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LA VIEILLE DAME
Apparence de vie en cette rue b�ante,
la vieille dame seule avan�ait vers la nuit,
son ombre l'attendait, bien p�le confidente,
pour que le Noir l'approche, comme un pr�sage ami.
Elle glissait sur le vent pour ne pas le salir,
sans visage et sans but, au milieu des passants,
en soutenant son �me au bras des souvenirs,
comme une fleur s�ch�e dans la vase du temps.
De sa canne de bois, elle frappait � la terre,
sans doute pour savoir si elle pouvait entrer,
ne pouvant ignorer par del� la poussi�re,
qu'� chaque cran de vie la mort se rapprochait.
J'imaginais ses yeux dans l'horizon s�pia,
nourrir tous ses instants d'un pass� racoleur,
et sentais la patience au fond de l'au del�,
caresser le silence et diluer son ardeur.
Ce soir elle s'assiera au milieu de l'ennui,
et masquera de bruit ce que les regrets s�ment,
devant un chat dormant du haut de ses sept vies
et un cendrier plein indiquant" carpe diem".
RACINES
Un arbre ne meurt pas, me disait mon armoire,
il s'endort quelquefois au milieu de mes draps,
mais resurgit toujours greff� � ma m�moire,
lorsque le soir venu, il �tire ses bras.
Car de mes pieds la nuit, des racines repoussent,
et r�cup�rent au temps quelques veines fan�es,
attendant que des branches viennent � la rescousse,
pour m�ler � ma s�ve leurs �mes enchev�tr�es.
S'�carte alors le vide pour �reinter le Noir,
vie et mort se nouant comme pour toi un r�ve,
et curieux, mes anc�tres sortent de mes tiroirs,
pour prouver qu'en ce monde il n'y a rien qui s'ach�ve.
Car tu vois m'a t'elle dit, nous avons tous des ailes,
pour � jamais ouvrir les portes des caveaux,
moi j'ai quelques racines et des branches rebelles,
quand d'autres y ont des feuilles, des notes..ou des tableaux.
LE VIEUX PONT
Le vieux pont s'�puisant � tetenir les flots,
courbait sa lassitude sous l'�cho du miroir,
en usant son destin � poursuivre cette eau
qui passait, indolente, en fuyant son regard.
Il pouvait certes y lire le chemin des nuages,
qui � l'opmbre des doutes d�pla�aient le silence,
ne pouvant pour autant s'affranchir d'un rivage,
o� la terre pesante imposait leur alliance.
Quelques amis parfois tentaient de le soustraire,
� ce poids l�nifiant tendu comme un licol,
le soleil l'aspirait en gouttes de lumi�re,
quand le vent projetait la couvreture au sol.
De temps en temps le ciel se cognait � ses archrs,
puis s'effa�ait , repu , et d�crochait ses ailes,
il y suivait la pluie , captant en sa d�marche,
qu'en d'autres lieux les ponts deviennent arcs en ciel;
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Patrick Caujolle
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