour, 1993
- Carnets, Ed. CdP, 1993
- Carnets, Ed. CdP, réédition1995
- L'intervalle du visage - poèmes à cinq voix, Ed. Teichtner, Québec, 1997
- Mais si tu parles des fleurs, Ed. Librairie-Galerie Racine, 1998
et quelques poèmes publiés dans des ouvrages consacrés au cheval :

- Célébration du cheval ( Jean-Louis Gouraud), Le Cherche midi éditeur, 1995
- Encyclopédie du cheval, Ed. Aniwa Publishing, 2001

II - Sous son patronyme naturel :

- L'infini tango de l'ange, Ed. Eclats d'Encre, 2002

L'infini tango de l'ange
chez Voix d'encre, éditeur.
Sortie de l'ouvrage, le 6 décembre 2002.

contact : dominique.valle@free.fr_

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Dans la plainte du parquet
qui se retourne en son lit
l'armoire de chêne
rêve

et se détend

sous leur globe cristallin
trois billes dorées
tournent

tissent le temps
qui passe

sonne l'heure

dans les hautes herbes
glissent des feulements
étranges

les saveurs fauves
se dressent
des oiseaux s'éparpillent

l'air a pris
sa douceur
la plus tendre

le jour
s'éteint

sur ta lumière



 - - - - - - - - - - - -


Si l'amour avait passé
dessus le pont du coeur
dans un plus grand silence

et dedans le silence
si l'amour avait passé 
sans brume sur les mains

la nuit t'aurait rendu
les mots de ton enfance

les linges du chagrin
n'auraient pas fait pleurer

la lune


 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Et si j'avais envie de changer mon regard

si l'automne ramassait ses morts
si j'épargnais la fumure
dans le ventre de l'hiver

avec des mots comme de l'herbe
parfumée d'aurore

si je voulais que tu parles

si tes veines se gonflaient
d'une plus grande pudeur
si je confondais le spectre animal
avec une bûche dans le foyer
chaleur et tendresse

si nos corps faisaient croître la vigne

car ici peut-être
si n'était la résonance
aurais-je ton rire pour m'apprivoiser ?


 - - - - - - - - - - - - - - - -  - - - - - - - - - - - - - - - - 


Va
brûle encore

mais en moi-même

mon corps
te sert de bûche


 - - - - - - - - - - - - - -

Donner

à la lumière
du jour

un soleil

au parfum
de tes rêves



Prendre un mot
sur ton corps

te l'offrir



Chanter

dans la blancheur
des nuits

plus fort

qu'est fort
ton silence



Et qu'alors
peut-être

tu te découvres


 - - - - - - - - - - - - - 

 

Ton ventre me reçoit
battement des paupières

bruissement
des feuilles sur le mur

des reflets d'eau

à peine
une mouche encore

la vibration du miroir

le cri
d'un homme au loin
hissant au chant d'amour
la grand-voile

nous flottons
brume légère
patience pure

trois gouttes de mer
sur la corolle du sein

parfument
l'attente


- - - - - - - - - - - - - - - - - 

Il y a
dans les hautes contrées du coeur
celui qui marche dans ses mots

d'autres marchent au-dehors

 

De drôles d'hommes
issus du marécage
comme des insectes

vers quels territoires ?



Car le mot porte la lumière

par lui
tendre vers elle

sans autre rêve
qu'elle


Car le rêve reçoit la lumière
et Dieu s'écarte de la nuit

se resserre en toi 



Tu es Dieu alors
morceau d'univers

qui s'accumule 

Dieu
simple mot peut-être

peut-être plus


 - - - - - - - - - - - - - - - - -

Ô combien le pas
de l'homme

lui était insupportable

quand le temps fit son tour
sur lui-même

quand tout fut dit

elle sauta
la pierre volcanique
par-dessus l'épaule
de l'homme

et l'homme devint pierre

écrasé
par son poids

Dominique Valle
dominiquevalle@wanadoo.fr

d'autres poèmes peuvent être lus au : Jardin des Muses

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