H�l�ne Sorris


VAPEUR DE VIE 

Un homme
Presque nu
cils dess�ch�s
doigts tremp�s de larmes
essayait de tracer une vie sur le tronc d'un platane
L'�corce
r�calcitrante
d�chirait ses paumes

Au matin sa silhouette �pousa la brume.

* * *

A N G E

J'ai saisi la main d'un ange 
J'ai fait demi-tour 
Surpris 
Il m'a souri 
A d�ploy� ses ailes 
Et nous avons vol� � c�t� des m�sanges 
Travers� tant de ciels 
Rencontr� tant d'amours 
Enfants nus Et farceurs 
Nous avons repos� sur le seuil de la vie 
Parcouru des chemins 
Survol� des rivi�res 
Rencontr� 
Le soleil 
Une �toile 
Un oiseau 
Un regard et des chants 
Des bl�s et des corbeaux 
Des pav�s Des mensonges 
Des horreurs Et des songes 
Une guerre Et Sa paix 
La tendresse Ou Le crime 
Nous avons voyag� 
Oui 
Nous avons voyag� 
Mes souvenirs 
Rang�s dans un album ouvert 
En mes yeux abrit�s sous mes paupi�res closes 
Planent sous ses regards 
en brumes si l�g�res 
Oui Mes pluies sont plus fines 
Plus l�gers mes myst�res 
O J'aime sentir l'air qui me fr�le souvent 
J'aime � imaginer que ses ailes il �tend 
Sur ma fra�cheur nouvelle 
L� 
un nouveau chemin 
D'aujourd'hui Ou demain 
Et qu'importent les heures 
Si son c�ur m'est 
Lumi�re...

* * *

JARDIN D� ENFANCE

Ses arbres sont immenses. 
ses fleurs � raz de nez 
ses fourmis famili�res 
Et l'enfant est heureux 
blotti contre la terre. 

Sa paume veut saisir 
une fourrure d'or 
qui fr�mit et chatouille 
son doigt juste � fleur d'ongle 

La pierre est une table 
une feuille l'assiette 
quelques fraises vol�es 
et voil� le repas d'une vieille poup�e. 
Le ch�teau ? un prunier 

Qui a pench� son tronc 
pour former un fauteuil 
a ses genoux boueux

Pour entendre ses r�ves 
confi�s � chaque feuille 
comme un premier po�me 

* * *

OUBLIE-MOI

Je me tra�ne.
Escargot du profond de la pluie
ma maison perm�able
s��tiole en tes r�els

en tes d�sirs plastiques
tes rires de m�tal
tes mocassins cir�s accroch�s � l�asphalte.

Je me tra�ne
� tes pieds pour t�entra�ner plus haut
M�envoler avec toi vers les nuages d�ombre

P�le
Blanche vie transparente
O� nous saurions enfin
tendre nos bras vers l�aube 
Vers une vie premi�re



ASSASSIN DE MES R�VES

Avec de mots m�tal
qui raisonnent parfois 
scie sans musique

Tu d�chires mes ciels
tu d�chires mes nuits
trop �toil�es pour toi.

Tu coupes les cordons de tous mes dirigeables

Je tombe au fond d�un puits
au sol plat de scories
la lumi�re me fuit.

De si bas
de si triste 
je ne peux te tuer
toi
l�assassin de mes r�ves



* * *


DERNI�RE FEUILLE

Se balance une feuille ail�e sur l'arbre mort 
aux nervures d'espoir qui m'assoiffent sans cesse 


Ma main tremble d'attendre une �toile verdie 
Ma main tremble et se meurt un peu avant ma vie 

J'ai cru que j'atteindrais la s�ve nourrici�re 
d'un amour d'illusion baume sur mon myst�re 

Quand je fermais les yeux l'arbre donnait ses fruits 
Ses parfums de blancheur apportaient l'opaline 
� ma langue p�lie 

Le fa�te est bien trop haut pour mon bras �tendu 
allong� de d�sir 
L'amande est enferm�e et n'atteint pas la feuille 

En mots d'indiff�rence en po�mes perdus 
elle m'oublie d�j� et je suis disparue

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 - H�l�ne Soris sur son site :  Ombres contre Vents

- Rencontre avec H�l�ne Sorris

- H�l�ne Sorris  chez Florence No�l

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