Mon ouvrage po�tique r�unit 108 textes dont le plus ancien date de ma vingti�me ann�e, et a �t� imprim� et prot�g� au titre de la propri�t� intellectuelle par les " Presses de Valmy ".

La quatri�me page de couverture, sur les conseils de mon prestataire de services, se pr�sente ainsi :

"L'auteur de ce livre est n� le 30 mars 1958 � Toulouse.
Sa passion pour les mots l'a pouss� tr�s t�t vers l'�criture po�tique dans laquelle il a vu un moyen d'expression privil�gi�, susceptible d'entrer en r�sonance avec les th�mes �ternels qui forment la trame de notre " humaine condition ".
Paul Guth a qui, en 1982, il avait adress� quelques-uns des premiers textes r�unis dans cet ouvrage, lui avait, par retour de courrier, �crit plein d'enthousiasme : "Vos po�mes sont tr�s beaux. Ils sont soulev�s d'un grand souffle qui vient du fond de l'�me. Vous avez le sens du rythme, de l'onde po�tique. Vous avez l'ampleur, l'�motion, la majest�. Et parfois de splendides images surgies des ab�mes."

Les personnes d�sireuses d'en faire l'acquisition peuvent en passer la commande � l'adresse suivante :
La Blessure des mots

Voici quelques extraits de "La Blessure des Mots" :

 

LA NUIT MAUDITE

De longs pleurs, cette nuit, m��touffent d�impuissance,
Une si longue nuit mal�fique et hurlant
Qui remplit de stupeur mon esprit chancelant
Et le fait d�lirer dans le vide et l�absence.

Chaque jour mutil� tombe en d�liquescence,
Le jour dont reste � peine un v�u sanguinolent,
Telle une plaie am�re au f�tide relent,
O� l��chec me foudroie avec magnificence.

L��il hideux, en sueur, bris� comme un f�tu,
Je contemple, �bahi, mon destin abattu
Et vois tous les faux biens rouler � la renverse ;

Jusqu�� l�heure o�, levant ses deux poings furieux,
Une nouvelle nuit plus ignoble et perverse
Se jettera sur moi pour me fermer les yeux.
 



DOULEUR INTIME

Ch�tif et glac�, me voil�
Qui vais, silhouette falote,
Tant�t ici puis tant�t l�
D�un pas tremblotant qui sanglote.

Au recoin de tous les taillis
Mon �me s��corche et se blesse
Et, le c�ur so�l, les traits vieillis,
Je ne suis que plaie ou faiblesse.

Dans le vague jour �perdu,
L�horizon l�preux se d�cha�ne
Tandis que chaque instant perdu
Me ronge d�une immense peine.

Et mes yeux d�j� semblent morts,
Mes yeux froids aux languides plaintes,
Errant de regrets en remords
Comme des �toiles �teintes.
 


L��GE D�OR

Qui se souvient un peu dans le soleil enfui,
Des grands cieux tournoyant comme une �me l�g�re
Et des chaudes amours � la couleur si ch�re,
O� l��ternit� m�me, un instant, avait lui ?

Cet �ge-l� m�lait passion et bien-�tre ;
Le jour voluptueux chantait en s�raphin ;
C��tait parmi la joie un vertige sans fin
Peupl� de longs d�sirs jamais las de rena�tre.

Au comble de l�extase au beau rire de miel,
Chaque enfant tout pareil � quelque fol artiste,
Survolait, radieux, des marches d�am�thyste
Sous le chevalet nu d�un grandiose arc-en-ciel.

Les vents clairs s��toilaient de lunes magnifiques ;
L�aurore en se voilant s�enivrait de douceur ;
L�azur qui s�avan�ait avec des mains de s�ur,
Se d�lectait pour nous d�incroyables musiques.

Puis, figure c�leste aux charmes fr�missants,
Le r�ve sur nos jeux infinis et frivoles,
Ouvrait des chemins purs choy�s par mille idoles,
Et r�chauffait la vie en ses doigts caressants.



MAMAN

M�re n�est plus ; l�enfance est morte
Et moi, je suis toujours vivant ;
Un fleuve arr�t� qui n�emporte
Que de la poussi�re et du vent.

Ses yeux nacr�s, son teint magique,
Ses longs doigts souples et r�veurs
Jouaient une m�me musique
Aux plus d�lectables saveurs.

Il flottait je ne sais quel trouble
Dans son beau rire flamboyant,
Tout � la fois sinc�re et double
Comme un grand soleil ondoyant.

Lorsqu�elle allait, le ciel aux l�vres,
A mon petit bras jalous�,
J��tais saisi de douces fi�vres
Au seul prodige d�un baiser.

Sa haute chevelure alti�re
En boucles brunes voletant,
Semblait pour moi la gr�ce enti�re
Sous l�ample houle de l�autan.

L�orgueil enflammait son pied tendre,
Le jour s��toilait de stupeur
Et je voyais l�amour s��tendre
Si loin, si loin qu�il faisait peur�

 

II

Mon idole unique, ma m�re,
Reconnais-tu cet orphelin ?
Toi qui fuyais tant l��ph�m�re,
O toi, mon �ternel c�lin !


Quand ton image se d�robe,
Je crois entendre maintes fois
Le bruissement nu de ta robe,
Le cher miracle de ta voix.

De mes mains vides et souffrantes,
Je crois encore un peu toucher
Toutes les douceurs fulgurantes
Dont rien n�a pu me d�tacher.

Maman, c�est trop ; je hais le monde,
Je hais la vie o� tu n�es pas.
Vite ! qu�enfin mon pas se fonde
Dans la lumi�re de ton pas.



AILLEURS

Comme de grands oiseaux dans la brise envol�s,
Sous l��cho lancinant de ma vieille m�moire,
Il me vient des ailleurs ing�nus � tout croire
Et d�infinis matins savoureux et troubl�s.

D�licieusement, l�azur avec panache
D�un feu toujours �gal, viendra baiser mon front ;
Les �toiles en ch�ur toutes resplendiront
Sans que l�espoir jamais ne s��tonne ou se f�che.

Elanc�s, flamboyants, de longs r�ves �mus
Enivr�s � la fois par la m�me opulence,
Mettront des �clats d�or aux l�vres du silence
Et verront, somptueux, tous mes d�sirs promus.

Le temps, d�une main douce, �gr�nera ses f�tes ;
Je ferai, malgr� moi, rire les anciens maux.
Parmi la soie �trange et suave des mots,
La vie aura les yeux qui d�font les d�faites.

O sortil�ges nus ! � myst�res fervents !
M�l�s � la couleur d�invisibles �treintes !
Sur mes doigts glisseront des beaut�s presque saintes
Dont je caresserai les prodiges mouvants.

O souffles orgueilleux ! � pl�nitudes reines !
O chemins constell�s de frissons rajeunis !
D�j� pourquoi faut-il que bris�s puis bannis,
Vos superbes �lans abandonnent les r�nes ?

Adieu� restera seul quelque ultime verset
En de pauvres lieux morts que nul astre ne guide,
Laissant fuir d�une haleine au ciel demeur� vide,
Le soleil introuvable o� la foi se blessait.
 



LA REINE DE BEAUT�

Ce fut comme un �moi de chair et de satin,
Un grand coup de soleil �clipsant le jour m�me
Quand, prodige du ciel ou faveur du destin,
Sa jeunesse parut dans son �clat supr�me.

Elle avait � la l�vre on ne sait quel lointain
Charme d�licieux d�une mouche boh�me,
Et des prunelles d�or qui semblaient sur son teint
Allumer par �clairs quelque immense po�me.

Or tandis qu�elle allait, la gr�ce au bout des mains,
Belle � faire fr�mir le plus froid des humains,
Que pour elle vibraient en un sublime hommage

Cent regards inconnus tout pleins de son image,
Elle ne sentit pas les doigts jaloux du Temps,
Avides de griffer ces tr�sors �clatants.

 


LES GLACES �TERNELLES

Ce fut l��croulement du dernier bel �t�.
Les arbres g�missants ployaient leur chevelure,
Et vous portiez sans fin une �trange f�lure
O� frissonnait le glas d�un aveu redout�.

Vos jolis bras transis dans le soir h�b�t�,
Semblaient deux oiseaux blancs coutur�s de blessures,
Deux colombes criant sous la faux des morsures
Et fouillant, le c�ur trouble, un ciel d�capit�.

O chair longtemps promise aux plus douces veill�es !
Chair vivante et rieuse aux fleurs ensoleill�es !
L�incoercible hiver te prend par chaque bout.

Mais souriez, mon ange, et d�ployez vos ailes
Car je saurai demain, comme un prince debout,
Recouvrir mon amour de glaces �ternelles.


 

UNE VILLE

Bouff�e imp�tueuse �close en vin d�honneur
Qui coule, triomphal, sur des l�vres ail�es !
Eclairs d�enthousiasme embrassant les all�es
Si larges que la foule y nage de bonheur !

Une ville �ternelle � la splendide gloire
Eveille les regards, libres dans l�air soyeux ;
C�l�rit� b�nie au fond de mille yeux
Sublim�s par la neuve insolence de croire !

Que se l�vent pour nous les cantates du vent
Et de grands feux parmi les aubes ing�nues !
Des battements de fi�vre au c�ur des avenues,
En longs frissons d�amour, s�appellent en r�vant.

Une ville f�conde et jamais oublieuse
O� nos pieds attendris foulent des champs d�azur,
Et semblable toujours � l�enfant le plus pur
Dont jaillirait la foi toute d�licieuse�

Immensit� du temps aboli d�un seul jet !
Cent matins lumineux aux secr�tes audaces
Couvrent de joie �norme et les toits et les places
Et font magiquement resplendir tout projet.

 


LE PETIT FAON

Dans le joli bois, merveille !
Quand na�t le jour,
Un tout petit faon s��veille ;
C�est un amour.

D�s que l�aube aux doigts de perle
Joue en ses yeux,
La candeur chez lui d�ferle
En traits joyeux.

Alors bient�t, course folle,
Il est partout.
Il gambade, il rit, il vole ;
Son c�ur est fou.

Devant la nature en f�te,
Tout �bloui,
Il se lance � la conqu�te
De l�inou�.

Chacun lui fait une place.
Il n�a rien vu.
Sa gaiet� court, jamais lasse,
Vers l�impr�vu.

Une fleur multicolore
L��tonne un peu.
Dans la mousse, il voit �clore
Son r�ve bleu.

Tiens ! un papillon qui bouge,
Tiens ! un lapin,
Un oiseau l�-bas tout rouge
A l��il mutin.

Et so�l� par l�aventure,
O doux tr�sor !
Voil� que sur la verdure
Le faon s�endort.




� MA BIEN AIMEE

O ma for�t de soie et ma houle profonde !
Je me grise de vents constell�s de grandeur,
Mille fois magicien d�un �lan qui m�inonde,
Et secouant un r�ve � la folle splendeur.

O musique ! � foyer ! o� rit chaque seconde,
O gloire ! d�o� s��l�ve un archange vainqueur,
Belle �me, tu m�es plus que la vie et le monde
Car j�ai vu, gr�ce � toi, l�infini dans mon c�ur.

Et j�ai go�t�, j�ai bu tout un hymne farouche ;
Le fleuve �tincelant de tes pas en �veil,
Les rives de tes yeux et l��moi qui se couche
A la place o� ta l�vre est comme un fruit vermeil.

Et l�, devant les mots �blouis sur ta bouche,
J�ai cru, soudain j�ai cru toucher en plein soleil,
Ce nectar fr�missant qu�aucun jamais ne touche ;
O collier d�astres purs ! � jardin sans pareil !




UN MOMENT D�EXTASE

Je vis soudain parmi les ombres chuchotantes
Je ne sais quoi de clair, de doux et de grisant
Qui, telle une chim�re aux ailes �clatantes,
Me promit les saveurs d�un �ternel pr�sent.

Alors des frissons neufs agit�rent les plaines ;
La nue �carquilla ses yeux de paradis ;
Les z�phyrs exhalant leurs pures cantil�nes
Firent chanter au loin mille mots jamais dits�

Et les blanches saisons p�till�rent de joie ;
Des p�tales de feu r�v�rent sur les eaux ;
Dans le ciel vaporeux comme une longue soie,
Un nuage s��mut de l�entrain des oiseaux.

Puis du haut des sentiers o� tremblent les collines,
Quelque majestueux sourire d�un beau jour,
A tout : haleines, voix et mousses cristallines,
M�la son �clat tendre et son magique amour.


� Copyright - tous droits r�serv�s � Thierry CABOT

- Le blog po�tique de Thierry CABOT
- La Blessure des mots 

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